CUIVRE ET ÉTAIN
La fabrication du bronze sera traitée au chapitre de ia Métallurgie. Nous n’étudierons ici que ses propriétés, en résumant un important mémoire publié par M. Riche.
Les alliages de cuivre et d’étain préparés en proportions atomiques, éprouvent une liquation sensible, sauf ceux dont la composition correspond aux formules SnCu® et SnCu*.
Cette liquation, faible à partir de l’alliage SnCu®, augmente dans les alliages qui s’en éloignent par leur composition ; elle est plus considérable dans les alliages très riches en étain.
L’alliage SnCu® est caractérisé par des propriétés spéciales. Il est bleuâtre; on peut le pulvériser dans un mortier. Il n’éprouve pas de liquation sensible. C’est, de tous les alliages de cuivre et d’étain, celui dans lequel la contraction est à son maximum. Sa densité atteint 8,96. Sa fusibilité est comprise entre celle de l’argent et celle de l’antimoine.
Les bronzes riches en étain (18 à 22 pour 100) augmentent de densité par la trempe, et le recuit diminue la densité du bronze trempé, mais dans une proportion moindre. Il en résulte que la densité du métal s’accroît considérablement par l’action alternative de ta trempe ou du recuit et celle du balancier. Ce phénomène est l’inverse de celui qu’on observe avec l’acier, et confirme les expériences de Darcet, qui avait établi que la trempe adoucit les bronzes riches en étain.
li ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
On sait qu’à la suite des recherches publiées par ce savant, on avait essayé en France de fabriquer les tamtams et les cymbales avec un alliage composé de ;
Cuivre. 80,5
Étain.. 19,5
Mais l’adoucissement par la trempe n’est pas suffisant pour que le travail à froid de ce bronze soit praticable industriellement.
M. Riche a reconnu que ce métal, très dur à froid, pulvérisable au rougecerise, sé forge et se lamine au rouge sombre, aussi facilement que le fer elle bronze d’aluminium. La découverte de ce fait l’a conduit à réaliser, en commun avec M. Champion, la fabrication industrielle des tamtams par la méthode suivie en Chine.
La trempe ne produit qu’un adoucissement insensible sur les bronzes moins riches en étain (12 à 6 pour 100). Le seul effet utile de la trempe est d’en atténuer l’oxydation, et surtout d’en détacher les écailles d’oxyde qui se forment pendant le réchauffage.
Le bronze des canons ne se liquate pas autant qu’on l’admet généralement. C’est vers la culasse que se trouvent les parties les plus riches en étain et en zinc. La partie du canon qui est dans l’axe de la pièce, et qui disparaît par le forage, ne présente pas d’homogénéité. Contrairement à l’opinion admise, les parties centrales sont moins riches en étain que la périphérie. La masselotte n’a pas non plus pour effet d’augmenter la densité de la pièce.
PROPRIÉTÉS CHIMIQUES
L’acide nitrique, d’une densité de 1,25, attaque le bronze plus faiblement que le cuivre. L’acide chlorhydrique, d’une densitéde 1,1, agit plus énergiquement sur le bronze pauvre en cuivre que sur l’étain pur. L’action de l’acide sulfurique concentré sur l’alliage, est moins vive que sur chacun des métaux constituants.