TARTRATES DOUBLES DE BISMUTH ET DE POTASSE
1° Lorsqu’on fait digérer de la crème de tartre avec de Peau et un excès d’oxyde de bismuth hydraté et qu’après avoir filtré la liqueur on la concentre
fortement, elle laisse déposer une poudre cristalline blanche qui à 100 degrés répond à la formule
(C8H2 0is)BiK.
a- L’eau pure en excès dédouble le sel précédent; il se précipite un sel basique insoluble qui desséché à 100 degrés a pour formule
(C8H‘0‘2)(Bi02)K + (C8H4 0‘2) (BiO^p.
3» Le même desséché à 200 degrés correspond à la nouvelle formule (C8 h 2 0 ‘2; Bi K + (C* H2 012) (Bi 02) Bi
(Kuno Frisch, Sur la basite de l’acide tartrique, Journal fur praktische Chemie, t. XGVII, p. 279).
CITRATES DE BISMUTH 1° Pour préparer le citrate neutre
Ci2H5BiO»,
on fait bouillir l’azotate de bismuth en poudre avec une dissolution d’acide citrique. Pour un gramme de bismuth, on emploie un gramme d’acide citrique.
Le précipité se dissout d’abord; maïs, par une ébullition prolongée, le citrate neutre se dépose sous forme de grains blancs, qu’on fait bouillir à plusieurs reprises avec une dissolution étendue d’acide citrique et qu’on lave à l’eau froide.
2° Pour préparer le citrate basique
C‘2H»Bi0»,4Bi03 + 6H2 02,
on dissout le citrate neutre dans l’ammoniaque, puis on chauffe le citrate ammoniacal ainsi obtenu (A. Cavazzi, Gazetta chimica italiana, t. XIV, p. 289).
SUCCINATE DE BISMUTH.
On l’obtient en faisant digérer de l’oxyde de bismuth hydraté avec de l’acide succinique.
Suivant Berzelius, il est soluble dans l’eau, forme des cristaux lamelle ux, et n’est pas précipité par les alcalis.
LACTATES DE BISMUTH
1° On obtient le composé
(C6HS06)‘(Bi02)Bi
dans différentes circonstances que voici :
GODEFROY — BISMUTH
a — On dissout dans un grand excès d’acide lactique l’oxyde de bismuth hydraté ou le carbonate de ce métal récemment précipité. La solution, évaporée jusqu’à consistance sirupeuse, laisse déposer de petites aiguilles microscopiques qu’on lave à l’alcool, puis à l’éther.
b — On mélange de l’acide nitrique saturé d’oxyde de bismuth avec une solution concentrée de lactate de soude, en ayant soin de ne pas ajouter un grand excès de ce dernier.
Si les solutions sont très concentrées, il se précipite une bouillie cristalline d’azotate de soude et de lactate de bismuth. On la dissout dans un très peu d’eau; si l’on a bien opéré, la solution se fait sans que la liqueur se trouble.
Dans le cas contraire, il y aurait excès d’azotate de bismuth. Le lactate se sépare par le repos en croûtes cristallines. On obtient une nouvelle portion de lactate de bismuth en additionnant les eaux mères d’alcool et en abandonnant le tout pendant quelques jours. (Engelhard!, Annalen der Chemie und Pharmacie).
c — On précipite le sulfate de bismuth par l’azotate de baryte : le précipité est composé d’un mélange des deux sels que l’on ne peut séparer.
2“ On obtient le sel
(CeHSO«)BiO*
en faisant agir un excès d’eau bouillante sur le précédent, on l’obtient encore en traitant, à l’ébullition, l’azotate de bismuth par le lactate de soude, ou encore en versant goutte à goutte la solution d’azotate de bismuth dans la solution moyennement étendue de lactate de soude, de manière à laisser celui-ci en excès.
COMBINAISONS ORGANOMÉTALLIQUES DU BISMUTH COMBINAISONS DU BISMUTH AVEC L’ÉTHYLE
Le bismuth forme avec l’éthyle deux composés importants. Le premier est le bismuthtriéthyle, qui se comporte comme un corps saturé, et par conséquent ne montre qu’une très faible tendance à former des combinaisons en s’unissant à d’autres éléments. Le second est le bismuthéthyle, qui possède les propriétés des composés non saturés, c’est-à-dire peut se combiner avec deux atomes de chlore, d’iode, et avec un seul atome d’oxgène.
On a encore signalé l’existence d’un composé du sesquibismuthéthyle (C'IPjSBi*.
(1) Nous avons cru devoir transcrire en notation atomique ies formules contenues dans ce chapitre.
BISMUTH TRIÉTHYLE lC2H5)3Bi.
BC^Hiî. 29,49
Bi. 10,51
Préparation. — Pour préparer le bismuthéthyle, on fait réagir l’iodure d’éthyle sur l’alliage de bismuth et de potassium. Nous avons déjà donné la préparation de cet alliage que l’on doit conserver dans des flacons bien clos. Pour faire agir sur lui l’iodure d’éthyle, on le réduit en poudre, on l’introduit par portions d’une vingtaine de grammes dans des petits matras munis d’un tube à distillation, puis on y ajoute rapidement l’iodure d’éthyle. Au bout de quelques minutes, une réaction très vive se manifeste, la matière s’échauffe considérablement et l’excès d’iodure d’éthyle distille. On verse de l’eau bouillante sur le résidu qui renferme le bismuthtriélhyle non volatil et l’iodure de potassium formé; on bouche rapidement et on chauffe au bain-marie j usqu’à ce que l’iodure de potassium se soit dissout.
On opère de la même manière snr 10 à 12 petits matras jusqu’à ce qu’on ait obtenu une quantité suffisante de matière. On réunit ensuite, dans un grand ballon rempli d’acide carbonique, le contenu pâteux de tous les matras, et l’on agite la masse avec une grande quantité d’éther qui dissout le bismuthtriéthyle. On décante la solution éthérée ; on y ajoute de l’eau bouillie, et l’on distille l’éther. On le distille ensuite avec de l’eau pure, on l’agite avec de l’acide azotique très étendu pour enlever des traces d’oxyde qui se sont formées, et on le dessèche sur le chlorure de calcium. Dans toutes ces opérations, il faut mettre le plus grand soin à exclure Pair atmosphérique. (Breed, Annalen der Chemie und Pharmacie, t. VI, p. 106).
Propriétés. — A l’état de pureté, le bismuthtriélhyle est un liquide mobile, incolore, ou coloré en jaune pâle. Sa densité est de 1,82; son odeur est fort désagréable. A l’air, il répand des vapeurs jaunes, épaisses, s’enflamme avec une faible explosion, en formant une vapeur jaune d’oxyde de bismuth. Cette oxydation est surtout rapide et brillante lorsqu’on humecte avec du bismuthtriélhyle du papier à filtre, qu’on expose ensuite à l’air.
11 est tout à fait insoluble dans l’eau, difficilement soluble dans l’éther, très facilement dans l’alcool absolu.
Lorsqu’on le chauffe, il commence à bouillir à 60 degrés ; il se dégage un gaz hydrocarboné, et la cornue se recouvre d’une couche de bismuth. Si l’on continue à chauffer, le thermomètre s’élève peu à peu à 160 degrés, et tout à coup l’appareil est brisé avec explosion.
Il brûle dans le chlore avec formation de charbon, il brûle de mêpae au contact du brome.
Si l’on mélange des solutions alcooliques de brome et de bismuthtriéthyle, il se forme peu à peu du bibromure de bismuth qui se précipite : la liqueur filtrée
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traitée par .l’hydrogène sulfuré donne un dépôt de sulfobismuthate de bismuthtriéthyle.
En ajoutant de l’iode à une solution alcoolique de bismuthtriéthyle, la liqueur s’échauffe et il se produit un précipité jaune ou rouge, suivant la concentration; si l’on filtre et si l’on place le liquide filtré sur un bain-marie chauffé à -b 40°, il s’en sépare une petite quantité d’une huile rouge dense; la liqueur décantée de ce produit dépose, par le refroidissement, de grandes quantités d’aiguilles rouges, peu solubles dans l’eau, assez solubles dans l’alcool et dans l’éther.
La composition de ces aiguilles est représentée parla formule (C’H'jBPIs. M. Dunhaupt (Journa.1 fur praktische Chemie, t. LXI, p. 399) pense que c’est une combinaison d’iodure de bismuth Bil® avec l’iodure de sesquibismuthéthyle Bi®P. La liqueur qui a laissé déposer cette combinaison renferme
de l’iodure d’éthyle.
L’acide azotique fumant décompose le bismuthtriéthyle avec dégagement de lumière et explosion.
L’acide azotique très étendu le dissout peu à peu ; il se dégage du bioxyde d’azote; au bout de quelque temps, la liqueur se remplit de petites aiguilles qui se décomposent lorsqu’on veut les dessécher.
Si l’on verse la solution azotique de bismuthtriéthyle dans une solution alcoolique de bichlorure de mercure, il se forme un précipité de calomel. Mais si l’on verse une solution alcoolique faible et chaude de bichlorure de mercure dans une solution alcoolique faible de bismuthtriéthyle additionnée de quelques gouttes d’acide chlorhydrique, il ne se produit aucun précicipité : toutefois, au bout de quelque temps il se forme un précipité volumineux qui se redissout si l’on chauffe la liqueur. Il s’est formé un mélange de chlorure de mercure éthyle et de chlorure de bismuthéthyle ; la réaction peut être représentée par l’équation suivante :
2HgCP + (C^HSpBi = 2(C*H5HgCl) + CSRSBiCP.
Si l’on ajoute de l’azotate d’argent à une solution de bismuthtriéthyle, il se produit de l’argent métallique; si l’on évapore le mélange même à une très douce chaleur, on obtient un dépôt de sous-azotate de bismuth.
La solution alcoolique de bismuthtriéthyle, bouillie avec de la fleur de soufre, donne naissance à du sulfure d’éthyle avec dépôt noir de sulfure de bismuth.
La solution éthérée du même composé, traitée par l’hydrogène sulfuré, fournit au bout de quelques semaines un dépôt de cristaux brillants de sulfure de bismuth.
La solution alcoolique, traitée également par l’hydrogène suifuré, donne lieu à une toute autre réaction ; il se forme un précipité jaune brunissant rapidement et qui possède une odeur désagréable : c’est du sulfobismuthate de bismuthtriéthyle.
(C2H3)3BiS, BPSS.
Ce même corps se forme, ainsi que nous l’avons déjà vu, lorsqu’on traite par
l’hydrogène sulfuré la liqueur aqueuse provenant de l’oxydation du bismuth placé sous l’eau, ou encore la liqueur alcoolique provenant de l’action du brome sur le bismuthtriéthyle.
BISMUTHÉTHYLE
Ce corps n’a pas été isolé ; mais on en connaît plusieurs combinaisons : il se produit à l’état de chlorure de bismuthélhyle lorsqu’on fait agir le bichlorure de mercure sur le bismuthtriéthyle en solution alcoolique. C’est lui qui, transformé en iodure, sert de point de départ pour préparer toutes les autres combinaisons du bismuthéthyle.
COMBINAISONS Dü BISMUTHÉTHYLE
CHLORURE DE BISMUTHÉTHYLE C^HSBias.
Pour préparer ce corps, on verse, ainsi que nons l’avons déjà dit, une solution alcoolique faible et chaude de bichlorure de mercure, dans une solution alcoolique faible de bismuthtriéthyle additionnée de quelques gouttes d’acide chlorhydrique. Au bout de quelque temps, il se produit un précipité volumineux de chlorure de mercure éthyle et le chlorure de bismuthéthyle reste en solution.
On concentre la solution alcoolique au bain-marie; le chlorure de mercure se dépose le premier : on continue la concentration ; le chlorure de bismuthéthyle se sépare sous forme de petits cristaux blancs. Traité par l’eau, ils se décomposent en partie et laissent une poudre blanche.
IODURE DE BISMUTHÉTHYLE C^BSBiP.
Lorsqu’on ajoute de Tiodure de potassium à une solution de chlorure de bismuthélhyle, il se forme de Tiodure de bismuthéthyle qui se dépose en magnifiques paiUettes hexagonales. Ce composé est à peine soluble dans l’eau et dans l’éther; il est soluble dans l’alcool.
OXYDE DE BISMUTHÉTHYLE CmsBiO.
On le prépare en traitant par la potasse une solution d’iodure de bismuthéthyle ; il se forme un précipité jaunâtre soluble dans un très petit excès de potasse.
L’oxyde de bismuthéthyle, lavé rapidement à Talcool absolu et desséché dans le vide, se [présente sous la forme d’une poudre amorphe qui prend feu dès
GODEFROY — BISMUTH
-qu’elle est au contact de l’air : il se forme pendant la combustion une épaisse fumée jaune d’oxyde de bismuth.
SULFURE DE BISMUTHÉTHYLE
Lorsqu’on fait passer un courant d’hydrogène sulfuré dans une solution d’iodure de bismuthéthyle, on obtient une poudre brunâire douée d’une odeur fétide. Ce corps est très instable ; desséché, même dans le vide, il se décompose et laisse comme résidu du sulfure de bismuth.
SULFATE DE BISMUTHÉTHYLE
C’est un sel également très instable, que l’on obtient en solution lorsqu’on traite, par une quantité exacte de sulfate d’argent, une solution d’iodure de bismuthéthyle dans Talcool faible.
La solution de bismuthéthyle régénère l’iodure de bismuthéthyle lorsqu’on y ajoute de l'iodure de potassium. Concentrée au-dessus d’un vase contenant de l’acide sulfurique, elle se décompose en laissant déposer du sous-sulfate de bismuth.
AZOTATE DE BISMUTHÉTHYLE C^H5Bi(Az08)2 = C»H8BiO, Az^O».
On l’obtient en mélangeant exactement en proportions théoriques des solutions alcooliques d’azotate d’argent et d’iodure de bismuthéthyle. On filtre et on abandonne la liqueur dans le vide sec ; il se produit ainsi un sirop épais qui se transforme peu à peu en une masse cristalline radiée, douée d’une saveur métallique et d’une odeur de beurre rance.
L’azotale de bismuthéthyle récemment préparé se dissout entièrement dans l’eau, mais après quelque temps il laisse une poudre blanche insoluble. La dissolution aqueuse chauffée au bain-marie donne un précipité de sous-azotate de bismuth.
Desséché, il se décompose avec ignition, dès qu’on le soumet à l’action d’une douce chaleur (Dunhaupt, Journal fur prahtische Chemie, t. LXI, p. 399. 1854).