PRODUITS D’ADDITION
Chlorure mercunque ammoniacal, AzH^2HgCl. — Le chlorure mercurique légèrement chauffé absorbe le gaz ammoniac sans changer notablement d’aspect. L’eau le décompose à 100 degrés en donnant le composé AzffHg^CI, qui sera étudié plus loin, et du chlorure double de mercure et d’ammonium (Kaue). Ce composé est assez stable ; on peut le fondresans qu’il laisse dégager du gaz ammoniac. On l’obtient encore en chauffant ensemble un mélange d’oxyde de mercure et de chlorhydrate d’ammoniaque.
Le chlorure mercureux n’absorbe au contraire pas le gaz ammoniac, mais ces corps se combinent en présence de l’eau en donnant le composé AzH®(Hg®)Cl étudié dans un des groupes suivants.
Bromure mercurique ammoniacal, AzH®,2 HgBr. — Ce composé s’obtient comme le précédent dans l’action du gaz ammoniac sur le bromure mercurique légèrement chauffé. L’eau décompose ce produit en donnant une poudre jaune qui dégage de l’ammoniaque lorsqu’on la traite par le sulfure de potassium; elle n’en dégage pas avec la potasse (Rammelsberg, Pogg., LV, 248).
lodure mercurique ammoniacal, AzH®,2HgI. — Une dissolution concentrée d’ammoniaque transforme l’iodure mercurique en un produit blanc, qui se dissout. Par évaporation, il se forme de petites aiguilles blanches répondant à la formule AzH%2HgI. Toutefois, si l’ammoniaque est en excès, il se forme après un certain temps le composé AzHRIgl. D’après Nessler, on obtient encore le premier composé en traitant par l’ammoniaque l’iodomercurate de potasse (Caillot et Courriol, Journ. depharm., IX, 381).
On pourrait encore placer ces trois composés, chlorure, bromure et iodure, dans le groupe AzH®Hg en écrivant ainsi leur formule : AzH®HgCl,HgCl par exemple. L’existence d’un composé de formule analogue AzHg*Cl,HgCl ne nous a pas paru cependant suffisante pour écrire de cette façon la formule de ces corps, aussi leur avons-nous laissé la formule brute AzH®,2 HgCl.
GROUPE AzIIgL
Oxyde AzHg*0. — On l’obtient en chauffant la base de Millon (oxyde à 3 équivalents d’eau) dans un courant de gaz ammoniac vers 100 degrés; entre 80 et 85 degrés elle perd, dans ces conditions, 2 équivalents d’eau, et le dernier vers 100 degrés.
L’oxyde anhydre a été principalement étudié par Weyl (Pogg., CXXXI, 524). 11 existe plusieurs hydrates de cet oxyde étudiés surtout par Millon et Weyl. Lorsqu’on fait passer un courant de gaz ammoniac sec à travers un tube con-
MIÎRCURE. -255
tenant de l’oxyde de mercure, celui-ci l’absorbe en s’échauffant, et, si ou le broie de temps à autre pour continuer l’action de l’ammoniaque, on finit par obtenir un produit qui n’augmente plus de poids; dans ce cas, quatre équivalents d’oxyde de mercure ont absorbé un équivalent de gaz ammoniac. On réussit plus rapidement en employant l’appareil suivant : il consiste en un tube fermé, à deux branches, dont l’une des branches renferme de l’oxyde de mercure, et l’autre du chlorure d’argent saturé de gaz ammoniac; en chauffant cette seconde branche, l’ammoniaque se dégage et est absorbé par l’oxyde de mercure ; à l’ouverture du tube l’excès de gaz se dégage. Enfin, on obtient la même combinaison en agitant de l’oxyde de mercure avec une solution alcoolique de gaz ammoniac.
Cette combinaison a la couleur de l’oxyde de mercure, elle s’altère à la lumière en mettant un peu de mercure métallique en liberté. Elle absorbe l’acide carbonique de l’air et perd de l’ammoniaque. Traitée par l’eau ou l’acide sulfurique étendu, elle abandonne de l’ammoniaque et se transforme en un corps blanc insoluble. Les acides chlorhydrique et azotique la dissolvent à chaud en donnant les sels mercuriques et ammoniacaux correspondants. Chauffée fortement, elle détone. D’après Weyl, sa composition est AzHg*0,3H0.
Chauffé dans un courant de gaz ammoniac sec, à 80 degrés, ce produit perd deux molécules d’eau et laisse le monohydrate brun clair qui perd le reste de son eau à 100 degrés en devenant brun foncé. Si Ton fait agir alors le gaz ammoniac trop longtemps, il se forme un corps très explosible, qui se dissout dans llCl en laissant un résidu de chlorure mercureux.
L’oxyde de tétramercurammonium anhydre détone par la chaleur ou le choc. Arrosé d’eau, il devient plus clair et cède de l’ammoniaque. On peut déshydrater la combinaison primitive en la soumettant, à la température ordinaire, à l’action de l’ammoniaque à une pression telle que l'ammoniaque se liquéfie; ici encore la couleur jaune de l’hydrate devient brun foncé, et sa composition, après que l’ammoniaque en excès a été chassée par un courant d’air, est encore :
AzHg‘0.
Cet oxyde peut former des sels, quoiqu’on ne puisse pas obtenir ceux-ci directement. L’ammoniaque agit sur le chlorure mercurique, et.si l’on opère dans l’appareil ci-dessus de manière que le chlorure soit baigné dans de l’ammoniaque liquéfiée, il s’y dissout, et, lorsqu’on laisse volatiliser l’excès d’ammoniaque, il reste une masse cristalline blanche renfermant un équivalent de mercure pour un équivalent AzH^. L’eau décompose cette substance en dissolvant du chlorure d’ammonium. La potasse, surtout en solution alcoolique, la décompose en mettant en liberté un corps jaune ressemblant beaucoup à l’hydrate de tétramercurammonium. Le composé cristallin blanc paraît, en conséquence, être une combinaison du chlorure de tétramercurammonium avec trois équivalents de chlorure d’ammonium ;
/illgCl -f 4AzlF = AzIIgiCl -f SAzlDCl.
On obtient un composé semblable, mais très instable avec l’iodure raercurique.
On évite la formation simultanée de chlorure ou d’iodure d’ammonium en remplaçant le chlorure ou l’iodurepar l’oxychlorure ou l’oxyiodure. De l’oxychlorure brun, obtenu en chauffant à 100 degrés un mélange de 3 HgOel de H»-Clà 100 degrés, est soumis à l’action du gaz ammoniac. On obtient ainsi un composé aune qui, débarrassé de l’excès d’ammoniac par un courant d’air à 150 degrés, est très stable même en présence de l’eau :
3Hg0,HgCl -f lAzIF = .\zHg<Cl -f 3 AzH*0.
La combinaison iodée AzHg^I, obtenue de même, est d’un brun foncé.
Weyl a également obtenu le cyanure et le bromure de tétramercurammonium. Le cyanure est remarquable par la violence avec laquelle il détone. Indépendamment de ces composés, Weyl a obtenu également, par l’action de l’ammonium sur ro.xychlorure, l’oxyiodure, etc... des combinaisons amidées de mercure, distinctes des sels de tétramercurammonium et appartenant à la série des combinaisons étudiées par Rammelsberg et Ullgren.
L’oxyde anhydre qui vient d’être étudié peut former avec l’eau divers hydrates qui ont été particulièrement étudiés par Millon. Bien que sa façon d’envisager ces hydrates diffère de celle qui est généralement adoptée aujourd’hui, nous reproduisons ici divers passages des mémoires qu’il a consacrés à ce sujetparce qu’on y trouve un essai de classification de certains composés ammoniés du mercure.
« L’oxyde de mercure ammoniacal a été découvert par Fourcroy et Thénard; on 1 obtient en versant de l’ammoniaque liquide sur du bioxyde de mercure. Si l’oxyde mercuriel est sous la modification jaune, la combinaison est immédiate; si 1 on emploie, au contraire, de l’o.xyde rouge, la combinaison n’est complète qu après trois ou quatre jours de contact. Dans tous les cas, l’oxyde devient d un jaune assez foncé. Il n est blanc qu’autant que l’ammoniaque caustique est carbonatée, mais alors l’oxyde ammonio-mercuriel est impur.
» Dès que la combinaison s’est faite, on peut laver, exprimer la substance et la conserver sans altération, pourvu qu’elle soit abritée du contact de l’air; mais si, au lieu de l’exprimer fortement, on la porte immédiatement dans une atmosphère desséchée par 1 acide sulfui ique, le composé jaune ne tarde pas à se foncer en couleur, et il change ainsi jusqu’à ce qu’il soit devenu tout à fait brun. L oxyde s est déshydraté en brunissant, puis il reste fixe dans sa constitution et inaltérable au contact de l’air.
» En chauffant 1 oxyde devenu brun, il fait une nouvelle perte d’eau de -j-100 à -f 130 degrés, sans changer d’aspect ni de couleur.
i> Voici la composition de ces divers oxydes :
O.xyde jaune ammoniacal.
Oxyde brun formé au-dessus de l’acide
sulfurique.
Oxyde brun à -f 130 degrés..
3HgO -h HgAzH2 + HO + 2HO
3HgO + HgAzIF -H HO 3HgO -f Hg.AzH-
» Ce groupement, formé par la réunion de 4 équivalents d’oxyde de mer-
MERCURE
cure, de 1 équivalent d’ammoniaque et de 2 équivalents d’eau, n’est autre chose qu’une base. C’est une base énergique qui balance les affinités les plus fortes, qui déplace l’ammoniaque de ses sels aussi vivement que peuvent le faire la chaux et la baryte. Elle est elle-même déplacée de ses combinaisons par les alcalis caustiques; mais elle résiste ensuite sans rien perdre de ses éléments, quelle que soit l’addition de soude ou de potasse, à moins pourtant que la lessive alcaline ne soit concentrée et maintenue quelque temps à l’ébullition.
» La base brune anhydre, est plus fixe encore; elle demeure intacte en présence de la lessive de potasse la plus concentrée, portée à l’ébullition. La potasse fondue la décompose en azote, mercure métallique et bioxyde de mercure.
» Cette base se combine directement aux acides oxalique et sulfurique, que’ que soit leur degré de concentration ; elle constitue ainsi un o.xalale et un sulfate régulièrement définis ; elle absorbe très rapidement l’acide carbonique tant qu’elle est à l’état d’bydrate, et son carbonate, très stable, est d’une composition constante, qui correspond à celle de l’oxalate et du sulfate ; mais ces acides, faibles ou énergiques, employés même en grand excès, se fixent toujours dans la proportion de 1 équivalent.
*Cet oxyde complexe, formé de 4 équivalents d’oxyde de mercure et de 1 équivalent d’ammoniaque, se combine à un seul équivalent d’acide carbonique, d’acide oxalique ou d’acide sulfurique. La combinaison saline se fait instantanément, et la base hydratée enlève l’acide carbonique à l’atmosphère et au carbonate d’ammoniaque .comme le feraient la chaux et la baryte. Il est même presque impossible d’obtenir la base absolument exempte de carbonate, et cette absorption prompte de l’acide carbonique a fait décrire, dans le principe, l’oxyde de mercure ammoniacal comme une substance blanchâtre, propriété qui n’appartient qu’au carbonate.
» Ôn peut envisager ces diverses combinaisons ammoniées du mercure comme des sels de cette base. Le turbith ammoniacal ne diffère en rien du sel obtenu par la combinaison directe de l’acide sulfurique et de la base ammonio-mercurielle. Soubeiran a décrit un nitrate qui se laisse représenter exactement par un équivalent d’acide nitrique et un équivalent de la même base. Rammelsberg a donné une analyse du bromate ammoniaco-mercuriel qui concorde rigoureusement avec les formules précédentes.
» On trouve enfin parmi les produits ammoniacaux qui dérivent du bichlorure de mercure et du biiodure, des groupements dans lesquels 1 équivalent d oxygène de la base nouvelle est remplacé par 1 équivalent de chlore ou d’iode.
Base hydratée.
Base déshydratée au-dessus de l’acide sulfurique.
Base anhydre à -j- 130 degrés.
Carbonate.
Carbonate à -f 135 degrés.
Oxalate..
Sulfate.
Nitrate de Soubeiran.
encyclop. chim.
3ngO-f HgAzH2-l-HO-p2HO
3HgO-f-HgAzH2-|- ÜO 3HgO-f HgAzH^ C02-f3Hg0,HgAzH2-|- HO CO^ -f 3HgO,HgAzH2 C^O" 4- 3HgO,HgAzH2 SO»-t-3HgO,Hg.4zH2 AzO= -I- 3HgO,HgAzH4HO
258 KNOYCLOPÉDIK CHIMIQUE.
Bromate obtenu par Rammelsberg. Br05,3 Hg,HgAzll'^
Chlorure provenant du lavage du précipité
blanc par l’eau. 2HgO,HgCl,Hg.4zI-P
lodure obtenu par Rammelsberg en faisant bouillir l’ammoniaque à plusieurs reprises avec le biiodure de mercure. SHgO.Hgl.HgAzH^
» Tous ces composés ne peuvent cependant être représentés par des sels de cette base. Parmi ceux-ci, il en est quelques-uns qui peuvent être considérés comme des sels doubles formés d’un sel ammoniaco-mercuriel combiné à un sel d’ammoniaque. On reconnaît, en effet, par l’expérience directe, que le bioxyde de mercure ammoniacal et les sels qu’il forme se dissolvent très bien dans plusieurs sels ammoniacaux, et notamment le sulfate, le nitrate et le chlorhydrate. Mitscherlich a analysé les nitrates doubles ainsi formés, et leur composition s’accorde très bien avec celle d’un sel double; supposition conforme d’ailleurs, en tous points, aux affinités générales des sels ammonio-métalliques.
» Ainsi, un des nitrates doubles obtenus par Mitscherlich a pour formule
AzO^ -p 2HgO + AzfP.
» En doublant la composition, on la représente très bien par Az05,AzH3,HÜ -t- Az05,3Hg0,HgAzH".
NUrale Nitrate
d’ammoniaque. de la base nouvelle.
» L’autre nitrate a pour formule
3(AzO%.AzH3,HO)-|-4HgO.
» Cette formule peut très bien se disposer ainsi :
2 (Az06,.4zH3,H0) + Az05,3 HgO,HgAzH2,2 HO.
Nitrate Nitrate de la base,
d’ammoniaque.
» Le nitrate de la base, compris dans la formule précédente, ne renferme sans doute que 1 équivalent d’eau, comme le nitrate de Soubeiran.
» En traitant le sulfate de bioxyde de mercure par l’ammoniaque caustique en grand excès, on dissout tout le sel, et en faisant évaporer au-dessus de la chaux, dans une atmosphère close, on obtient, avec le temps, de gros cristaux prismatiques efflorescents qui, à l’état anhydre, se composent de
S03,AzH3,II0 -f S03,3 HgO,HgAzH2.
MERCURE
lODATE AMMONIO-MERCURIQüE.
L’iodate de bioxyde de mercure, traité comme l’oxalate, donne un produit différemment constitué. Les nombres obtenus par Millon pour le mercure et pour l’azote permettent de le représenter exactement comme une combinaison de 1 équivalent d’iodate aramonio - mercurique avec 2 équivalents d’iodate d’ammoniaque.
Le produit d’ailleurs ne supporte aucune perte d’eau par la chaleur; au voisinage de 180 degrés, il se décompose brusquement en produisant une quantité considérable de biiodure de mercure.
La formule est AzHg*0Io0®-f-2(AzH*0, Io05)-|-2H0. Elle est analogue à celle d’un nitrate obtenu par Mitscherlicli.
BROMATE AzHg*0,Br0°-f HO.
On l’obtient dans l’action de l’ammoniaque sur le bi’omate mercurique. L’iodure de potassium et les sulfures alcalins l’attaquent sans peine; au contraire, la potasse a une action très faible, c’est un corps très explosif.
SULFITE HgO, AzHg^O,2 SO^+2 HO.
On l’oblient par l’ac tion de la potasse sur le sulfite mei’curico-ammonique (Hirzel).
SULFATE Az (Hg‘'*)^0,S0^+2H0.
C’est une poudre d’un gris foncé perdant facilement par la chaleur de l’eau, de l’acide sulfureux et de l’ammoniaque. On l’obtient par l’action de l’ammoniaque sur le sulfate mercureux.
SULFATE AzHg*0,S0^+2H0.
On obtient ce composé dans l’action de l’ammoniaque sur le sulfate mercu- ‘■ique. Ce corps se dissout rapidement, mais la solution étendue d’eau laisse déposer le sulfate AzHg*0,S0^ + 2HO. (C’est le turbith ammoniacal). On peut aussi laisser la solution s’évaporer à l’air libre; mais on obtient parfois d’autres corps contenant moins de mercure, suivant les conditions de la cristallisation
CARBONATE AMMONIO-MERCURIQUE AzHg*0,C0^3 HO.
Ce sel se préparé très bien en faisant arriver un courant d’acide carbonique dans de l’eau qui lient en suspension de l’oxyde ammonio-mercurique. Ce dernier enlève aussi au bicarbonate de potasse tout l’acide carbonique qui lui est nécessaire pour se constituer à l’état de sel neutre.
Le sel bien desséché résiste à une température de -f- 130 degrés. Audessus de ce point, la perte d’eau est très sensible ; elle est complète à 145 degrés, et la couleur du sel se fonce un peu après cette première modification. Si l’on continue de chauffer, il se fait de 180 à 200 degrés une nouvelle perte d’eau accompagnée d’un dégagement très prononcé d’ammoniaque; la couleur devient d’un jaune très intense et il se forme un produit de nature particulière, qui retient tout l’acide carbonique et qui, néanmoins, ne fait plus effervescence avec les acides. L’acide chlorhydrique concentré seul réagit encore et détruit cette substance en dégageant un gaz dont la production s’accompagne d’une sorte, de crépitation.
Sa formule est : AzHg*0,C0^-|-3 HO.
OXALATE AMMONIO-MERCURIQUE.
Pour préparer cette combinaison, on fait digérer avec de l’ammoniaque caustique en excès de l’oxalate mercurique obtenu par double décomposition. Après une digestion assez prolongée, on lave le sel jusqu’à ce que les eaux n’aient plus de réaction alcaline.
C’est une poudre blanche, amorphe, qui fait explosion quand on la chauffe ; ce qui conduit à prendre pour l’analyser les mêmes précautions qu’avec l’hydrate ammonio-mercurique. L’explosion se fait sans qu’aucune perte d’eau la précède. Ce sel se représente par 2AzHg*0,C*0®-l-4H0.
CHLORURE AzHg*Cl.
Ce composé correspond à l’oxyde AzHg*0 ; c’est le chlorure de la base de Millon. On l’obtient à l’état anhydre par l’action du gaz ammoniac sur l’oxychlorure de mercure HgCl,3HgO chauffé vers 150 degrés. C’est une poudre jaune soluble dans les acides. La potasse la décompose en mettant en liberté la base de Millon, sans dégorger d’ammoniaque. L’iodure de potassium transforme ce composé en iodure AzHg‘1.
Pour obtenir le chlorure hydraté AzHg*Cl,2 HO, on décompose le chlorure AzH^Hg^Cl par l’eau bouillante.
Combinaison avec le chlorhydrate d’ammoniaque. — On obtient un compos® répondant à la formule AzHg^Cl,AzH‘Cl en traitant dans un tube de Faraday du chlorure mei’curique par l’ammoniaque liquéfiée.
MERCURE
Combinaison avec le chlorure mercurique AzHg^Cl,HgCl. — On l’obtient dans la décomposition du chlorure AzH^Hg^Cl par la chaleur. Ce sont de petites lamelles rouges qui se décomposent vers 400 degrés en dégageant de l’azote, du mercure et du chlorure mercureux.
L’acide sulfurique étendu, la potasse diluée, l’acide azotique, même concentré, sont sans action sur ce corps; au contraire, l’acide chlorhydrique le décompose en chlorure mercurique et chlorhydrate d’ammoniaque.
lODURE AzHg^I.
On l’obtient sous forme d’un^composé très instable en traitant dans un tube de Faraday, de l’iodure mercurique par du gaz ammoniac liquéfié. On obtient ainsi une poudre brune qui se décompose très rapidement quand on la fond. La potasse, même à l’ébullition, est sans action sur cette matière; l’acide chlorhydrique la décompose; il en est de même de l’iodure de potassium, qui donne de l’ammoniaque avec mise en liberté de potasse.
On obtient ce composé beaucoup plus facilement à l’état d’hydrate AzHg^ 4-2 HO. Il suffit pour cela de chauffer de l’iodure mercurique avec un grand excès d’ammoniaque concentrée. La matière, jaune au début, brunit assez rapidement ; elle contient en outre de l’iodhydrate d’ammoniaque, et quelquefois de l’iodure mercurique. On la lave à l’éther, qui dissout ces deux iodures.
GROUPE AzHg^H.
AZOTATE Az(Hg')®HO,AzO’-|-3HO.
Il s’obtient dans l’action ménagée de l’ammoniaque sur l’azotate mercureux ; on précipite cet azotate par une quantité insuffisante d ammoniaque, puis on achève, après avoir filtré la liqueur, la précipitation par 1 ammoniaque. Le précipité formé en-dernier lieu correspond à la composition
Az(Hg43HO,AzO^ -f 3 HO.
Le précipité formé tout d’abord est l’azotate
Az(Hg42H20,Az05.
AZOTATE AzHg®HO,AzO®4~HO.
C’est un précipité blanc très fin que l’on obtient par l’action de l’ammoniaque sur une dissolution presque neutre d’azotate mercurique. Ce précipité se dépose lentement; on peut le sécher à 100 degrés sans qu’il se décompose, mais
en présence de l’eau à 100 degrés il perd de l’azotate d’ammoniaque (Mitscherlich).
SULFATE AzHg®H0,S0®+2H0.
Ce corps a été obtenu par Millon dans l’évaporation ménagée de la solution de sulfate mercurique dans l’ammoniaque.
GROUPE AzffHg^Cl.
CHLORURE AzH'^Hg^Cl.
Ce composé est souvent désigné sous le nom de cMoramMure de mercure ou sous celui de précipité blanc infusible par analogie avec le composé AztPHg®Cl-|-AzH^Cl qui sera décrit plus loin, et qui est désigné sous le nom de précipité blanc fusible. On obtient ce composé en précipitant une solution de bichlorure de mercure [par de l’ammoniaque en très léger excès. On lave avec l’eau froide, puis on sèche à une température assez basse. La réaction qui se produit est la suivante : 2HgGl-j-2 AzH^^AzH^Cl + AzH^Hg^Cl ; souvent le précipité répond à une autre formule, par exemple lorsque le chlorure mercurique est en grand excès ; on obtient alors le composé AzH^Hg®Cl,2 HgCl ; ou bien, lorsqu’on lave à l’eau chaude le précipité, on a alors l’hydrate de chlorure AzHg*Gl,2HO décrit précédemment. Ce dernier composé n’est même pas stable, car un lavage à l’eau froide le transforme en des produits mal définis qui sont intermédiaires entre les deux composés AzH^Hg^Gl,2 HgCl et AzHg*Cl,2H0.
En versant de l’ammoniaque caustique dans du bichlorure de mercure en solution aqueuse, il se fait aussitôt un précipité blanc qui augmente par l’addition de l’alcali volatil et ne disparaît pas dans un excès de réactif. On obtient encore un précipité blanc lorsqu’on fait tomber inversement et goutte à goutte la solution de sublimé dans l’ammoniaque. Si l’on prend séparément chaque produit formé dans un excès de l’un ou de l’autre réactif, on est porté, au premier examen, à les confondre ensemble. Tous deux, en effet, d’une égale blancheur, se suspendent de même dans le liquide auquel ils communiquent un aspect émulsif ; et si on les examine au microscope, ils se présentent l’un et l’autre sous forme de globules arrondis, disséminés, et d’un ténuité extrême. Mais la composition chimique est loin de confirmer cette identité apparente : pour peu que les conditions où se fait le mélange viennent à changer, la composition change aussi, et, si l’on fait intervenir l’influence des lavages à l’eau froide ou à l’eau chaude, les variations seront extrêmes. La proportion du mercure oscillera entre 76 et 85,5 pour 100; celle du chlorure entre 7,5 et 21 ; et celle de l’azote entre 3 et 6.
La chaleur décompose le chlorarnidure de mercure en azote, ammoniaque et calomel.
Une chaleur plus ménagée décompose le chlorarnidure en deux autres chlo-
MERCURE. 263
rares avec dégagement de gaz ammoniac. Ces deux chlorures ont pour formules AzH^2HgCl et AzHg^Cl+HgCl.
L’eau bouillante le dédouble en chlorhydrate d’ammoniaque et AzHg*Cl,2HO. La potasse facilite beaucoup ce dédoublement. Le sulfure de baryum décompose totalement le chloramidure en le transformant en sulfure avec mise en liberté de tout l’azote à l’état d’ammoniaque. L’iodure de potassium fournit une réaction analogue. L’iode forme avec le chloramidure de mercure de l’iodure d’azote.
Le gaz acide chlorhydrique, l’acide sulfurique et l’acide azotique le décomposent. Ces deux acides donnent même, d’après Kossmann, des combinaisons de sulfate et d’azotate mercurique avec les produits de la décomposition.
Quand on met le chlorure amidomercurique (1) en contact avec de l’eau acidifiée par une forte quantité d’acide azotique, l’action est peu prononcée à froid ; mais, lorsqu’on chauffe le mélange, le précipité blanc se dissout lentement et disparaît entièrement. Après avoir filtré la liqueur, on l’évapore et on obtient une cristallisation abondante, composée de lames blanches douées d’un éclat argentin.
Ces cristaux mis en contact avec l’eau ne s’y dissolvent pas, mais rendent l’eau laiteuse ; la potasse caustique en dégage, par l’action de la chaleur, une petite quantité de gaz ammoniac; la teinture d’indigo et l’acide sulfurique, ou uncrLstal de sulfate ferreux, et l’acide sulfurique, y démontrent la présence de l’acide azotique; le chlore et le mercure y sont facilement décelés, l’éther lui enlève une grande quantité de chlorure inercurique,'qu’il laisse déposer en belles aiguilles.
La formule est ;
4(HgCl),AzH‘0,Az05.
FLUORURE AzHHg’Fl, HgFl,2HO(?).
Lorsque, dans la préparation du chloramidure de mercure, on remplace le bichlorure de mercure par le fluorure mercurique, on obtient un composé d une composition différente ; AzHHg®Fl,HgFl,2HO. Il se présente sous forme d une masse gélatineuse, se formant lentement à froid, et immédiatement à chaud (Finkener, Pogg-., CX, 142, 628).
CHLORURE AzHXHg®)®Gl, ou CHLORAMIDURE MERCUREUX.
On obtient ce composé par l’action d’une dissolution d’ammoniaque sur le calomel. La poudre noircit en donnant le composé AzH^Hg*GL Ge corps est facilement détruit par la chaleur, qui le décompose en azote, ammoniac, chlorure mereureux et mercure (Kane). Un courant de gaz acide chlorhydrique sec le transforme en calomel et sel ammoniac.
(1) Kossmann, Ann. de chim.. et de phys., 3' sér., t. XXVII, p. 240.
CHLORURE AzH-Hg^Cl,2HgCl.
On l’obtient dans l’action de la dissolution d’ammoniaque sur le chlorure mercurique en grand excès. C’est un corps blanc insoluble dans l’eau (Millon).
CHLORURE AzH^Hg2Gl,AzH*Cl.
Ce composé est souvent désigné sous le nom de précipité blanc fusible. On l’obtient en précipitant une solution formée de parties égales de bichlorure de mercure et de chlorhydrate d’ammoniaque par le carbonate de soude. Mitscherlich l’obtient un peu différemment sous forme de petits décaèdres rhomboïdaux, en versant une dissolution de bichlorure de mercure dans un mélange bouillant de chlorhydrate d’ammoniaque et d’ammoniaque jusqu’à ce qu’un précipité permanent commence à se former; les cristaux se déposent lorsque la liqueur revient à la température ordinaire. Ce composé fond facilement, mais en se décomposant partiellement avec dégagement d’ammoniac, et en se transformant en un mélange de chlorures mercureux et mercurique.
Tous les acides, même les plus faibles, tels que l’acide acétique, le dissolvent facilement.
BROMURE AzH®(Hg2)Br2.
On obtient ce composé par l’action de la dissolution d’ammoniaque sur le bromure mercureux.
BROMURE AzH^Hg^Br.
C est le composé correspondant au précipité blanc infusible ; on l’obtient dans 1 action du bromure mercurique sur l’ammoniaque. Ce corps est insoluble dans 1 eau et dans l’alcool ; la chaleur le décompose en bromure AzH^,2HgBr, et en gaz ammoniac.
SULFATE AzHg2H^0,S0^4-H0.
Ce sel a été obtenu par Millon dans l’évaporation à l’air libre de la solution ammoniacale de sulfate mercurique.
SULFATE DOUBLE AzHgMT-0,AzH^0,2SO^
Ce corps a été obtenu par Schmieder dans l’action ménagée de l’oxyde mercurique sur une solution froide de sulfete d’ammoniaque. La dissolution évaporée dans le vide laisse déposer de petits cristaux appartenant au système du prisme orthorhombique. Il est décomposé par l’eau et la potasse.
AZOTATE AzHXHg^)^0,Az0“ + H0.
On obtient ce composé en traitant une solution d’azotate mercureux, bien neutre, par de l’ammoniaque en quantité insuffisante. Ce corps est soluble dans l’acide chlorhydrique bouillant et dans l’acide acétique.
AZOTATE AzffHg^OjAzO^-fHO.
On obtient ce composé en faisant bouillir l’azotate d’ammoniaque avec l’oxyde mercurique (Kane). Ce sont des cristaux jaunes facilement décomposés par les sulfures alcalins et par l’acide chlorhydrique; les autres acides et les alcalis sont au contraire sans grande action sur ces corps. On obtient encore ce composé par l’action de l’ammoniaque sur l’azotate mercurique (Meyer). L’eau décompose ce corps en le transformant en azotate ;
AzHg*0,2AzH*0,3Az0- -f- 2HO.
AZOTATE BASIQUE AzHg‘0,5 HgO,2 AzOL
Ce corps s’obtient par l’action d’un très grand excès d’ammoniaque sur une solution concentrée d’azotate mercurique.
ARSÉNIATE Az(Hg®)^H^O,AsO^
Obtenu dans l’action de l’oxyde de mercure sur l’arséniate d’ammoniaque.
PHOSPHATE AzHg^O,2 HgO,PhO’’ -f 2 HO.
Obtenu dans l’action de l’oxyde de mercure sur le phosphate d’ammoniaque. L’iodure et le sulfure de potassium le décomposent (Hirzel).
GROUPE AzH^Hg.
MERCURAMMOMUM AzH^Hg.
L’ammoniaque liquide est sans action sur le mercure métallique. On l’obtient au moyen de l’alliage de sodium et d’ammonium et du chlorure de mercure comme le zinc ammonium. C’est un liquide d’un bleu foncé d’un fort éclat métallique.
ENCYCLOPÉDIE CHIMIQÜlî.
CHLORURE AzH®(Hg®)Cl.
Le gaz ammoniac sec n’est pas sensiblement absorbé par le calomel sec; mais en présence de l’eau on obtient une poudre noire dégageant facilement de l’ammoniaque, par exemple sous l’influence de la chaleur.
lODURE AzH^Hgl.
Le gaz ammoniac est absorbé par l’iodure mercurique sec, en donnant une combinaison blanc sale facilement altérable. Lorsqu’on opère en présence de l’eau, on obtient un hydrate contenant trois équivalents d’eau. On l’obtient anhydre cristallisé en petites aiguilles en dissolvant l’iodure mercurique dans de l’éther, et traitant la liqueur par du gaz ammoniac bien sec.
FLUORURE AzH®(Hg®)Fl.
On obtient ce composé par l’action directe du gaz ammoniac bien sec sur le fluorure mercureux. Ce corps se décompose au contact de l’eau : il ne se produit pas avec la dissolution d’ammoniac.