‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 12e cahierChapitre 157 sur 258 · IODURE DE NICKEL HYDRATÉ · texte numérisé non relu

IODURE DE NICKEL HYDRATÉ

Nil+ 6IIO.

Comme le chlorure et le bromure anhydre, l’iodure est avide d’eau et absorbe l’humidité de l’air, ce qui le rend capable d’entrer facilement en dissolution. La solution est rouge brun quand elle est concentrée, et verte quand elle est étendue. Évaporée à consistance sirupeuse, elle donne des prismes bleu verdâtre très déliquescents. Une particularité intéressante est que sa solution aqueuse peut absorber une grande quantité d’iode, en se colorant en brun rougeâtre. Cet iode se dégage à l’ébullition (Erdmann).

OXYIODURE DE NICKEL.

NiI.9NiO + 15HO.

Quand on chauffe jusqu’à siccité une solution d’iodure de nickel et que l’on reprend le résidu par l’eau, une partie de ce résidu demeure à l’état de poudre rougeâtre insoluble. Une partie de l’oxyiodure ainsi formé se dissout en même temps que l’iodure de nickel, et communique à la solution l’odeur et les réactions de l’iode, en lui donnant une teinte brune au lieu de sa teinte verte naturelle.

L’hydrate ou le carbonate de protoxyde se combinent directement à l’iodure, le dernier en donnant un dégagement d’acide carbonique, et forment ainsi des solutions rougeâtres. L’hydrate se dissout aussi dans la teinture d’iode. Mais la combinaison ainsi produite est mélangée avec une quantité plus ou moins grande d’hydrate ou de carbonate, quand on s’est servi d’un excès de dissolution d’iodure ou de teinture d’iode.

Elle se décompose, au rouge, en iode, vapeur d’eau et protoxyde de nickel. Elle se dissout dans l’acide nitrique avec mise d’iode en liberté. Elle cède tout l’iode qu’elle contient à la potasse bouillante, en laissant du protoxyde hydraté de couleur vert sale. Elle change de couleur et devient verdâtre sous l’influence de l’amrnoniaque, mais sans se dissoudre sensiblement; l’ammoniaque s’empare, de l’iodure de nickel et communique une couleur bleue à la liqueur. L’alcool, à l’ébullition, la réduit et donne l’hydrate vert; l’acide acétique la dissout, en se colorant en vert; l’acide oxalique, à l’ébullition, donne de l’oxalate de protoxyde (Erdmann).

AZOTURE DE NICKEL?

Grove, en opérant de la même façon que pour l’azolure de zinc, c’est-à-dire en électrolysant du sel ammoniac avec une électrode positive en nickel et une

électrode négative composée d’un fil de platine, a obtenu une substance peu définie.

Le nickel métallique, porté à une température modérée, décompose le gaz ammoniac en donnant de l’azote et de l’hydrogène. De même, à une température élevée, le protoxyde de nickel décompose lentement le gaz ammoniac; si la température est plus élevée, il est réduit à l’état métallique. L’hydrate de protoxde n’attaque pas le gaz ammoniac sec à la température de 170 degrés; mais la dissolution d’ammoniaque chauffée en tubes scellés à 150 degrés avec le sesquioxyde de nickel, le fait passer lentement à l’état de protoxyde, sans doute avec formation d’acide nitrique. Dans aucun de ces cas, il ne parait se former d’azoture de nickel (Vorster).

PHOSPHÜRES DE NICKEL.

NPPh*.

On l’obtient en réduisant par l’hydrogène, au rouge, l’orthophosphate de nickel 10Ni0,4Ph0 B . C’est une substance grise, d’un éclat métallique, soluble dans l’acide nitrique et dans l’eau régale, insoluble dans l’acide chlorhydrique (Slruve).

phosphure, Ni 3 Ph 4 .

Il a été obtenu en faisant passer de la vapeur de phosphore sur du nickel réduit par l’hydrogène, porté au rouge (Davy, Schrôtter), ou en chauffant du chlorure ou du sulfure de nickel dans un courant de phosphure d’hydrogène (Rose).

Ce serait aussi, d’après H. Rose, ce composé qui se produit quand on réduit le phosphate de nickel par l’hydrogène, tandis que, d’après Struve, ce serait le composé Ni s Ph s .

Il est gris, cristallin, de densité 5,99 (Schrôtter), et facilement soluble dans l’acide nitrique.

phosphure Ni*Ph*.

C’est le précipité noir qu’on obtient en traitant une solution de chlorure de nickel, additionnée d’acide tartrique, par une solution de potasse bouillante contenant du phosphore.

Ce composé devient gris et dur, quand il est calciné dans un courant d’hydrogène, il se dissout lentement dans l’acide chlorhydrique étendu (R. Schenk).

phosphure Ni 5 Ph‘.

On le prépare : 1° en faisant passer la vapeur de phosphore sur le nickel porté au rouge (Pelletier).

2" En fondant du nickel avec du verre de phosphore et du charbon en poudre (Pelletier). On exécute aussi celte dernière préparation en chauffant dans un creuset brasqué 6 ou 8 parties de limaille de nickel ou de protoxyde de nickel avec 10 parties de cendres d’os, 5 parties de quartz et 1 partie de charbon (Berthier).

Il est blanc d’argent, cristallisé en aiguilles d’après Pelletier, en feuilles d’après Berthier et Lampadius. Il n’est pas magnétique, il se volatilise beaucoup plus facilement que le nickel et brûle quand on le chauffe en présence de l’air.

Pelletier a trouvé qu’il contient 83 pour 100 de nickel et 17 pour 100 de phosphore, Lampadius 87 pour 100 Ni et 13 pour 100 Pli. La formule précédente exige 82,63 pour 100 Ni et 17,37 pour 100 Ph.

3° M. J. Garnier a obtenu ce phosphure à l’état cristallisé en fondant un mélange de phosphate acide de chaux, de charbon pilé et de nickel métallique, ou mieux d’oxyde de nickel. Par refroidissement, il s’est formé une masse de phosphure creusée de géodes, tapissées de long cristaux métalliques enchevêtrés. Ce sont des prismes rectangulaires, possédant la couleur du nickel et dont la densité = 7,283 (Garnier, Ed. Janncltaz).

ARSÉNIURE NiAs.

Il existe dans la nature sous deux formes que l’on a désignées* sous les noms de chloantite et de rammelsbergite.

ARSÉNIURE Ni 2 As.

A l’étal naturel, il porte le nom de niccolite et se rapproche, par sa composition, du speiss de nickel (Gurlt). La niccolite cristallise en prismes hexagonaux surmontés de pyramides à six pans (Glocker), elle est isomorphe avec l’antimoniure de nickel, la breithauptite.

ARSÉNIURE NPAs 1 .

Berzélius a observé que le nickel, en présence d’une faible quantité d’arsenic peut être facilement fondu sous une couche de borax dans le tube fermé.

Le nickel se combine à l’arsenic, sans qu’il y ait incandescence. Gehlen en chauffant dans un appareil fermé, 100 parties de nickel en poudre fine avec 200 parties d’arsenic, a obtenu de 150 à 156 parties d’un arséniure de nickel pulvérulent.

Berthier, en décomposant au rouge, dans un creuset brasqué, 100 parties d’arséniate de nickel, a obtenu une masse grisâtre cassante, non magnétique à grain fin, contenant environ autant d’arsenic que d’arséniure.

NICKEL

ARSÉNIURE Nî a As*.

Le composé correspondant à cette formule s’obtient, sous forme d’une masse métallique, en fondant l’oxyde de nickel avec de l’arsenic et du cyanure de potassium (Descamps).

ARSÉNIURE Ni 3 As.

C’est le speiss de cobalt cristallisé. On l’a rencontré dans les matières provenant de la démolition d’un four à smalt, et il se forme dans la partie vitrifiée du speiss. Quand le speiss est soumis à une fusion prolongée, c’est l’arséniure Ni*As qui a tendance à se former. L’arséniure Ni 3 As est très brillant, couleur rouge tombac, plus clair que la niccolite, non magnétique (Wôhler). Il est cristallisé en prismes appartenant au système orthorhombique, dont les angles sont: b‘/W/3 = 106°,28' ; & 1/2 p = 122°,10'; b ll *b 11 * — 165*, 17' ; b 1 4 6 1 /* = 145°,5. Densité = 7,4 à 7,9 (Gurlt).

antimoniure de nickel (Breithauptite artificielle).

NiSb.

On a trouvé dans la brasque d’un four à plomb antimonié de Méchernich des cristaux prismatiques ayant de 5 à 25 millimètres de long sur 1 à 5 millimètres de large, doués d’un éclat métallique bleu d’acier ou rouge de cuivre, et dont la densité est supérieure à 8.

Ce sont des prismes hexagonaux bipyramidés, portant les faces m, b ili , 6 a/3 . Après purification par une longue digestion avec l’acide chlorhydrique froid qui enlève les impuretés, leur composition correspond à la formule de la breipthauplite naturelle où une portion, allant jusqu’à 3,7 pour 100 de nickel, peut être remplacée par du cobalt (A. Brard).

Nous ferons remarquer ici que le produit décrit par Brard avait été observé, il y a longtemps déjà, par Haussmann, dans de semblables conditions (voy. Minerais, Breithauptite).

carbure de nickel.

Il se forme du carbure de nickel dans plusieurs circonstances.

1° Dans la réduction du protoxyde de nickel au moyen du charbon;

2° Dans la fusion du nickel métallique avec le charbon au moyen du chalumeau; le composé ainsi obtenu est magnétique et jaune de laiton (Doebereiner);

3° La calcination du cyanure de nickel laisse un résidu qui est, soit un mélange de nickel et de carbone, soit une combinaison ;

4» Dans la préparation du nickel par le charbon le métal se recouvre de houppes dures cristallisées, grasses au loucher et de couleur gris d'acier, insolubles dans l’acide nitrique (Ross et Irwing) ;

5» En chauffant au rouge blanc pendant deux heures un mélange de protoxyde de nickel et de charbon de sucre, on obtient un carbure de nickel dont la teneur varie suivant que le refroidissement a été lent (A) ou rapide (B).

Carbone total. 1,26 1,39

Graphite. 0,98 0,78

Carbone combiné. 0,29 0,61

(L. Pebal).

SILICIURE DE NICKEL.

En chauffant au rouge blanc un mélange de nickel et de silicium, on ne peut obtenir qu’une masse agglomérée, mais non fondue. Mais en réduisant par la chaleur un mélange de nickel, d’aluminium, de quartz et de cryolithe, on obtient un régule bien fondu, bleuâtre qui, outre le silicium, contient de 12 à 15 pour 100 d’aluminium (Winkler).

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