IODURE DE PLOMB
On obtient ce corps en très beaux cristaux en attaquant le plomb par l’acide iodhydrique qui agit très énergiquement sur le plomb (H. Sainte-Claire Deville, Compt. rend., t. XLII, p. 894). Becquerel l’a aussi obtenu très bien cristallisé en octaèdres en mettant dans un vase renfermant un liquide conducteur une lame de plomb rejoignant les extrémités de deux tubes bouchés par de l’argile et renfermant l’un une solution d’iodure de potassium et l’autre de chlorure de plomb. Il cristallise en belles tables hexagonales miroitantes ressemblant à des paillettes d’or quand on laisse refroidir lentement une solution saturée à chaud de ce corps dans l’eau.
On le prépare généralement par décomposition d’un sel soluble de plomb au moyen d’acide iodhydrique ou d’un iodure soluble dans l’eau. Un bon procédé aussi est de précipiter l’azotate de plomb par l’iodure de potassium. En solutions concentrées on obtient un précipité jaune; en solutions étendues, de petits cristaux miroitants.
On peut employer un sel de plomb soluble quelconque et soit de l’aeide iodhydrique, soit de l’iodure de potassium, de calcium ou de fer. Mais il y a quelques particularités à observer.
Ainsi, si l’on ajoute à une solution d’iodure de potassium dans l’eau, peu à peu, de l’acétate de plomb, on obtient un précipité jaune, puis des paillettes dorées et la liqueur devient acide, lors même qu’il y a encore un excès d’iodure de potassium. Avec un excès d’acétate de plomb le précipité renferme de l’oxyiodure de plomb et il prend une couleur plus pâle. De plus, quand la liqueur devient trop acide, elle tient en dissolution des quantités notables d’iodure de plomb que l’on peut précipiter par l’addition d’ammoniaque, de potasse ou de soude. De plus l’acétate de potasse produit rend soluble l’iodure de plomb et cette solubilité est augmentée par suite de production d’iodure double de plomb et de potassium.
Quand on emploie de l’acétate de plomb fortement acidulé par de l’acide acétique, le produit, au lieu d’être jaune, est verdâtre ou bleu foncé et il renferme de l’iode en excès, qu’on ne peut enlever ni par l’eau, ni par l’alcool, ni par un alcali.
Le mélange d’iodure de fer et d’acétate de plomb donne un produit renfermant du fer; mais on peut enlever ce corps presque complètement avec de l’acide acétique étendu.
L’iodure de potassium ne précipite pas la liqueur obtenue en redissolvant dans l’ammoniaque le produit de l’action de l’acide tartrique sur l’acétate de plomb.
Le produit obtenu par les procédés précédents est ou cristallisé en assez beaux cristaux, ou en lamelles hexagonales jaune doré, ou en un précipité orange. C’est un corps loui’d, de densité comprise entre 6,03 et 6,38. Il se dissout peu dans l’eau froide, mieux dans l’eau chaude. Les auteurs ne sont pas d’accord sur sa solubilité, sans doute parce que les produits qu’ils employaient
n’étaient pas tous du même degré de pureté. La solution aqueuse est incolore ; mais après un certain temps d’ébullition elle répand l’odeur de l’iode.
Il se dissout aussi légèrement dans l’alcool.
Les solutions concentrées d’iodure de sodium, de potassium, de magnésium, de calcium, de strontium et de baryum le dissolvent. En étendant d’eau ces dissolutions, l’iodure de plomb se précipite.
Le chlorhydrate d’ammoniaque le dissout à froid, mais mieux à chaud. Par refroidissement de la dissolution il se précipite un corps jaune, combinaison de chlorhydrate d’ammoniaque et d’iodure de plomb, PbI,AzH 4 Cl.
L’ammoniaque, l’azotate et le succinate d’ammoniaque le colorent lentement sans le dissoudre : le carbonate et le sulfate d’ammoniaque agissent plus énergiquement sur lui et le transforment en un produit blanc. L’hyposulfite de soude le dissout abondamment en donnant un liquide incolore. En le faisant bouillir avec de l’éther, on obtient de l’oxyiodure de plomb et l’éther se colore fortement par de l’iode. Quand on le fait bouillir avec des solutions aqueuses de carbonate de soude, de baryte, de chaux, de strontiane ou de magnésie, on obtient les iodures de ces corps et du carbonate de plomb.
Quand on le fait chauffer, il se fonce en couleur et devient à chaud rouge jaunâtre, puis rouge-brique (phénomène commun à beaucoup de corps colorés en jaune). On peut le fondre à haute température en un liquide translucide brun foncé qui, par refroidissement, se transforme en une masse jaune. Il est volatil à haute température. A la lumière il est inaltérable outrés peu altérable quand il est sec. A l’état humide et en présence de l’air, la lumière solaire le transforme lentement en carbonate et bioxyde de plomb. L’iode devient libre. Cette transformation est hâtée par les corps dégageant de la chaleur avec l’iode.
Fondu à l’air, il abandonne de l’iode et il se forme de l’oxyiodure de plomb. Le chlore l’attaque et met l’iode enliberté. L’acide chlorhydrique le décompose au-dessous de son point de fusion.
Le fer et mieux le zinc le décomposent en iodure correspondant et plomb métallique.
Analyse. Calculé.
Pb ..... 44,9
L’iodure de plomb absorbe le gaz ammoniac (un équivalent d’iodure absorbe environ deux équivalents de gaz ammoniac), et il se produit une matière blanche perdant à l’air tout le gaz qu’il renferme. Ce produit reste blanc sous l’eau, mais il se forme de l’iodure d’ammonium soluble et il reste de l’oxyde de plomb mélangé d’un peu d’iodure.
L’iodure de plomb blanchit aussi dans une solution d’ammoniaque. Le produit formé peut se sécher à l’air, mais il se décompose sous l’influence de la chaleur en iodure de plomb et en gaz ammoniac qui se dégage.
Le plomb est attaqué lentement par l’acide iodhydrique à froid en présence de l’air. L’attaque à chaud a lieu énergiquement et il y a production d’iodure de plomb.
Trouve (Brandes) (Donot).
PLOMB ET SES COMPOSÉS
L’acide iodhydrique réagit sur l’iodure de plomb formé. La solubilité de l’iodure de plomb dans des solutions d’acide iodhydrique est plus grande à chaud qu’à froid. La solubilité de l’iodure de plomb dans l’acide iodhydrique augmente d’abord avec la richesse de la solution en acide iodhydrique, puis diminue. Avec une solution concentrée d’acide iodhydrique il se produit, d’après Berthelot, le corps :
2 Pbl,Hl,10 HO.
PERIODURE DE PLOMB (?).
Faraday a constaté qu’en électrolvsant de l’iodure de plomb on obtient au pôle positif de l’iode; mais au pôle négatif il semble se former un iodure supérieur au protoiodure et qui chauffé laisse dégager de l’iode.
Quand on ajoute de l’acétate de plomb à une solution d’iode dans l’iodure de potassium, il se produit au lieu d’iodure jaune un précipité brun qu’on a pris pour une combinaison du plomb avec plus d’un équivalent d’iode. Mais ce précipité pourrait plutôt être un mélange de peroxyde et d’iodure de plomb.
CHLOROIODÜRE DE PLOMB.
Domeyko {Ann. Min. [6], t. V, p. 453) a trouvé comme enduit jaune sur de la galène à Atacama un corps répondant sensiblement à la formule :
Pbi‘,2PbCl,5PbO
Trouvé. Calculé.
Iodure de plomb. .. 21 ,t 21,62
Chlorure de plomb. 25,7 26,08
Oxyde de plomb ... 35,2 52,30
CHLOROIODÜRE DE PLOMB.
1“ 2PbCl,PbI.
Poggiale ( Journ. prakt. Ch., t. XXXV, p. 329) a obtenu ce corps sous forme d’aiguilles jaunes, en faisant refroidir une solution bouillante d’iodure de plomb dans du chlorhydrate d’ammoniaque. Ce corps se produit encore en mélangeant des solutions d’iodure de potassium et de chlorure de plomb.
2° PbCl, PLI.
Labouré {Journ. de pharm. [3], t. IV, p. 328) obtient ce corps en dissolvant l’iodure de plomb dans de l’acide chlorhydrique, à l’ébullition, et laissant
refroidir la solution de couleur rouge jaunâtre ainsi obtenue. Il se produit des prismes jaunes, décomposables par l'eau, mais que l’on peut faire sécher sur des substances poreuses, en présence de potasse caustique.
D’après Dietzell, ces cristaux renfermeraient plus d’iode que ne l’indiquerait la formule.
Par l’action des chlorures métalliques sur l’iodure de plomb, on obtient un certain nombre de substances renfermant du chlorure et de l’iode, plus ou moins complexes, et qui paraissent différer de composition suivant les conditions dans lesquelles on les obtient. Tantôt le chlore, tantôt l’iode est en exeès. L’eau semble les décomposer finalement en iodure de plomb.