BROMURES DE BISMUTH
Suivant M. Jacquelain (Annales de Chimie et de Physique (2), t. XXXVIII, p. 318), le bismuth ne se combine pas au brome à la température ordinaire, mais il est attaqué lorsqu’il contient de l’arsenic, et l’intensité de l’attaque est proportionnelle à la quantité d’arsenic contenu.
BIBROMUKE DE BISMUTH : Bi Br*.
Bi . . . .. 56,52
Br». 43,48
L’existence du bibromure de bismuth est encore problématique. On sait seulement que le tribromure ,de bismuth, chauffé avec la moitié de la quantité do
bismuth qu’il rènferme ou avec d’autres métaux, donne une masse brune qui, par le refroidissement, se prend en aiguilles cristallines offrant des caractères analogues à ceux du bichlorure Bi Cl* et constituant peut être le bibromure BiBr*. Mais cette substance n’a pas été obtenue à l’état de pureté; l’analyse a toujours indiqué un excès de bismuth tenu probablement en dissolution {Weber Poggendorff’s, Ann&len, t. CYII, p. 896).
TRIBUOMURE DE BISMUTH : Bi Br*.
Bi. 46,43
Br*. 83,57
Préparation. — 1» On chauffe du bismuth en poudre avec] un grand excès de brome dans un long tube; des vapeurs jaunâtres se manifestent et se condensent sur les parois du tube ; elles paraissent être un bromure de bismuth contenant plus de brome que le tribromure qui reste au fond (Jacquelain).
2° On fait passer des vapeurs de brome sur du bismuth réduit en poudre; la combinaison se fait avec une extrême énergie ; il distille un liquide rouge qui se prend en une masse cristalline d’un jaune de soufre (R. Weber Poggendorff’s, Annalen, t. CVII, p. 896).
3° On projette du bismuth en poudre dans de l’éther anhydre contenant son volume de brome; on a soin de refroidir le mélange pour éviter que la réaction soit trop violente. Le bromure de bismuth, qui est soluble dans l’éther, se dépose par l’évaporation de ce liquide (Nicklès, Comptes rendus, t. XLVÏII, p. 837).
Propriétés. — Le tribromure de bismuth est un corps solide gris d’acier ayant l’aspect de l’iode ; il fond à 210, 218 degrés en un liquide peu volatil couleur rouge jacinthe, qui reprend par le refroidissement et la solidification sa couleur grise ; il entre en ébullition à une température voisine du rouge brun.
Sa solution éthérée le laisse cristalliser en beaux prismes qui ressemblent à ceux du bromure d’arsenic.
Il est déliquescent; exposé à l’air, il attire promptement l’humidité et il passe graduellement à une couleur d’un beau jaune de soufre. On doit le considérer daps cet état jaune comme un hydrate. Au contact de l’eau il se décompose en acide bromhydrique et en oxybromure qui se précipite (Jacquelain, Annales de Chimie et de Physique (2), t. XXXVIII, p. 318).
L’hydrogène le réduit complètement en donnant probablement le tribromure comme produit intermédiaire, mais ce corps n’a pu être isolé dans cette réaction.
Avec les bromures alcalins, le tribromure de bismuth donne naissance à des bromosels que nous étudiérons plus loin.
Action du gaz ammoniac sur le tribromure de bismuth. — Le gaz ammoniac réagit sur le tribromure de bismuth comme sur le chlorure correspondant.
GODEFROY — BISMUTH
1“ Une poudre jaune paille volatile ayant pour formule :
BiBrS, SAzH».
2° Une masse vert olive, très adhérente au verre, déliquescente et déeomposable par l’eau. Sa composition se rapproche de la formule
BiBrS, 2AzH8.
3° Une masse grise infusible et fixe, que l’on peut probablement représenter par la formule :
BiAz^Br?
Les deux premiers produits traités par l’acide chlorhydrique donnent naissance à des bromosels (Pattison Muir, Journal Chem, soc., 1876, t. I, p. 144).
4» On prépare le composé
2 Bi Br3, 5 Az H’,
analogue aux précédents, en chauffant l’oxybromure Bi®Br*0* dans un courant de gaz ammoniac. C’est un sublimé verdâtre inaltérable à l’air, indécomposable par l’eau. Dissous dans l’acide chlorhydrique, il donne un chlorure double.
Action de l’éther sur le tribromure de bismuth .— Le tribromure de bismuth chauffé en vase clos à 100 degrés avec de l’éther anhydre s’y dissout; il se forme deux couches, dont l’inférieure est colorée et renferme une combinaison de bromure de bismuth et d’éther. En évaporant le liquide dans le vide sec, on obtient cette combinaison cristalisée en prismes romboïdaux, très déliquescents, auxquels l’analyse assigne la composition suivante :
BiBrS, 2C‘H»0 +4 HO.
Cet éther bromobismutique, mis en contact avec du papier, le détruit.
Le trichlorure de bismuth se combine également avec l’éther, mais l’iodure n’a aucune action (Niklès, Comptes rendus de l’Académie des sciences, t. LU, p. 396).
BROMOSELS DE BISMUTH
Le tribromure de bismuth peut se combiner en proportions variables avec les bromures alcalins pour donner des bromosels que l’on obtient généralement dans les mêmes circonstances que les chlorosels correspondants. On n’a encore isolé que les sels ammoniacaux.
BROMURES DOUBLES DE BISMUTH ET d’aMMONIUM
1“ On prépare le composé
BiBr3, AzH*Br + 2H0
soit en faisant agir le brome sur le bismuth au sein d’une solution concentrée de bromure d’ammonium, soit en mélangeant les solutions alcooliques des deux bromures et les chauffant sous pression.
C’est un corps jaune soluble dans l’alcool, cristallisé en lames ou en aiguilles prismatiques de 135°25' terminées par une pyramide. L’eau le décompose facilement (Nicklès).
2“ Suivant M. Pattison Muir, lorsqu’on traite par l’acide chlorhydrique les chlorures de bismuth ammoniacaux que nous avons déjà signalés, on obtient les chlorobromosels suivants : ;
BiBr»,2AzH‘CI + 6HO BiBrS, 3AzH*Cl 2BiBr», 5AzH*Cl + 2HO.
OXYBROMURES DE BISMUTH
Le tribromure de bismuth peut, en se combinant avec l’oxyde de bismuth, aonner naissance à plusieurs oxybromures :
1” Le tribromure de bismuth, mis en présence d’un excès d’eau, se décompose en produisant de l’acide bromhydrique et de l’oxybromure insoluble ;
Bi02Br = 2Bi O», BiBi-s.
2" Lorsqu’on prépare du tribromure de bismuth, en faisant agir du brome sur des bismuth au contact de l’air, on obtient en même temps l’oxybromure.
BPBr3 09 = 3Bi0’, BiBi-3.
C’est une poudre d’un gris jaunâtre, infusible, insoluble dans l’eau. Chauffée avec du charbon, elle donne du bismuth métallique et du tribromure de bismuth. Chauffée dans un courant de gaz ammoniac, elle donne du bismuth réduit et le chlorure ammoniacal déjà signalé 2BiBr“, 5 AzlP;
3” En traitant l’oxyde de bismuth par le brome, on obtient l’oxybromure
BiUBr’'026 = 4BiO», IBiO^Br
qui est une poudre amorphe, d’un jaune brunâtre inaltérable à l’air, insoluble dans l’eau, soluble dans les acides (Pattison Muir).
lODÜRES DE BISMUTH
L'existence du biiodure BiU est fort problématique; néanmoins, suivant M. R. Weber, le triiodure de bismuth, fondu avec du bismuth mélallique donne une masse homogène qui représente probablement le biiodure Bil*, mais sa composition ne répond pas exactement à cetle formule, car elle renferme 7 p. 100 de bismuth de plus que n’en exige la théorie. On pourrait admettre, il est vrai (ce
GODEFROY — BISMUTH
que nous avons fait d’ailleurs pour le bibromure), que l’excédent de métal est tenu en dissolution dans l’iodure. Le même composé semble se lormer lorsqu’on distille le triiodure de bismuth.