‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 13e cahier (volume 2)Chapitre 51 sur 85 · PRÉSENCE DU PLOMB DANS LE SOUS-NITRATE DE BISMUTH · texte numérisé non relu

PRÉSENCE DU PLOMB DANS LE SOUS-NITRATE DE BISMUTH

Le bismuth de commerce renferme presque toujours du plomb; lorsqu’on l’attaque par l’acide azotique ordinaire qui contient habituellement de l’acide sulfurique, il se forme du sulfate de plomb ; celui-ci reste en solution dans l’acide azotique en excès et se précipite en même temps que le sous-nitrate lorsqu’on ajoute de l’eau.

Les sous-nitrates de bismuth du commerce doivent donc ordinairement con-

tenir du plomb ; ce fait a été constaté par plusieurs auteurs qui ont proposé différents procédés pour la recherche de ce métal.

lo M. Carnot {Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. LXXXVI, p. 718, et t. LXXXVII, p. 208), en examinant un grand nombre d’échantillons, a trouvé dans presque tous des traces de plomb de 1 à 10 millièmes, ce qui, suivant l’auteur, serait de nature à inspirer quelques craintes puisqu’il n'est pas rare que le sous-nitrate de bismuth soit administré aux malades à la dose de 10 à 20 grammes par jour, quelquefois davantage ; ce qui peut correspondre à 2 décigrammes d’oxyde de plomb dans le même temps.

Nous transcrivons textuellement le procédé employé par M. A. Carnot pour déceler et doser le plomb dans le sous-nitrate de bismuth.

« On prend 10 à 20 grammes de sous-nitrate qu’on attaque dans une capsule de porcelaine par l’acide chlorhydrique concentré. Il y a échauffement rapide, dégagement de vapeurs rutilantes et dissolution; on concentre jusqu’à consistance presque sirupeuse, on acidifie légèrement de manière à rendre au liquide une complète fluidité, puis on ajoute quelques gouttes d’acide sulfurique, on remue et on verse 30 ou 40 centimètres cubes d’alcool rectifié. A défaut de concentration suffisante, l’alcool pourrait donner lieu à une décomposition partielle du chlorure de bismuth, dont on s’apercevrait aussitôt au trouble blanc de la liqueur ; on le ferait disparaître par quelques gouttes d’acide chlorhydrique.

« On laisse en repos pendant un jour, puis on décante sur un petit filtre. On lave par décantation avec de l’alcool rectifié, acidifié par deux ou trois gouttes d’acide chlorhydrique, puis on reçoit le précipité sur le filtre et l’on achève le lavage avec de l’alcool pur.

« Après dessiccation, on sépare du filtre, qu’on brûle à part, on met les cendres avec le résidu dans une très petite capsule de porcelaine tarée, on humecte d’acide sulfurique, on évapore et l’on chauffe jusqu’au rouge, enfin l’on prend le poids du sulfate de plomb.

« Il est bon de vérifier si ce sulfate ne contient pas de bismuth. Il suffit pour cela de reprendre par quelques gouttes d’acide chlorhydrique, de chauffer un peu, puis d’ajouter de l’alcool et de décanter la liqueur limpide en la faisant tomber dans l’eau pure ; les plus faibles traces de bismuth rendent l’eau sensiblement opaline par formation d’oxychlorure blanc et insoluble.

« Il arrive parfois que certains sous-nitrates renferment un peu de chaux ; dans ce cas, l’emploi de la méthode précédente exposerait à s’exagérer la proportion de plomb, parce que l’on pèserait ensemble les deux sulfates de plomb et de chaux insolubles dans l’alcool. Il convient alors de modifier la méthode en n’employant pas d’acide sulfurique ; il se forme dans l’alcool rectifié un précipité de chlorure de plomb que l’on reçoit sur un petit filtre taré et qu’on lave, sèche et pèse exactement.

« La précipitation du plomb n’est pas aussi rigoureuse a l’état de chlorure qu’à l'état de sulfate, car en ajoutant à la liqueur alcoolique filtrée une ou deux gouttes d’acide sulfurique, on obtient encore un léger dépôt; mais, en l’absence de chaux, ce dépôt atteint à peine t à 2 milligrammes, dans les conditions que je viens d’indiquer.

GODEFROY — BISMCTH

On a donc encore, par cette opération simple, une approximation suffisante pour le dosage du plomb. »

mm. Chapuis et Linossier {Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. LXXXVII, p. teo) ont proposé, pour la recherche du plomb dans le sous-nitrate de bismuth, un procédé que nous transcrivons textuellement :

« A 3 grammes de sous-nitrate de bismuth on ajoute environ 4 centimètres cubes d’une solution de soude caustique à lo p. 100 et assez (à peu près 4 centimètres cubes) d’une solution de chromate jaune de potasse à 10 p. 100 pour qu’après l’ébullition la liqueur surnageante soit colorée en jaune. On fait bouillir, on décante : le résidu solide est reporté à l’ébullition avec 1 centimètre cube de soude, quelques gouttes de chromate et 2 ou 3 centimètres cubes d’eau distillée ; puis liquide et résidu sont jetés sur le filtre.

A la liqueur filtrée on ajoute de l’acide acétique jusqu’à acidité franche. Un trouble jaune plus ou moins prononcé accuse la présence du plomb.

1 1 « Pour — de plomb, on obtient un précipité abondant; pour Jqqq’Id trouble

est très net, et il se dépose, au bout de peu de temps, un précipité lourd, adhérent aux parois du tube ; pour g^QQ’ le trouble est beaucoup plus faible, et parfois n’apparaît qu’après le refroidissement; car, à chaud, le chromate de plomb est légèrement soluble dans le mélange d’acétate de soude et d’acide acétique.

« On accuserait facilement des quantités de plomb moindres que en opérant sur une plus grande quantité de matières ; mais la recherche de traces si minimes de plomb offrant peu d’intérêt, nous avons cru devoir nous arrêter à la dose de 3 grammes de sous-nitrate.

« Il nous est arrivé une fois d’obtenir, au lieu du précipité lourd de chromate de plomb, un précipité floconneux qui se rassemble, après ébullition, en une couche épaisse au fond du tube ; cela tenait à ce que le sous-nitrate contenait du phosphate de chaux souillé de silice et d’alumine. Si toutefois, ce qui n’est guère possible, on avait des doutes sur la nature d’un pareil précipité, on les lèverait facilement en faisant bouillir la liqueur,rendue de nouveau alcaline; le précipité se dissout instantanément si l’on a affaire à du chromate de plomb.

« En opérant avec de la soude impure, le même louche peut se produire; il est donc utile de faire préalablement un mélange de soude, de chromate de potasse et d’acide acétique en excès et de s’assurer qu’il ne se produit aucun trouble dans la liqueur acide.

« Ce procédé n’exige que quelques minutes, il élimine toutes les causes d’erreur, il accuse facilement la présence de enfin il n’exige que

3 grammes de sous-nitrate et des réactifs sans valeur.

« Pour une recherche quantitative, la même méthode peut être employée. C’est alors sur 10 grammes de sous-nitrate de bismuth que fon doit agir, en ayant soin de laver le chromate de bismuth avec le mélange de soude et de chromate de potasse, d’abord par décantation, ensuite sur le filtre, jusqu’à ce que le liquide filtré ne trouble plus par l’acide acétique en excès. On porte alors à

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