SULFATES DOUBLES DE BISMUTH ET DE POTASSE
1° Le sel double dérivant du sulfate neutre de bismuth s’obtient, suivant Heintz, en ajoutant une solution de sulfate de potasse à une solution nitrique d’azotate de bismuth. C’est un précipité cristallin dont voici la formule :
Bi03, 3S03-1-3(K0, S03).
2“ Le même auteur a décrit un autre sel double correspondant à l’un des sulfates basiques de bismuth, et lui assigne la formule suivante :
Bios, 2S03 + 2(KO, 80=) + HO.
SULFITE DE BISMUTH
On l’obtient en faisant réagir l’acide sulfureux sur l’oxyde de bismuth. C’est un précipité insoluble dans l’eau et dans un excès d’acide sulfureux. Il est instable ; à la température du rouge, il perd tout l’acide qu’il contient et il reste de l’oxyde pur.
HYPOSULFITE DOUBLE DE BISMUTH ET DE POTASSE Bios, 38^02 + 3 (KO,8*02) + 2 HO.
Pour préparer ce composé on dissout 1 partie de sous-nitrate de bismuth dans un peu d’acide chlorhydrique, puis 2 parties d’hyposulfite de soude dans une petite quantité d’eau, on mélange les solutions on étend d’acool concentré, puis on ajoute un sel de potasse, il se forme aussitôt un précipité jaune. On peut remplacer dans cette préparation, l’hyposullite de soude par l’hyposulfite de chaux.
GODEFROY — BISMÜTH
L’hyposulflte double de bismuth et de potasse soumis à l’action de la chaleur se décompose d’après l’équation :
Bi 08,38*02 + 3(K0,S*0*) = 3(K0,S0S) + BiS* + 380*+ 38.
M. A. Carnot a proposé l’emploi de ce sel double pour la recherche et pour le dosage de la potasse. Voici textuellement le procédé opératoire auquel il s’est arrêté (Bulletin de la Société chimique de Paris, t. XXIX, p. 281) : « On prend 1 gramme du sel à analyser, ou une quantité de matière qu’on sait ne pas contenir plus de 06‘',60 de potasse et plus de 1 gramme d’acide sulfurique (s’il y avait un grand excès de ce dernier on le précipiterait en partie par le chlorure de baryum). La dissolution saline est amenée à un volume de 15 à 20 centimètres cubes, puis additionnée de quelques gouttes d’acide chlorhydrique, on y ajoute d’abord la solution de bismuth, puis celle d’hyposulfite. Il se dépose aussitôt du sulfate de chaux dont on achève la précipitation par l’addition de 200 centimètres cubes d’alcool qui précipite en même temps tout l’hyposulfite double jaune de bismuth et de potasse; on recueille le dépôt sur un filtre, après une heure, et on le lave à l’alcool. Toute la potasse est ainsi précipitée, tandis que la soude, s’il y en a, reste en solution.
« Le précipité est traité par l’eau qui dissout tout l’hyposulfite double, avec une petite quantité de sulfate de chaux, on dose la potasse indirectement en précipitant le bismuth à l’état de sulfure qu’on recueille sur un filtre taré, qu’on lave, qu’on sèche à 100 degrés et qu’on pèse.
« Comme l’hyposulfite double renferme 3 équivalents de potasse pour 1 équivalent d’oxyde de bismuth, le poids de potasse déduit de celui du sulfure de
bismuth est donné par le rapport = 0,549.
« On peut, du reste, doser directement la potasse à l’état de sulfate, après séparation du bismuth par l’hydrogène sulfuré et de la chaux par le carbonate d’ammoniaque.
« On peut enfin doser directement la potasse en chauffant à 100 degrés la solution aqueuse de l’hyposulfite double précipité par l’alcool. Sous l’influence de la chaleur le sel se décompose d’après l’équation transcrite précédemment. La dissolution devenue incolore, est filtrée, débarrassée de la chaux par le carbonate d’ammoniaque et filtrée de nouveau, puis évaporée, le résidu est calciné puis pesé : c’est du sulfate de potasse. *
SÉLÉNITE DE BISMUTH Bios, 3 Se0*.
Ce sel, découvert par Nilson, cristallise en petites aiguilles.