OXYDE CUIVREUX ÇU OXVDULE DE CUIVRE
État naturel. — Il est abondamment répandu dans les mines de Cornouailles et de l’Oural, au Chili, en Australie, etc.: en France on le trouve à Chessy près -i de Lyon. Il cristallise en cubes, en octaèdres, en dodécaèdres, et en combinai-'‘j sons de ces formes. On le rencontre aussi en filaments et en masses grenues ^ d’un rouge cochenille. C’est la cuprite des minéralogistes. ■
Modes de formation. Voie sèche. — 1“ Chenevix l’a obtenu, pour la pre- , mière fois, en chauffant au rouge faible, en vase clos, un mélange de 1 partie de cuivre réduit avec 1 1/4 partie d’oxyde cuivrique.
2° On dispose des feuilles de cuivre minces avec de l’oxyde cuivrique bien pulvérisé, en couches alternées, peu épaisses,-et on expose le tout, dans un : creuset couvert, à une forte chaleur rouge. L’oxyde cuivreux formé se laisse ' facilement séparer du cuivre excédant (Berzelius).
3° On fait un mélange de chlorure cuivreux, obtenu par la fusion du chlorure cuivrique, avec du carbonate de soude sec ; on calcine en creuset couvert. Après refroidissement, on lave et on sèche (Liebig et Wœhler).
4“ On fait fondre ensemble, à une douce chaleur, 100 parties de sulfate de cuivre et 57 parties de carbonate de soude cristallisé. Après solidification de la masse, on la pulvérise, on la mêle bien intimement avec 25 parties de limaille de cuivre, et on chauffe le tout au rouge blanc dans un creuset pendantvingt mi- i nutes. On pulvérise la matière refroidie et on la lave. Ce procédé, dùàMalaguti, | permet de préparer économiquement de grandes quantités d’un beau produit. |
Voie humide. — 1“ D’après Becquerel, le nitrate cuivrique, soumis à une action hydro-électrique très faible, se réduit à l’état d’oxyde cuivreu.x. Il suffit de remplir un flacon de la dissolution, de mettre au fond un peu d’oxyde cuivrique ' sur lequel on pose une lame de cuivre bien décapée, et de boucher hermétiquement. L’oxyde cuivrique devient électro-positif au contact du cuivre, et au bout de quelques mois, la lame se recouvre d’un dépôt de petits cristaux cubiques.
2“ Réduction des sels cuivriques par le sucre dans diverses conditions étudiées avec soin par Millon et Commaille. a) En faisant réagir à une douce cha-
leur du sucre iuterverti et de la potasse caustique sur du bichlorure de cuivre, on obtient un dépôt jaune d’oxydule.
b) En chauffant du sucre ordinaire avec une dissolution d’acétate cuivrique, on obtient un oxydule d’un beau violet, cristallisé en octaèdres.
c) Le même oxydule violet s’obtient encore en réduisant le sulfate de cuivre par le sucre interverti, en présence de l’acide tartrique et d’un excès de potasse.
3° Action de la chaleur sur le formiate et l’acétate de cuivre en présence de l’eau. M. Riban, en faisant bouillir à l’air libre une solution de formiate de cuivre, a constaté la formation d’un formiate tribasique, qui se détruit lentement, par une ébullition prolongée, avec dégagement d’acide carbonique et formation d’oxydule de cuivre. En chauffant la solution de formiate de cuivre en tubes scellés, à 175 degrés, pendant quelques heures, on obtient l’oxydule de cuivre sous forme de cubes et d’octaèdres.
Une solution d’acétate de cuivre à 5 pour 100 donne, au bout de cent heures de chauffe, de beaux cristaux d’oxydule de cuivre, formés par réduction de l’oxyde cuivrique aux dépens de l’acide acétique.
La même réaction se produit quand on chauffe l’oxyde cuivrique en présence d’acide acétique étendu (Riban).
En chauffant pendant une heure, à 200 degrés, de l’acétate de cuivre avec de l’acide acétique, il se produit de l’acide glycolique et de l’oxydule (1) (Cazeneuve).
Propriétés. — L’oxydule de cuivre est d’un rouge cochenille. R cristallise, comme on l’a vu, dans le système cubique.
Préparé par l’action de l’acide acétique sur l’oxyde noir, il est en prismes à quatre pans, terminés par des pyramides, et ressemblant à des cristaux quadratiques; ils résultent de la combinaison du cube, de l’octaèdre et du dodécaèdre rhomboïdal (Riban).
La densité de l’oxydule varie de 5,749 à 6,15. Sa dureté est comprise entre 3 et 4. La densité de l’oxyde artificiel oscille entre 5,375 et 5,34.
R fond au rouge, et se dissout dans les fondants en donnant un verre d’un rouge-rubis, que la flamme oxydante fait passer au vert.
R est soluble dans l’ammoniaque ; la dissolution incolore bleuit au contact de l’air.
R se dissout dans une solution concentrée de chlorure de magnésium, avec séparation de magnésie et formation de chlorure cuivreux, qui, à son tour, se dissout dans l’excédent du chlorure terreux. On a en effet :
Cu*0 -f- HgCl = Gu»Cl + MgO.
R reste en dissolution dans le chlorure de magnésium 7,10 pour 100 de chlorure cuivreux.
Traité par une solution de chlorure ferreux mélangée de sel marin, l’oxyde
(1) Comptas rendus de l’Académie des sciences, t. LXXXIV, p. 525.
26 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQDE.
cuivreux donne de l’oxyde ferrique, avec réduction partielle du cuivre à l’étal métallique, conformément à l’équation ;
3 Cu*0 + 2 FeCl = 2 Cu®Cl + Cu^ + Fe^O*.
Il se forme d’abord de l’oxyde ferreux et du chlorure cuivreux :
Cu^O + FeCl = Cu®Cl + FeO.
L’oxyde ferreux formé réduit ensuite une partie du cuivre à l’état métallique, vainsi qu’on peut le vérifier par une expérience directe :
Cu^Cl + 3 FeO = Cu® -f FeCl + Fe^O^.
(Sterry Hunt.)
Chauffé légèrement avec de l’hydrogène ou du charbon, l’oxydule de cuivre se réduit à l’état métallique. Le potassium en fusion agit de même ; la réaction s’accomplit avec dégagement de lumière.
Mélangé à du soufre pulvérulent et chauffé dans un courant d’hydrogène, il se transforme en sulfure cuivreux.
Tous les oxacides dédoublent l’oxydule en sels cuivriques, et en cuivre métallique.