FOURS A FLAMMES
Le fourneau Léopold présente l’inconvénient grave de ne pouvoir marcher d’une manière continue. On a remédié à cet inconvénient en employant les fours à réverbères, désignés à Idria sous le nom de fours à flammes {flamüfen).
1° Four proprement dit. — Le four est un four à réverbère ordinaire avec quelques légères modifications. La grille est en B; le bois est chargé par une porte latérale. Au delà de la chauffe, et séparée d’elle par un petit mur, est une cavité dans laquelle les ouvriers jettent le minerai élaboré. Des portes latérales permettent d’enlever le minerai jeté dans cette cavité. La sole est plane et construite en briques réfractaires.
A la partie antérieure du fourneau est une hotte mise en communication avec une cheminée. Cette hotte a été construite pour soustraire, pendant le travail, les ouvriers à l’action des vapeurs mercurielles; et la porte de travail, 'placée à la partie antérieure du four, est fermée par deux battants en tôle. Un prisme triangulaire est placé à la partie inférieure de cette porte, afin de permettre aux ouvriers de manœuvrer les ringards plus facilement.
Le chargement des fours se fait par une trémie placée à la partie supérieure de chaque four. Pendant le travail elle reste fermée; lorsqu’on veut faire une charge, on remplit cette trémie, et à un signal donné l’ouvrier qui est sur le sol de l’usine ouvre le registre qui ferme la trémie au moyen d’un levier qu’il manœuvre par l’intermédiaire d’une longue perche. Les huit fours à flamme sont identiques; un d’eux a été modifié pour servir à certaines expériences.
L appareil de condensation de chacun des fours à flamme se compose de
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trois tuyaux en fonte et de quatre chambres. La planche I montre la disposition de cet appareil. Une roue hydraulique permet d’élever l’eau de l’Idriza dans un réservoir, d’où elle s’écoule dans les canaux .MM pour tomber par de petits robinets sur les tuyaux de condensation. Les chambres de condensation sont construites identiquement comme dans le fourneau Léopold.
La figure (26) l'eprésente la coupe des cheminées de deux fours accolés. Le tuyau supérieur, partant de la dernière chambre de condensation, se rend dans
le compartiment N de la cheminée. Les vapeurs qui arrivent dans ce compartiment s élèvent par P et passent dans le compartiment Q ; de ce dernier elles passent dans le compartiment R, d’où elles s’échappent dans l’atmosphère. La cheminée est recouverte de deux plans inclinés en bois, sur lesquels se dépose une quantité assez considérable de suies.
F.NCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
FOUR HAHNER.
Le traitement métallurgique du cinabre n’étant qu’un véritable grillage, on a songé à employer, pour traiter ce minerai, les fours de grillage employés en Styrie et en Carinthie pour le grillage des minerais de fer.
Les figures 30 à 35 donnent la disposition de ce four.
Fir,. 28.
Four proprement dit. — Le four est circulaire, la chemise intérieure est en briques réfractaires, l’appareil extérieur est en briques ordinaires. Dans ce
Four à flamme d’Idria.
Fig. 29. — Portes de chargement. FiG. 30. — Coupe suivant EF.
massif extérieur sont des canaux donnant passage à la vapeur d’eau qui se dégagp au moment de la mise en feu du fourneau, La grille est formée de forts
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barreaux de fer laissant entre eux un intervalle de 0“,06. Ces barreaux sont mobiles, et s’enlèvent quand on veut faire tomber une partie de la charge. Un chemin de fer est disposé en dessous de crtte grille, afin de permettre à des wagons de s’approcher pour recueillir les matières qui tombent du four. Au dessus du four est un pl incher en tôle formé de feuilles réunies par des boulons. Ce plancher est traversé par une trémie que l’on peut charger au moyen d’une
Fig. 31. Fig. 32.
main mobile autour d’un axe. Cette main, au moment où elle rencontre la trémie, qui est inclinée, a exactement la même inclinaison que celle-ci, et la charge que contenait la main tombe dans la trémie ; l’ouvrier ouvre alors le registre qui ferme la trémie et la charge tombe dans le four.
L’appareil de condensation se compose de quatre chambres construites de la même manière que celles du fourneau Léopold. La partie supérieure de chaque chambre est formée par des feuilles de tôle assemblées à l’aide déboulons comme celles qui recouvrent le four. Sur ce plancher on peut faire arriver de 1 eau qui séjourne pendant tout le temps de l’opération. Un registre rétablit la communication entre l’appareil de condensation et le four.
En calculant pour chacun des fourneaux les frais de traitement de 100 kilogrammes de minerai, on trouve :
Pour le fourneau Léopold.... 1 fr. 30
Pour les fours à flammes. 0 98
Pour le four Hahner. 0 96
Sous le rapport des frais de traitement, le fourneau Hahner est donc supérieur. A cet avantage il en joint encore d’autres sur le fourneau Léopold : il marche d’une manière continue ; sa conduite, sa construction sont très simples. Les voûtes en briques construites dans te fourneau Léopold s’écroulent souvent sous le poids des minerais accumulés, De plus, le fourneau Hahner u’exige que
riches des fours à flamme (Strubofen), et les deux fours remplaceraient avantageusement le fourneau Léopold.
Si le four Hahner peut se substituer avec avantage au fourneau Léopold, il n’en est pas de même pour les fours à flamme, qu’il ne pourrait remplacer en aucune façon. Le fourneau Hahner donne des résultats d’autant meilleurs que la teneur des rainerais traités est plus élevée. Toutes les matières traitées dans les fours à flamme, suies, poussières, schlamms de la préparation mécanique, grubenklein, ont une teneur moyenne de 1,55 pour 100. Des minerais de cette teneur, traités dans le fourneau Hahner, donneraient lieu à une dépense plus élevée que dans les fours à flamme. Du reste, la nature elle-même de ces minerais s’oppose à ce qu’ils puissent être grillés dans le fourneau Hahner. Ils sont en morceaux très petits, les plus gros ayant au maximum un volume d’un cube de15 lignes de côté. Ces minerais, chargés dansle fourneau Hahner,empêcheraient l’air de circuler librement, condition nécessaire pour une bonne marche du fourneau.
Ainsi, en résumé, le fourneau Hahner remplacerait avantageusement le fourneau Léopold pour le traitement des minerais tenant 3 ou 4 [wur 100, mais il ne saurait être substitué aux fours à flamme, qui lui sont toujours supérieurs sous le rapport de la marche et des frais de traitement dans le cas de minerais très menus.