‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 12e cahierChapitre 94 sur 258 · CHLORURE MÉLANOCOBALTIQUE OU SEL NOIR DE FR. ROSE · texte numérisé non relu

CHLORURE MÉLANOCOBALTIQUE OU SEL NOIR DE FR. ROSE

Éq... Co s CI 3 .3AzH 3 + AzH 4 CI.

At... Co 3 Cl 4 AzH 4 C1.6AzIP.

Ce composé se sépare toujours, eu même temps que d’autres chlorures, quand on précipite par l’acide chlorhydrique une solution de cobalt ammoniacale ayant subi l’action de l’oxygène; mais il se décompose quand la solution ne contient plus d’ammoniaque libre, et quand elle est chauffée pendant longtemps, même en présence de l’ammoniaque. Il est extrêmement peu soluble en présence de l’acide chlorhydrique, et par suite de cette propriété, il est facile à séparer des chlorures qui l’accompagnent, particulièrement du chlorure purpuréocobaltique. Fr. Rose, après l’avoir découvert, l’a considéré comme un composé complexe. Vortmann a démontré depuis qu’il ne forme qu’une simple combinaison du chlorure ammoniacobaltique avec le chlorhydrate d’aminoniaque.

Préparation. — 1" On acidulé faiblement une solution très peu ammoniacale, puis, au bout d’une heure, temps pendant lequel le chlorure purpurcocobaltique seul se sépare, quand la solution ne contient pas trop de sel ammoniac, on filtre, et on fait arriver goutte à goutte dans la solution filtrée un égal volume d'acide chlorhydrique refroidi par la glace, on égoutte le précipité, on le lave à l’eau froide, puis à l’alcool absolu pour enlever l’eau, qui transformerait le produit en chlorure purpuréocobaltique (Fr. Rose).

2° On le prépare aussi en dissolvant 50 grammes de chlorure de cobalt dans une petite quantité d’eau bouillante, on ajoute 250 grammes d’ammoniaqne concentrée, on fait bouillir, on filtre et on abandonne la-solution dans un ballon ouvert. Après vingt heures de repos, on fait bouillir de nouveau, on laisse refroidir et on précipite par l’acide chlorhydrique concentré. Le précipité est un mélange de sel noir et de chlorure purpuréocobaltique ; on sépare ce dernier par des lavages réitérés avec de l’acide chlorhydrique étendu de son volume d’eau, puis on lave le résidu à l’alcool.

Il est d’abord vert foncé, et après dessiccation sur l’acide sulfurique il est gris violet foncé (Vortmann).

Ce sel est cristallisé en cristaux microscopiques transparents, affectant tantôt la forme de prismes, tantôt celle d’octaèdres très aigus. Dans la lumière polarisée, ils paraissent bleus quand les niçois sont parallèles, et jaune brun quand ils sont en croix. Ils sont difficiles à amener à un poids constant, qu’on les dessèche sur l’acide sulfurique ou à 100 degrés, car ils sont très hygroscopiques. Ils se décomposent à plus haute température, à 120 degrés le sel devient verdâtre, et grisâtre à 150 degrés avec séparation d’eau et d’hydrate de sesquioxyde de cobalt. Dans l’eau froide, ils se dissolvent faiblement en produisant une coloration jaune de girofle, la solution d’abord neutre devient acide, par suite de la formation du chlorure purpuréocobaltique. Dans l’eau chaude, ils forment d’abord une solution acide rouge foncé, qui

EHCYCLOP. C111M. 6

répand une légère odeur de chlorure d’azote et laisse déposer de l’hydrate de sesquioxyde de cobalt, tandis que la réaction devient alcaline. L’acide chlorhydrique étendu le décompose à chaud avec dégagement de chlore et séparation ultérieure d’un peu de chlorure purpuréocobaltique ; du sel ammoniac et du chlorure de cobalt demeurent en dissolution ; l’acide concentré attaque à peine le sel solide, à l’ébullition elle le colore cependant en bleu faible. L’acide nitrique le décompose complètement en donnant un dégagement de gaz nitreux. L’acide sulfurique étendu le dissout très peu à froid, à chaud la dissolution devient rouge foncé, une grande partie du sel a été décomposée, mais l’acide chlorhydrique en précipite encore du sel noir ; l’acide sulfurique concentré forme une liqueur brune avec un fort dégagement d’acide chlorhydrique ; cependant par l’addition d’une grande quantité d’acide chlorhydrique on peut précipiter encore du sel inaltéré. L’ammoniaque le dissout à une température modérée et le transforme en grande partie en chlorure purpuréocobaltique (Fr. Rose).

Tout le cobalt existe dans cette combinaison à l’état de sel de protoxyde (Vortmann).

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