PROPRIÉTÉS CHIMIQUES DU PLOMB
Le plomb s’altère rapidement à l’air ; il devient terne et il se recouvre d’une couche grisâtre qui paraît être formée de sous-oxyde de plomb ; mais cette formation s’arrête rapidement. Chauffé au contact de l’air, il se transforme d’abord en protoxyde de plomb, qui à son tour peut se suroxyder et donner du minium.
Presque tous les métalloïdes attaquent facilement le plomb avec production de chaleur.
L’eau distillée, bien privée d’air, n’attaque pas le plomb ; mais, si celte eau est aérée, l’oxygène et l’acide carbonique intervenant, il se forme une couche d’hydrocarbonate de plomb. Il est reconnu aussi que les eaux pluviales produis
sent une corrosion assez sensible du plomb. Les toitures, même épaisses en plomb, finissent par être percées. On attribue cette attaque du plomb, par les eaux de pluie, à la présence des composés azotés renfermés dans les eaux de pluie. Les produits ammoniacaux semblent, en présence du plomb, se transformer en produits nitreux et nitriques ; ces derniers produits agissent pour leur compte propre. Quant aux composés azotés organiques proprement dits, ils seraient transformés en ammoniaque, puis en produits nitreux et nitriques. Le ' plomb, d’après les expériences de Schœnbein, donne, en présence de l’eau et de l’air, de l’eau oxygénée qui pourrait être le déterminant de l’action corrosive des eaux de pluie.
Les eaux de pluie déterminent-elles des composés insolubles seulement ou aussi des composés solubles? On n’est pas d’accord sur ce point ; il paraît cependant avéré que des eaux de pluie conservées dans des récipients en plomb, peuvent, même après filtration, produire les effets toxiques des sels de plomb.
Les eaux de rivière, qui contiennent toujours des carbonates, des bicarbonates et des sulfates, attaquent les tuyaux en plomb dans lesquels elles circulent. Mais la couche de carbonate, d’hydrocarbonate et de sulfate de plomb qui se produit, est très adhérente, très compacte et elle arrive à protéger les parties internes des canalisations. Il paraît actuellement démontré que l’usage des conduites en plomb pour les eaux de source et de rivière est absolument inoffensif.
La vapeur d’eau est décomposée par le plomb à la température du rouge : il se forme de l’oxyde de plomb.
Les acides, en général, n’attaquent pas le plomb à la température ordinaire, eu l’absence de l’air. Mais, en présence de l’oxygène de l’air, l’attaque du plomb est assez rapide, même pour les acides faibles.
L’acide azotique cependant attaque le plomb rapidement, même aux températures basses, avec dégagement de bioxyde d’azote.
La résistance du plomb aux acides explique l’emploi de ce métal dans la préparation de ces corps. L’acide sulfurique est manié dans des appareils en plomb jusqu’à un degré de concentration assez avancé. L’addition au plomb de petites quantités de cuivre (0,3 à 0,5 pour 100) augmente la résistance du plomb à l’action de l’acide sulfurique. La présence de l’antimoine au contraire facilite cette action de l’acide sulfurique. Il en est de même pour le bismuth.
C’est dans des cornues de plomb qu’on prépare l’acide fluorhydrique du commerce.
Le plomb s’allie avec la plupart des métaux et un certain nombre de ces alliages présentent des applications industrielles importantes.
Mallard.(BwiL Soc. chirn., t. XXII, p. 114) a vérifié ce fait que l’acide sulfurique attaque le plomb à une température variant avec le degré de concentration de l’acide. Ainsi, 1° les acides inférieurs à 61 degrés Baumé, chauffés avec des baguettes de plomb, se concentrent peu à peu par l’ébullition jusqu’à ce qu’ils aient atteintlepointd’ébullition de l’acide à 61 degrés Baumé (205degrés) ; ils attaquent alors le plomb ennedonnant que de l’acide sulfureux et du sulfate de plomb ; 2° les acides de concentration comprise entre 61 degrés et 65°,5 Baumé se concentrent par l’ébullition jusqu’à la température de 320 degrés,
PLOMB ET SES COMPOSÉS
point d’ébullition de l’acide à 65°,5 Baumé ; ils attaquent alors le plomb avecproduction d’acide sulfureux, de sulfate de plomb et d’un peu de soufre; 3° l’acide à 65°,5 Baumé attaque le plomb à 250 degrés en donnant encore de l’acide sulfureux, du sulfate de plomb et un peu de soufre. Le plomb sur lequel a opéré Mallard contenait :
Plomb. 99,62 pour 100.
Antimoine. 0,14 —
Fer. 0,03 —
Autres substances. 0,21 —
Kessler, de Clermont, est arrivé à concentrer l’acide sulfurique jusqu’à 66 degrés dans des alambics en platine dont le chapiteau est en plomb. Ce chapiteau est refroidi par de l’eau et condense les petites eaux.
Récemment il est arrivé à concentrer l’acide sulfurique à 66 degrés au moyen d’air ou de vapeur surchauffés, dans des alambics en plomb de formes diverses. L’air surchauffé se sature de vapeurs acides peu riches en acide sulfurique et l’acide se concentre. (Inédit.)
Tableau des quantités de chaleur dégagées par la formation des principaux composés du plomb (Extrait des Tables de M. Berthelot: Thermochimie; Ann. du Bureau des longitudes).
1° Composés binaires.
Calories.
Fluorure.
Chlorure ...
Oxychlorure Bromure. ..
Oxybromure.
Iodure.
Iodhydrated’iodure.
Oxydes.
Sulfure...
Séléniure..
Telliurure
Pb,HO précipité -j- 1IFI dissous
= PbFl précipité
Id. HF1 gazeux
=■ Id. précipité
+ 2HO solide
Tb + Cl
—'PbCl dissous
Id. solide
PbO + PbCl
= Pb 2 0CI solide
Pb + Br gazeux
= PbBr dissous
Id. solide
Pb + Br liquide
= PbBr dissous
Id. solide
PbO + PbBr
= Pb s OBr solide
Pb +1 gazeux
= Pbl solide
Pb +1 solide
:: Id.