BRONZE PHOSPHORÉ
MM. Ruolz et de Fontenay, après avoir constaté que de petites quantités de phosphore facilitaient la fusion des métaux et des alliages, ont songé tout d’abord à se servir du cuivre comme véhicule du phosphore, ce métal entrant dans la composition de presque tous les alliages industriels.
Comme agent de phosphuration, ils emploient la pâte à phosphore (phosphate acide sirupeux, mélangé avec 1 cinquième de son poids de charbon, et chauffé jusqu’au rouge sombre), qu’ils chargent dans des creusets de plombagine, avec des tournures de cuivre et du charbon de bois. On chauffe graduellement jusqu’à la température de la fusion pâteuse du cuivre, pendant seize heures. Après refroidissement, on trouve le phosphure de cuivre disséminé au milieu de la masse charbonneuse.
On refond cette grenaille en creusets ouverts, à latempérature du rouge-cerise, et on la coule en lingots. Le phosphure de cuivre ainsi obtenu contient en moyenne 9 pour 100 de phosphore. Il est cassant, sa couleur est gris d’acier, et il est susceptible de prendre un beau poli. Sa densité est 7,764.
Le phosphore, ayant une affinité très grande pour les mélaux, rend l’alliage beaucoup plus fusible et plus homogène. Son emploi permet en outre de substituer le zinc pour une forte proportion à l’étain, dans les alliages qui doivent présenter une grande ténacité, ou une dureté considérable (bronzes pour tiges de pistons, bielles, coussinets d’essieux, tiroirs de distribution des locomotives, etc.).
Le bronze phosphoré est plus sonore et susceptible d’un plus beau poli que le bronze ordinaire. Il y a donc avantage à s’en servir pour les cloches et les miroirs de télescopes.
La quantité de phosphore qu’on introduit d’ordinaire dans les alliages, varie de I à millièmes. On en règle le dosage de façon à obtenir le degré voulu de fusibilité, de dureté et d’homogénéité.
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