PHOSPHORE DE MERCURE
Le phosphore en vapeur transforme le sous-chlorure de mercure en phosphure; cette réaction, indiquée par Davy, peut servir à préparer ce phosphure.
On peut aussi, d’après Thomson, faire passer un courant, de phosphure d’hydrogène dans une solution d’azotate mercureux. L’action du phosphore, en présence de l’eau sur l’oxyde de mercure, donne à la fois du phosphure et du phosphate ; ce n’est pas un bon procédé. Rose recommande pour la préparation de ce corps l’emploi d’un courant de phosphure d’hydrogène sur du calomel sec et légèrement chauffé ; dans ces conditions, le phosphure formé se sublime.
C’est un corps d’une teinte généralement foncée, mais sur laquelle les divers auteurs ne sont pas très d’accord, probablement parce qu’ils ont eu affaire à des composés différents. Il est brun, d’après Davy, brun d’après Thomson, d’un jaune orangé d’après Rose. Il se décompose en ses éléments, quand on le chauffe. Même à la température ordinaire, il s’oxyde lentement à l’air.
Ce composé présente la propriété correspondante de celle du composé azoté ; comme lui, il peut s’unir aux chlorures, bromures et iodures de mercure pour former des combinaisons analogues, que l’on peut envisager comme des combinaisons phosphorées.
ARSÉNIURE DE MERCURE.
On a peu de données précises sur ce corps. D’après Drauty (/. Chem, med., XII, 650), lorsqu’on chauffe un mélange d’acide arsénieux et d’oxyde de mercure, avec du charbon, il se forme un amalgame qui se sublime ; le produit ainsi volatilisé ne serait qu’un mélange et non une combinaison, d’après Lassaigne. Rerymaur chauffe, pour obtenir l’arséniure de mercure, l’arsenic et le mercure ensemble.
Il se forme, d’après lui, une combinaison de 5 parties de mercure pour 1 d’arsenic.
D’après Bœttger, si l’on traite l’acide arsénieux par l’amalgame de sodium, la masse s’échauffe et il se dépose une poudre noire, qui est de l’arsenic et non de l’arséniure de mercure.
L’existence de ce corps n’est donc pas établie ; on connaît beaucoup mieux les combinaisons de ce corps avec les sels haloïdes de mercure.
ARSÉNIOCHLORURES DE MERCUEE.
On en connaît trois dont les compositions sont représentées par les formules
Hg3As,3HgCl,
Hg*As,2HgC),
HgAs.HgCl.
Arséniochlorure Hg®As, 3 HgCl. — L’hydrogène arsénié donne un précipité d'un brun jaunâtre avec les solutions de bichlorure de mercure. 11 est assez altérable et se décompose à la longue en présence de l’eau en mercure, acide arsénieux et acide chlorhydrique. En présence d’une petite quantité de bichlorure de mercure, il est plus stable.
Arséniochlorure, Hg®As,2HgCl. — On l’obtient en chauffant au bain-marie 3 parties de bichlorure de mercure et 1 partie d’arsenic. C’est une masse d’un jaune brun, composée de grandes lamelles rouges et de cristaux dendritiques bruns. Les lamelles constituent l’arséniochlorure Hg®As,2HgGl. Les autres cristaux sont composés de l’arséniochlorure suivant. L’eau le décompose, surtout à chaud, en mercure, arsenic, acides chlorhydrique et arsénieux. Rerzelius l’a aussi obtenu, en distillant un mélange d’arsenic et de calomel. Le produit ainsi obtenu était moins pur.
Arséniochlorure HgAs,HgCl. — Ce sont les cristaux dendritiques obtenus en même temps que le composé précédent; ils sont jaunes. L’eau les décompose en mercure, arsenic et trichlorure d’arsenic.
CHLOROPHOSPHURE DE MERCURE.
Lorsque l’on fait passer un courant d’hydrogène phosphoré à travers une solution de bichlorure de mercure, ce gaz est absorbé ; il se forme en même temps un précipité noir qui devient jaune après quelque temps. Si l’on a eu soin d’éviter un excès de phosphore d’hydrogène et la présence de l’air, il ne se forme ni acide phosphoreux, ni acide phosphorique. Le précipité est lavé rapidement à l’eau froide, puis séché dans le vide. C’est une poudre jaune dont la composition répond à la formule PhHg®,3 HgCl,3 HO. La chaleur la décompose en dégageant de l’acide chlorhydrique, parfois de l’hydrogène et du phosphore d’hydrogène. L’eau chaude le décompose en mercure et acides chlorhydrique et phosphoreux.
BROMOPHOSPHDRE MERCURIQUE.
C’est un composé analogue au précédent, mais d’un jaune plus foncé.
MERCÜRE.