HYDRATE D’OXYDULE DE CUIVRE
D’après Mitscherlich, l’oxyde cuivreux provenant de la réduction du sulfate ; de cuivre en solution alcaline par le sucre interverti, est un hydrate ayant pour , formule : (Cu20)*,H0 ; il ne perd son eau qu’à 360 degrés. Cette interprétation ■ a été contestée par Millon et Gommaille. Ils ont passé en revue les diverses réac- ■ lions donnant naissance à ce composé :
Le corps jaune, obtenu par l’action du sucre interverti et de la potasse caustique sur une solution de bichlorure de cuivre, contient 4 pour 100 de bioxyde i et 1,60 pour 100 d’eau. - =
En remplaçant’le chlorure par le sulfate cuivrique, on obtient un produit j renfermant 6,24 de bioxyde, et 1,58 d’eau. Le précipité formé par l’addition 1 d’un excès de potasse caustique au protochlorure de cuivre ammoniacal, ren- ^ ferme 5,22 d’oxyde cuivrique, et 4,19 pour 100 d’eau.
Ainsi ces corps ne peuvent être envisagés comme des hydrates définis, ni i comme une combinaison définie de protoxyde et de bioxyde. Leur combinaison ; ne peut être exprimée par aucune formule régulière. ,
Toutefois le protoxyde jaune contenu dans ce mélange possède des proprié-. tés particulières; il a une grande tendance à se suroxyder. Traité par l’hyposulfite de soude, il donne une liqueur incolore, qui, par l’action de la chaleur, devient d’un rouge-orange, et laisse déposer du sulfure cuivreux (Field).
Au contact de l’acide sulfureux, il donne un dépôt rouge, qui est un mélange
de cuivre, en pailletles cristallines, et de sulfite rouge cuivroso-cuivrique(Vogel, Péan de Saint-Gilles).
OXYDE CUIVRIQUE
État naturel. — On le rencontre au lac Supérieur, au Chili, en 4ustralie, sous forme de masses compactes et terreuses. C’est la tnélaconise.
Modes de formation. — 1° Calcination prolongée du cuivre à l’air.
2“ Calcination au rouge sombre dé l’azotate, du carbonate ou de l’hydrate ; ainsi préparé, il est sous forme de poudre noire.
3" M. Becquerel l’a obtenu cristallisé, en fondant dans un creuset d’argent i partie d’oxyde cuivrique avec 4 à 6 parties de potasse à l’alcool, et maintenant la température au rouge naissant pendant quelques minutes. En traitant la masse refroidie par l’eau, il se dégage de l’o.xygène pur, indice de la formation de peroxyde de potassium. Une partie de l’oxyde cuivrique reste sous la forme de tétraèdres d’autant plus gros, que le refroidissement a été plus lent; on les sépare par lévigation de l’oxyde pulvérulent. Le succès de l’expérience dépend de la pureté de la potasse. Si l’on chauffe trop longtemps, on n’obtient plus que des cristaux d’oxydule d’une couleur rouge-brique.
Propriétés. — L’oxyde cuivrique cristallise dans le système orthorombique : facesobservées:m,«*,e*, Inclinaison des faces : mm=99‘’,39'; me‘=113°,58'; OTa'=122“,5.8'(Échantillonstrouvés par Jenzsch dans un fourneau deFreyberg).
La densité de la Mélaconise varie de 5,95 à 6,25. Sa dureté est 3.
Le poids spécifique de l’oxyde obtenu par la calcination du métal est d’environ 6,4.
Chauffé au rouge vif, l’oxyde de cuivre fond en perdant de l’oxygène, et se transforme en une masse à cassure cristalline, contenant de l’oxyde salin Cu^O*. Il est un peu volatil à la température des fours à porcelaine (Elsiier).
Préparé parla calcination de l’azotate ou de l’hydrate, il est très hygrométrique.
D’après une ancienne observation de Berzelius, l’oxyde de cuivre anhydre est soluble dans la soude en fusion.
M. Lœw a trouvé qu’un équivalent d’oxyde cuivrique se dissout dans une lessive de soude à 70 pour 100, contenant 30 équivalents de soude. On peut étendre la dissolution bleu foncé de 3 ou 4 fois son volume d’eau, sans qu’elle laisse précipiter d’oxyde de cuivre. Ce dernier se sépare quand on additionne la dissolution de 10 volumes d’eau, qu’on l’agite à plusieurs reprises avec.de l’alcool,.ou bien qu’on la neutralise avec de l’acide acétique. Au bout de quelques jours, la solution laisse déposer une poudre bleue, contenant CuO,NaO qui se décompose bientôt en oxyde cuivrique. En fondant l’oxyde cuivrique avec un 'grand excès de potasse caustique, M. Lœw a obtenu une masse entièrement soluble dans une petite quantité d’eau froide (1).
(1) Zeitschrift fur analytische Chemie.