ALLIAGES DE PLOMB ET D’ANTIMOINE
Le plomb et l’antimoine s’allient en toutes proportions ; on a obtenu des alliages cristallisés.
Le plus important de ces alliages est celui qui sert à faire les caractères d’imprimerie. Il s’obtient en fondant ensemble du plomb et de l’antimoine et coulant dans des moules spéciaux la matière fondue. La composition varie de façon à contenir de 17 à 22 pour 100 d’antimoine. Il présente alors une résistance assez grande pour ne pas être écrasé par les presses, et il est assez mou pour ne pas couper le papier. On ajoute quelquefois à l’alliage' des caractères d’imprimerie quelques centièmes d’étain, ce qui augmente la ténacité de l’alliage. La densité de l’alliage formé de 83 parties en poids de plonmb et de 17 parties d’antimoine est de 10,68; celle de l’alliage contenant 22 pour 100 d’antimoine est de 9,54 (Moser, Jahr. Ber., 1849, p. 640).
Calvert et Johnson (Philos. Mag. [4], t. XVIII, p. 354), Riche ( Compt.rend ., t. LV, p. 143), et Mathiessen (Ann. dePogg., t. CXX, p. 21), ont donné la densité d’un certain nombre d’alliages de plomb et d’antimoine obtenus en fondant ensemble du plomb et de l’antimoine suivant des rapports déterminés, rapports de leurs équivalents. D’après ces recherches, l’alliage Pb 6 Sb 3 a une densité égale à 10,040, moyenne des densités des métaux employés. En partant de cet alliage, si l’on vient à augmenter la proportion de plomb, la densité est plus forte que la densité moyenne; si c’est l’antimoine qui augmente, la densité est inférieure à la densité moyenne.
Les alliages faits en proportions définies peuvent être amenés à cristalliser. En particulier l’alliage PbSb donne des cristaux assez volumineux assemblés en houppes. Ces cristaux ne perdent d’antimoine, par volatilisation, que lorsqu’il y a plus de deux équivalents de ce métal pour un équivalent de plomb.
Kersten (Ann. de\Pogg., t. LV, p. 118) a rencontré à l’état de cristaux très nets un alliage ayant sensiblement la formule Pb ls Sb.
Cet alliage s’était formé sur la sole d’un fourneau sous la forme de prismes hexagonaux aplatis ; il était gris d’acier, malléable, quoique dur, moins fusible que le plomb. Voici l’analyse que Kersten donne de cette matière, qui, ou le voit, a une composition assez complexe :
Pb. 90,10
Sb. 6,48
Zn. 1,42
Cu. 1,50
Az. 0,24
Ni, As, S. traces
Il résulte donc de cette analyse qu’il n’est pas possible de regarder la matière examinée comme un alliage défini ou de lui donner une formule rationnelle.
Riche a étudié les alliages de plomb et d’antimoine au point de vue de leur densité.
Alliages d’antimoine et de plomb.
Sb 4 Pb. 7,237
Sb 3 Pb. 7,385
Sb 3 Pb ... •.. 7,651
SbPb. 8,271
SbPb 3 . 9,046
SbPb 3 . 9,510
SbPb*. 9,819
SbPb 5 . 10,040
SbPb 6 . 10,206
SbPb 7 . 10,335
SbPb 8 . 10,438
SbPb 9 . 10,521
SbPb 19 . 10,592
SbPb 11 . 10,652
SbPb 13 . 10,702
SbPb 13 . 10,746
SbPb 14 . 10,785
Riche conclut d’après le maximum ou minimum de contraction à l’existence de composés définis. Ges composés seraient donc :
SbPb 3 , SbPb 19 .
L’acide chlorhydrique exerce une action curieuse sur les alliages de plomb et d’antimoine, renfermant de 1 à 20 pour 100 d’antimoine. Cet acide concentré attaque ces alliages : il y a dégagement de gaz, les plaques gonflent, deviennent friables et se recouvrent de chlorure de plomb qu’on peut détacher sous forme de prismes.