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IODURE DOUBLE DE CUIVRE ET DE MERCURE

Ce composé a pour formule GuM,HgI. On l’obtient en traitant une dissolution de sulfate de fer saturée d’acide sulfureux par une dissolution d’iodure mercurique dans l’iodure de potassium. On obtient ainsi un précipité de couleur

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rouge-vermillon. La chaleur le brunit, mais il reprend sa nuance par refroidissement (Meusel, Deustsch. Ges. Ber., III, 123; Caventou et Villm.,BM/L Soc chim. [2], XIII, 194 et 220).

lODURE DOUBLE D’ARGENT ET DE MERCURE.

C’est un précipité brun rouge, obtenu par l’action de l’iodomercurate de potasse sur un sel d’argent. Meusel le considère comme un mélange d’iodure mercurique et d’iodure d’argent.

OÏYIODURE DE MERCURE.

On obtient un oxyiodure ayant pour composition 3 HgO,HgI en traitant de l’iodure mercurique par une lessive de potasse tiède; c’est alors une poudre d’un brun jaunâtre. On l’obtient encore en fondant ensemble trois équivalents d’oxyde mercurique avec un équivalent d’iodure mercurique. Ce composé absorbe vers 120 degrés le gaz ammoniac en donnant un produit ammonié :

AzH*Hg,HgI,2HgO

(Rammelsberg, Pogg., XLVIII, 182).

SÜLFOIODÜRE DE MERCURE.

L’hydrogène sulfuré, en quantité suffisante pour décomposer tout l’iodure mercurique, transforme ce corps en un composé mixte ayant pour formule HgS,HgI. C’est une poudre jaune, très légère, assez facilement décomposable par la chaleur, qui la dédouble en iodure et en sulfure mercuriques. Une solution chlorhydrique d’oxyiodure de mercure, traitée par une petite quantité d’acide suifhydrique, donne aussi un précipité de sulfoiodure (Rammelsberg, Pogg., XLVIII, 175). >

CHLOROIODÜRE MERCURIQUE.

L’iodure mercurique se dissout dans les solutions bouillantes de bichlorure de mercure, et l’on obtient, par refroidissement, des lamelles blanches dont la composition répond à la formule Hgl,2 HgCl. Avec diverses proportions d’iodure et de chlorure, on a obtenu des cristaux contenant des rapports variables et peu simples de ces deux corps.

FLUORURES DE MERCURE.

Le mercure forme avec le fluor deux composés ; le fluorure mercureux Hg-Fl, et le fluorure mercurique HgFl.

FLUORURE MERCUREUX.

Berzelius a préparé ce composé par l’action du fluorure de sodium sur le fluorure mercurique ; obtenu de cette façon, c’est un sublimé contenant une certaine quantité de calomel. Il vaut mieux, d’après Finkener {Pogg. Am., ex, 142), traiter le fluorure d’argent par du sous-chlorure de mercure récemment précipité; peu à peu, l’argent est entièrement précipité à l’état de chlorure et la liqueur filtrée abandonne par cristallisation le fluorure mercureux. On peut aussi traiter directement le carbonate de protoxyde de mercure par l’acide fluorhydrique; en présence d’un excès de cet acide, le fluorure cristallise moins nettement. C’est un corps jaunâtre; pour le recueillir, on le presse entre des papiers, et on le sèche dans le vide, en présence de l’acide sulfurique et de la potasse. Il parait cristalliser dans le système cubique, il est soluble dans l’acide azotique étendu.

Le fluorure mercureux se dissout dans l’eau, en se dissociant partiellement, en oxyde de mercure et en acide fluorhydrique. La chaleur le décompose vers 260 degrés. A l’air humide il noircit, surtout sous l'influence de la lumière. L’action de l’ammoniaque donne un précipité, d’abord noir, puis gris, contenant du mercure métallique ; le liquide filtré dépose au bout de quelque temps une matière blanchâtre, contenant du fluor, du mercure et de l’ammoniaque. Le précipité noir, traité par l’acide azotique, donne un dégagement de bioxyde d’azote avec formation d’azotate de mercure. Le fluorure de mercure sec absorbe lentement le gaz ammoniac en brunissant ; il se forme dans ces circonstances du fluorure de mercurammonium.

Au contact du mercure, le fluorure mercurique ne donne pas de fluorure mercureux. On ne peut pas non plus retenir ce corps en précipitant l’azotate mercureux par l’acide fluorhydrique.

FLUORURE MERCURIQUE (1).

Quand on traite le bioxyde de mercure par l’acide fluorhydrique, on obtient tout d’abord une poudre d’un jaune orangé, qui est un oxyfluorure; en prolongeant l’action et en employant un excès d’acide fluorhydrique assez concentre (50 pour 100 d’acide anhydre), on obtient des cristaux blancs ayant pour formule HgFl,2HO. Ce sel se décompose sous l’influence de la lumière en déga-

(1) Fremy, Ann. de chim. et de phys. [3], XLyil, 38.

géant de l’acide fluorhydriqne, et donnant un oxyfluorure ; il éprouve la même décomposition en présence de l’eau ; il n’est stable qu’en présence de l’acide fluorhydrique en excès. Il ne perd pas son eau au-dessous de 130 degrés; on ne peut d’ailleurs le déshydrater à une température plus élevée, parce qu’il se transforme en même temps en oxyfluorure. Il résulte de là que l’on ne peut employer, pour la préparation du fluor, comme M. Louyèt l’avait proposé, l’action du chlore sec sur le fluorure de mercure. L’ammoniaque précipite les ■solutions de fluorure mercurique en donnant un oxyfluorure ammoniacal 2AzH='Hg®OFl.

OXYFLUORURE MERCURIQUE.

Quand on traite de l’oxyde mercurique récemment précipité par de l’acide fluorhydrique, l’oxyde se dissout facilement avec élévation de température, puis il se transforme en une poudre cristalline jaune, qui a pour composition HgO,HgFl,HO. L’eau décompose ce corps à froid en oxyde et acide fluorhydrique. La chaleur le décompose facilement.

SULFOFLUORURE MERCURIQUE.

On l’obtient en faisant passer un courant d’acide sulfhydrique dans une dissolution fluorhydrique de fluorure mercurique, en ayant soin de ne pas convertir tout le fluorure en sulfure. C’est un précipité blanc que l’on peut sécber ■à une température peu élevée sans le décomposer. L’eau bouillante le dédouble en fluorure et sulfure de mercure ; il se produit simultanément une petite quantité d’oxyfluorure mercurique. Sa composition répond à la formule

2HgS,HgFI.

(Rose, Pogg., XIII, 66).

AZOTURE DE MERCURE, AzHg®.

Ce composé a été surtout étudié par Plantamour (N. Bibl. univers., XXXII, 339 et Ann. pharm., XL, 115) et par Hiizel (Einwirk. d. Quecksilberoxydes ciuf Ammoniak u. s. w., Leipzig, 1852,1, et J. B., 1852, 419).

Pour l’obtenir, Plantamour fait passer un courant de gaz ammoniac parfaitement sec sur de l’oxvde de mercure, précipité et maintenu froid ; Hirzel trouve plus avantageux de le chauffer entre 40 ou 50 degrés; ces deux chimistes recommandent d’ailleurs d’élever la température vers la fin de l’opération jusqu’à 150 degrés (Plantamour), jusqu’à 100 degrés au plus, d’après Hirzel.

Le courant de gaz ammoniac doit être prolongé jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de dégagement de vapeur d’eau, et on laisse refroidir le composé obtenu dans le courant d’ammoniac. On doit ensuite renfermer rapidement la matière dans pn flacon bien bouché, parce que l’humidité de l’air la décomposerait,

Dans cette préparation, on n’évite jamais la présence du mercure métallique dans le produit obtenu ; il s’y trouve sous forme de petites gouttelettes extrêmement fines, qui donnent à ce composé un aspect-grisâtre. Pour le purifier, on le traite par l’acide azotique étendu, qui ne dissout que le mercure libre. Hirzel cependant paraît ne pas avoir obtenu de mercure libre. Cela tiendrait, d’après Weyl, à ce que Hirzel ne chauffe qu’à 100 degrés ; dans ces conditions, on obtiendrait, non pas de l’azoture de mercure, mais de l’oxyde de mercuraramonium. Cela résulterait de ce fait que le composé décrit par Herzel jouit despropriétés de l’oxyde de mercurammonium; ensuite, si l’on chauffe à 125 degrés ce composé, on obtient un dégagement de vapeur d’eau (ce qui indique que le composé d’Hirzel contenait de l’oxygène) et il contient alors, comme le composé de Plantaraour, du mercure en petits globules.

L’azoture de mercure est une poudre de couleur puce, poreuse, que la lumière décompose lentement. Il se décompose à la façon de l’iodure d’azote en brisant les verres et les soucoupes où on le place; il paraît cependant un peu plus stable que celui-ci. Il détone sous le choc du marteau en donnant une lumière blanche bordée de violet; il détone avec une violence extrême lorsqu’on le projette sur des charbons ardents.

Ce corps n’est pas stable en présence de l’eau et même de l’humidité contenue dans l’air; il se transforme alors peu à peu en un corps blanc qui n’est plus explosible.

L’acide carbonique, absolument sec, est sans action ; humide, il transforme ce composé en une poudre blanche. La potasse en solution concentrée décompose l’azoture de mercure, surtout à chaud ; il se produit tout d’abord une poudre jaune; mais, si l’on prolonge l’ébullition, on peut obtenir tout l’azote sous forme d’ammoniaque.

L’ammoniaque paraît agir de même.

L’action du carbonate d’ammoniaque est beaucoup plus rapide ; l’azoture de mercure se trouve rapidement transformé en une poudre d’abord jaune, puis blanche avec un dégagement de chaleur sensible.

L’acide sulfurique concentré décompose ce corps avec une violente explosion.

L'acide sulfurique étendu le décompose à chaud en donnant un sulfate ammoniacal et un sel basique. L’acide azotique concentré agit d’une façon analogue. L’acide chlorhydrique donne du sel ammoniac> du calomel etdubichlorure de mercure.

Sa composition répond à la formule AzHgL

On peut obtenir par l’action, non plus de l’ammoniaque, mais des sels ammoniacaux, sur l’oxyde de mercure, un certain nombre de composés, qui peuvent être considérés, soit comme des combinaisons d’azoture de mercure avec des sels mercuriques, soit comme des sels de mercurammonium ; c’est sous ce dernier point de vue que nous les envisagerons.

MERCURE

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