RAFFINAGE DU BISMUTH
Le bismuth livré au commerce n’est pas absolument pur ; il contient du soufre, de l’arsenic, de l’antimoine, du plomb, du cuivre, du fer et de l’argent.
Il n’existe pas de moyen de séparer en niême temps tous ces corps, mais on peut le faire successivement. Il faut toujours commencer par l’élimination du cuivre, car on enlève en même temps une partie du plomb, de l’antimoine et de l’arsenic. On élimine ensuite l’arsenic, le soufre et rantimoine,puis le plomb, le fer et l’argent.
Élimination du cuivre. — On fond le bismuth avec un sixième de son poids de sulfocyanate dépotasse; le cuivre seul est attaqué en produisant du sulfure de cuivre (H. Tamm).
GODEFROY — BISMUTH
On peut encore fondre à basse température seize parties de bismuth avec une partie d’un mélange de huit parties de cs’anure de potassium supposé pur et trois parties de fleur de soufre. Les portions indiquées sont relatives à du cyanure pur; si l’on emploie le cyanure du commerce, il faut en augmenter la dose, car si ce sel est en quantité trop faible, il se forme du sulfure de bismuth, qui rend nécessaire une nouvelle purification (E. Smith, Pharm. centralhalle, t. XVII, p. 379).
Élimination de l'arsenic et du soufre. — On fait fondre le bismuth dans un creuset de terre avec le dixième de son poids de nitre. Le soufre et l’arsenic s’oxydent et se transforment en sulfate et arseniate de potasse que l’on peut enlever à l’aide de lavages à l’eau.
On peut encore faire subir au bismuth un premier grillage partiel qui enlève tout l’arsenic et une partie seulement du soufre; puis on fond le métal avec du carbonate de potasse et du charbon; on se débarrasse enfin, à l’aide d’un nouveau grillage partiel, du potassium qui s’est allié au bismuth (Méhu, Annuaire pharm., 1873, p. 23).
Élimination de Vantimoine. — On fait fondre le bismuth sous une couche de borax et on y introduit des barres de fer qui éliminent seulement une partie de l’antimoine et la totalité du soufre et de l’arsenic qu’il peut contenir. Pour enlever les dernières parties d’antimoine, on fond le métal avec un poids d’oxyde de bismuth deux ou trois fois plus grand que celui de l’antimoine contenu. Cet oxyde est rapidement réduit. L’oxyde d’antimoine formé s’unit au reste de l’oxyde et vient se séparer à la surface (H. Tamm.).
Élimination du plomb. — On dissout le métal dans l’acide nitrique, puis on précipite le plomb par l’acide sulfurique.
Élimination du fer. — On fond le bismuth sous une couche de chlorate de potasse additionné de 2 à 5 pour 100 de carbonate de potasse.
Ou bien on précipite par l’acide oxalique la solution de bismuth légèrement acide. On obtient un précipité cristallin blanc, complètement exempt de fer, qui fournit du bismuth métallique par la calcination dans un creuset. Il faut éviter un trop grand excès de sel, qui redissoudrait une partie du précipité, et séparer rapidement le précipité de son eau mère, sans quoi il se chargerait du fer resté dissous (Thürach, Journal fürpraktische chemie, t. XIV, p. 309).
Élimination de l’argent. — EUe se fait facilement à l’état de chlorure d’argent.