‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 13e cahier (volume 2)Chapitre 53 sur 85 · FALSIFICATIONS DU SOUS-NITRATE DE BISMUTH · texte numérisé non relu

FALSIFICATIONS DU SOUS-NITRATE DE BISMUTH

Le sous-nitrate de bismuth est quelquefois falsifié par différentes substances; les plus communément employées sont : le talc, le sulfate de chaux, le carbonate de chaux, le carbonate de plomb, la fécule, l’oxychlorure de bismuth, et surtout le phosphate de chaux. On peut déceler comme il suit ces diverses substances étrangères :

1° Le talc forme un résidu insoluble lorsqu’on traite le sous-nitrate de bismuth par l’acide nitrique étendu, puis par l’acide chlorhydrique concentré.

2» Pour vérifier la présence du sulfate de chaux, on attaque le sous-nitrate de

GODEFROY — BISMUTH

bismuth par l’acide azotique faible, il se forme un précipité soluble dans l’acide chlorhydrique concentré; la solution obtenue précipite par addition d’alcool ou de baryum.

3° L’addition de carbonate de chaux est décelée par l’effervescence que produit l’acide nitrique : la solution obtenue précipite par addition d’oxalate d’ammoniaque.

4° La présence du carbonate de plomb est également décelée par l’effervescence que produit l’acide nitrique. La solution filtrée précipite en jaune par l’iodure de potassium, en blanc par les sulfates ou l’acide sulfurique.

5“ La fécule est mise en évidence par l’eau iodée.

6° L’oxychlorure de bismuth que l’on rencontre parfois dans le sous-nitrate provient de ce que le métal a été dissous dans un mélange d’acide nitrique et d’acide chlorhydrique afin d’avoir, par l’eau, un précipité plus abondant et plus lourd, ou encore de ce que la dissolution nitrique du bismuth a été précipitée par une dissolution étendue de sel marin. On a trouvé dans des sous-nitrates de bismuth de Londres jusqu’à72,3 p. iOO d’oxychlorure.

On reconnaît la présence de ce corps en dissolvant le produit suspect dans l’acide nitrique pur et en versant dans la solution quelques gouttes de nitrate d’argent; il se forme alors un précipité blanc, caillebotté, soluble dans l’ammoniaque, insoluble dans l’acide nitrique.

7° Le phosphate de chaux est le produit qui sert le plus habituellement à la falsification du sous-nitrate de bismuth. On a proposé plusieurs procédés pour déceler la présence de cette substance. Voici les principaux ;

a. Suivant M. Roussln, on prend 1 gramme de sel à essayer, on le dissout dans 3 centimètres cubes d’acide azotique; on ajoute ensuite 1 gramme d’acide tartrique concassé. Lorsque la dissolution est effectuée, on fait tomber goutte à goutte dans la liqueur une solution concentrée de carbonate de potasse ; s’il y a du phosphate de chaux, celui-ci se précipite totalement.

Toutefois, d’après les remarques de MM. Renault et Fourment, pour avoir un résultat rigpureux, il serait plus prudent de précipiter l’acide phosphorique à l’état de phosphate ammoniaco-magnésien, à l’aide du sulfate de magnésie ammoniacal.

b. M. Léger préconise le procédé suivant : on délaye 2 grammes de sousnitrate de bismuth dans 3 grammes d’eau distillée; on ajoute pour dissoudre la matière 4 grammes d’acide chlorhydrique; on ajoute ensuite 200 centimètres cubes d’eau distillée, qui précipite tout le bismuth à l’état de sous-chlorure. On filtre et on ajoute à la liqueur du sucrate de chaux jusqu’à ce qu’elle soit devenue alcaline ; il se précipite du phosphate tribasique de chaux, on le fait bouillir, on le filtre, on le lave, on le sèche à tOO degrés et on le pèse.

c. MM. Chevallier et Baudrimont proposent le mode opératoire suivant comme étant le plus avantageux. On dissout le produit suspect dans de l’acide azotique un peu étendu d’eau; puis, la solution faite, on y dirige un courant d’hydrogène sulfuré jusqu’à refus; on filtre pour séparer le sulfure ncir de bismuth produit; et la liqueur claire donne alors, par l’ammoniaque en excès, un précipité blanc gélatineux de phosphate de chaux; mais il est indispensable de s’assurer d’abord qu’elle ne noircit plus par l’hydrogène sulfuré.

On peut éviter la précipitation de la liqueur par l’ammoniaque en l’évaporaut à siccité et en calcinant le résidu; il sera formé de tout le phosphate de chaux que contenait le blanc de fard {Chevallier et Baudrimont, Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, etc., édition 1878, p. 1050).

Page 1