PLOMB ET ÉTAIN
Le plomb semble s’allier à l’étain en toutes proportions pour donner des mélanges dont la ductilité et la dureté sont supérieures à celles du plomb et à celles de l’étain. Un certain nombre d’entre eux sont plus fusibles que l’étain, tous plus fusibles que le plomb. Leur densité est tantôt inférieure, tantôt supérieure à la densité moyenne calculée d’après leur composition chimique. Un grand nombre de ces alliages ont été obtenus et étudiés. Les deux plus intéressants sont : l’alliage dit soudure des plombiers, renfermant de 50 à 66 pour 100 de plomb et qui paraît avoir été employé de toute antiquité, et l’alliage pour ustensiles de ménage renfermant environ 8 pour 100 de plomb.
Pour ce dernier, il est intéressant de savoir si cette proportion de plomb n’est pas suffisante pour céder aux aliments acides une certaine proportion de plomb. Les avis des chimistes sont partagés à ce sujet. Le critérium de ces recherches a été la résistance de ces vases à l’acide acétique; probablement les acides acétiques avec lesquels ils ont opéré n’étaient pas de concentration
PLOMB ET SES COMPOSÉS
identique ou même les alliages 'sur lesquels ils ont opéré renfermaient sans doute des éléments autres que l’élain et que le plomb, et présentaient des résistances à l’action de l’acide acétique variables avec la composition exacte des alliages.
Ces alliages fondus s’oxydent plus facilement à l’air que chacun des métaux séparément; la chaleur de combustion propre à chacun des métaux est ici augmentée de la chaleur de combinaison des oxydes. Ainsi un alliage de 4 à 5 parties de plomb et de 1 partie d’étain brûle assez facilement, et il donne naissance à la matière appelée industriellement potée d'étain, qui entre dans la fabrication des émaux.
Riche (Compt. rend., t. LY, p. 143; Bull. Soc. chim., 1862, p. 323) a cherché à établir l’existence de combinaisons définies de plomb avec certains métaux, en étudiant la contraction produite en alliant ce métal à d’autres par fusion, et coulant rapidement l’alliage formé dans une lingotière longue et étroite, de façon à éviter autant que possible la liquation. Il a trouvé les résultats suivants pour le plomb et l’étain :
Alliages de plomb et d'étain.
Su 5 Pb. 8,017 8,046 — 0,001
Sn*Pb. 8,193 8,195 -f 0,002
Sn 3 Pb K . 8,289 8,2915 +0,0025
Sn 3 Pb...- 8,407 8,411 + 0,007 maximum de dilatation.
Sn 3 Pb Ks . 8,562 8,565 +0,003
Sn 3 Pb.. 8,764 8,7662 +0,0022
SnPb 54 . 9,044 9,046 +0,0020
SnPb ... . ,. 9,455 9,451 —0,004
SnPb 2 . 10,115 10,110 —0,005
SnPb 3 . 10,437 10,419 —0,018
Forbes ( Philos. Mac/. [4], t. XXIX, p. 139) a analysé un alliage de plomb et d’étain trouvé dans des minerais aurifères de Bolivie :
Analyse.
Étain. 78,75 79,52
Plomb. 20,42 19,71
Cuivre. traces 0,09
Fer. 0,20 0,17
Arsenic. 0,17 traces
La formule de ce minerai serait donc :
PbSn 7 ,
formule exigeant :
Étain. 79,96
Plomb. 20,04