DOSAGE DU BISMUTH A L’ÉTAT D’OXYDE
On peut procéder de dififérentes manières :
1 » Par précipitation à l’état de carbonate. — Cette précipitation ne doit être faite que pour les composés qui se dissolvent dans l’acide nitrique et dont la solution ne renferme ni chlorures ni sulfates, autrement on aurait un précipité d’oxychlorure ou un précipité de sulfate basique de bismuth qui rendrait le dosage inexat.
Voici le procédé opératoire recommandé. Si la solution est trop concentrée, on Tétend d’eau sans se préoccuper du trouble qui peut se produire, on y verse du carbonate d’ammoniaque en évitant d’en mettre un trop grand excès, on chauffe assez longtemps à une température voisine de l’ébullition.
On recueille le précipité sur un filtre, on lave et on sèche. On détache le précipité avec soin, on le met sur un verre de montre et on fait brûler dans un creuset en porcelaine pesé le papier du filtre débarrassé autant que possible du précipité. Après refroidissement, on humecte les cendres avec un peu d’acide azotique, on laisse évaporer, on chauffe légèrement au rouge; une fois le creuset froid, on ajoute tout le carbonate de bismuth dans le creuset, et l’on chauffe modérément au rouge jusqu’à ce qu’il soit changé en oxyde.
Quand on a soin de suivre scrupuleusement toutes ces prescriptions, on obtient de bons résultats qui sont cependant en général un peu trop faibles, parce que le carbonate de bismuth n’est pas complètement insoluble dans le carbonate d’ammoniaque.
2° Par calcination. — On peut doser ainsi facilement le bismuth du carbonate et de l’azotate de ce métal. 11 suffit de les calciner dans un creuset en porcelaine jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de perte de poids. Le résidu est de l’oxyde de bismuth pur.
Si l’on a des combinaisons renfermant des Tacides organiques, on les décompose dans un creuset de platine ou de porcelaine ; on chauffe d’abord lentement, puis peu à peu on élève la température au rouge vif : le résidu renfermant habituellement du sous-oxyde, on le fait passer à l’état de protoxyde, en le chauffant au rouge avec de l’oxyde de mercure très pur.
3° Par évaporation. — Suivant M. Lœwe [Journal fur praktische Chemie, t. LXXIV, p. 344. tSoS), pour doser le bismuth contenu dans une solution azotique, on évapore cette solution au bain-marie dans une capsule en porcelaine jusqu’à ce que le sel neutre devienne sirupeux; on ajoute de l’eau, il se forme une croûte blanche que l’on détache avec une baguette de verre; on évapore de nouveau au bain-marie jusqu’à consistance sirupeuse, on étend d’eau et on recommence trois ou quatre fois la même série d’opérations. Lorsque la masse desséchée sur le bain-marie ne répand plus du tout l’odeur de l’acide azotique, on verse sur le contenu refroidi de la capsule une dissolution froide d’une partie d’azotate d’ammoniaque, on dessèche, on calcine et on pèse. Les résultats obtenus sont très satisfaisants.
4» Par précipitation à l’état de sulfure. — On peut traiter de cette manière tous les sels de bismuth.
On étend la solution de la matière avec de l’eau contenant un peu d’acide acétique pour éviter la formation d’un sel basique, puis on fait passer un courant d’acide sulfhydrique gazeux.
Lorsque la précipitation à l’état de sulfure est complète, ce dont on s’assure d’ailleurs en versant un peu de solution d’hydrogène sulfuré dans la liqueur éclaircie, on filtre rapidement, on lave le précipité avec de l’eau sulfurée, puis on le traite par de l’acide azotique de concentration moyenne et en chauffant à une douce chaleur jusqu’à décomposition complète.
On étend la solution avec de l’eau additionnée d’acide acétique ou azotique, on filtre pour séparer le soufre mis en liberté, on lave le filtre avec soin en se servant toujours d’eau acidulée, puis on précipite par le carbonate d’ammoniaque et on opère comme dans le premier cas.