‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 13e cahierChapitre 51 sur 93 · SULFURE DOUBLE DE PLOMB ET DE BARYUM · texte numérisé non relu

SULFURE DOUBLE DE PLOMB ET DE BARYUM

La fusion du sulfure de plomb et du sulfure de baryum a lieu soit dans le rapport de poids égaux ou de poids moléculaires égaux. Mais la majeure partie du sulfure de plomb est volatilisée et il reste une matière d’où l'eau enlève le sulfure de baryum qui y est renfermé.

polysulfures de plomb, PbS 5 (?) (Berzelius).

Les polysulfures de plomb obtenus par double décomposition ne semblent pas présenter de stabilité. Ainsi, en additionnant à des sels de plomb une dissolution de pentasulfure de potassium, Berzelius a vu se produire un précipité rouge brunâtre qui s’est rapidement transformé en un mélange de soufre et de sulfure de plomb ordinaire.

CHLOROSULFBRE DE PLOMB.

Quand on fait passer de l’hydrogène sulfuré dans des dissolutions de sels de plomb renfermant de l’acide chlorhydrique, il se produit souvent un précipité rougeâtre que l’on est tenté de prendre pour du sulfure d’antimoine. Cependant â la longue et surtout après dilution de la liqueur ce précipité ne tarde pas à devenir noir et à prendre tous les caractères du sulfure de plomb.

Rei nsch (Journ. praJct. Chem. ,t. XIII, p. 130), en faisant passer de l’hydrogène sulfuré à travers une dissolution d’acétate de plomb à 1/2 pour 100 renfermant en outre 10 parties d’acide chlorhydrique, a obtenu un beau précipité cramoisi de chlorosulfure de plomb.

En employant uft mélange d’acétate de plomb (112 d’eau et 1 d’acétate) et d’eau régale préparée depuis quelque temps, par conséquent chargée de vapeurs nitreuses (14 parties), l’hydrogène sulfuré lui donna au bout de quelque temps un précipité jaune rougeâtre qui se transforma en grains rouge cinabre. En recueillant ce précipité grenu et le faisant bouillir avec de l’eau, on le décompose en lui enlevant du chlorure de plomb ; il reste une matière floconneuse brun rougeâtre que l’eau n’attaque plus. Mais ce précipité chauffé dans un tube de verre abandonne du soufre, de l’hydrogène sulfuré et il reste une matière fondue de couleur brune. D’après cela, les vapeurs nitreuses auraient donné avec l’hydrogène sulfuré du soufre et le précipité rouge serait une combinaison de chlorure de plomb et de polysulfures.

Un excès d’hydrogène sulfuré additionné à la liqueur précédente transforme le précipité rouge précédent en un produit rouge plus foncé qui finit par brunir, puis devient noir.

Hunefeld (Journ. prakt. Chem., t. VII, p. 27) considère le précipité rouge formé par l’hydrogène sulfuré avec les sels de plomb en présence de l’acide chlorhydrique comme ayant sensiblement la formule :

3PbS,2PbCI.

Ce corps est transformé en sulfure de plomb soit par l’hydrogène sulfuré en excès, soit par l’eau bouillante, qui dissout du chlorure de plomb, soit par les alcalis, qui enlèvent le chlore au précipité.

SULFOCARBONATE DE PLOMB.

Les sulfocarbonates de chaux ou d’ammoniaque réagissent sur les sels de plomb et donnent un précipité de couleur variable suivant les conditions de l’expérience. Le corps obtenu ne paraît pas avoir une stabilité très grande. Il se décompose sous les influences les plus diverses et principalement sous l’action de la chaleur en sulfure de plomb et en sulfure de carbone.

PLOMB ET SES COMPOSÉS

SÉLÉNIURES DE PLOMB.

On trouve dans la nature le sélénium combiné soit seul avec le plomb, soit associé avec le plomb et d’autres métaux.

H. Rose {Ann. de chim. et de phys. [2], t. XXIX, p. 11) a trouvé le séléniure de plomb pur parmi les séléniures du Harz oriental. Ce composé a le même aspect que la galène. Il se trouve cependant plus souvent associé avec le séléniure d’argent, de mercure ou de cuivre.

Le séléniure de plomb naturel est désigné sous le nom de Clausthalite ou Selenllei. Il se présente sous la forme de cubes opaques, gris de plomb, ayant l’aspect métallique. Sa densité varie entre 8,2 et 8,8.

Sur le charbon il répand des fumées, donne une forte odeur de raifort et colore la flamme en bleu. Il se produit en même temps un enduit gris, rouge et puis jaune.

On le trouve en masses compactes à Tilkerode et à Clausthal .dais le Harz.

On trouve aussi dans le Harz un séléniure de plomb et de cuivre d -signé sous le nom de Zorgite; un séléniure de plomb et de cuivre appelé Lehrbacliite et un séléniure de plomb et d’argent appelé Cachentaïte.

SÉLÉNIURE DE PLOMB, PbSe.

Le sélénium et le plomb se combinent à une température supérieure au point de fusion du plomb. A l’état liquide, les deux corps se mélangent en toutes proportions ; vers lerouge sombrele mélangedécrépitebrusquement, le séléniure et le plomb s’unissent alors dans le rapport de leurs équivalents et le séléniure se solidifie instantanément. Porté au rouge vif dans un courant d’hvdrogène, le séléniure de plomb amorphe se volatilise et se dépose à l’état cristallisé sur les parties froides du tube où se produit la réaction.

Le séléniure ainsi obtenu est gris de plomb, légèrement bleuâtre; il possède un vif éclat métallique.

Analyse. Calculé. Trouvé (Margottet).

Pb. 72,12 71,65

Se. 27,88 27,52

La forme dominante est celle du cube. Les cristaux sont clivables suivant trois directions rectangulaires. Par suite de l’extension des faces d’une zone, les cristaux se présentent souvent sous la forme de longs prismes rectangulaires.

TELLURURE DE PLOMB.

Ce corps se trouve dans la nature à l’état de masses dures, clivables suivant les faces du cube, de densité égale à 8.159, de dureté comprise entre 3 et 3,5,

friables en poudre fine et de couleur gris jaunâtre. L’acide azotique l’attaque à froid; à chaud, cet acide l’attaque rapidement. Chauffé au chalumeau, il brûle extérieurement avec une flamme bleuâtre, tandis que la partie centrale se met en boule incandescente dont la grosseur diminue. Chauffé au tube ouvert, il fond : le tellure s’oxyde et l’acide tellureux se sublime dans les parties froides.

Analyse d'échantillons naturels.

Échantillon de l'Altaï Échantillon de la Californie (G. Rose). (Genth).

Pb. 60,35 60,71

Te. 38,37 38,31

Ag. 1,28 1,17

Cu. » 0,26

Ce corps peut être reproduit artificiellement. On l’avait obtenu amorphe par fusion du plomb et du tellure. Margottet {Ann. de l'École Norm., 1878) a. reproduit ce corps à l’état cristallisé. Il a constaté que quand on chauffe ensemble du tellure et du plomb à l’abri de l’air, il se produit un mélange fondu intime qui, vers 500 degrés, produit une décrépitation brusque et la masse se solidifie instantanément. Cette combinaison est fusible au-dessus du rouge et volatile au rouge vif. Quand on chauffe ce corps au rouge vif dans un courant de gaz inerte, il se sublime et se dépose à l’état cristallisé dans les portions froides de l’appareil (tube de porcelaine). Les cristaux produits ont une couleur blanche légèrement jaunâtre et un vif éclat métallique. Ce sont des cubes volumineux ayant quelquefois 5 millimètres de côté, groupés de façon à présenter l’aspect des cristallisations du bismuth. Ils sont dépourvus de toute espèce de modifications sur les angles et se clivent dans trois directions rectangulaires.

Analyse. Calculé. Trouvé (Margotlct). . J;

Pb. 61,60 61,37

Te. 38,40 37,94

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