TRAITEMENT DU MINERAI DE MEYMAC
Le minerai principal extrait du gisement de Meymac (Corrèze), est un hydrocarbonate dans lequel se trouve une petite quantité d’arsenic, d’antimoine, de plomb, de fer et de chaux ; il est, en outre, mêlé de gangues pierreuses, quarte et silicates divers.
M. A. Carnot, après quelques essais de laboratoire, renonça entièrement aux procédés de réduction directe par voie sèche, comme donnant lieu à des pertes beaucoup trop grandes, et s’arrêta à la méthode suivante :
« On attaque par l’acide chlorhydrique le minerai cassé au marteau et réduit en sable très grossier. Le résidu inattaqué est soumis à une seconde opération semblable, puis à une troisième, d’où il sort complètement épuisé. Dans la marche régulière du traitement, l’acide est employé d’abord à cette dernière attaque, puis à la seconde, et enfin à la première sur le minerai brut. On favorise son action en remuant la matière avec une spatule de bois et en chauffant très doucement dans des vases de terre. Il arrive à être presque saturé par les oxydes métalliques qu’il dissout, tandis que, de l’autre côté, après cet épuisement méthodique, le résidu à rejeter ne renferme plus une proportion appréciable de bismuth, ni sous forme d’oxyde inattaqué, ni sous celle de solution retenue entre les fragments du sable stérile.
« On filtre la liqueur de chlorure, qui est à peine légèrement acide, puis on y introduit des barreaux de fer qui précipitent la totalité du bismuth à l’état de poudre noire et pesante. On le sépare de la solution, chargée de sels de fer, sans laisser à ceux-ci le temps de se peroxyder par l’action de l’air ni de produire un dépôt. On le lave avec de l’eau pure, on le reçoit et on le comprime dans un linge sous forme de boudins, qu’on sèche rapidement dans une étuve, afin d’éviter que le métal humide et très divisé, tel qu’il est obtenu par précipitation, subisse une oxydation notable.
« La poudre sèche est ensuite très fortement tassée dans un creuset de plombagine, qu’on achève de remplir avec du charbon grossièrement pilé; on le chauffe progressivement, on couvre le creuset dans un four de calcination pendant trois quarts d’heure, sans dépasser le rouge, pour ne pas produire une volatilisation sensible du métal. Le bismuth fondu est alors coulé dans un moule, où il se prend en lingots, qui peuvent être livrés au commerce.
« Le métal, ainsi obtenu, retient une très faible quantité de plomb, d’arsenic et d’antimoine. On achève de le purifier par les procédés ordinaires, lorsqu’il doit être employé à la préparation du sous-nitrate de bismuth pour la pharmacie. » (Sur la découverte d’un gisement de bismuth en France, par M. Ad. Carnot. Annales de Chimie et de Physique (5), t. I, p. 403.)
KNCYCLOPÉDIE CHIMIQUE