‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 14e cahierChapitre 31 sur 152 · SULFATES DE CUIVRE BASIQUES · texte numérisé non relu

SULFATES DE CUIVRE BASIQUES

Ce sont des combinaisons de sulfate de cuivre avec l’oxyde cuivrique.

Sulfate monobasique (CuOSO^,CuO). — Roucher l’a obtenu en chauffant plusieurs heures au rouge sombre, dans un creuset de platine, des cristaux de sulfate de cuivre. C’est une poudre amorphe, d’une couleur jaune-orange, inaltérable à l’air sec. A l’air humide, elle s’hydrate, en donnant le composé Cu0S0^5Cu0,5H0. L’eau froide la transforme en sulfate tribasique, l’eau bouillante en sulfate bibasique (1).

2(Cu0S02),3Cu0,5H0. — Reindel l’a obtenu en précipitant incomplètement une solution de sulfate cuivrique par l’ammoniaque. D’après Roucher, il se

(1) Journal de pharmacie (3), t. XXXVII, p. 249.

forme, mêlé à du sulfate neutre de cuivre, quand on abandonne le sous-sel CuOSO^CuO à l’air humide. C’est une poudre d’un bleu-verdâtre, qui ne se décompose qu’au-dessus de 270 degrés.

Sulfate bibasique (Cu0S0®,2Gu0,2H0). —On l’obtient: t-en faisant bouillir avec de l’eau un mélange de 2 équivalents de sulfate de cuivre et de i équivalent d’oxyde de zinc (Brunner, Reindel) ; 2“ en précipitant incomplètement une dissolution bouillante de sulfate de cuivre par le carbonate de soude, le sesquicarbonate d’ammoniaque ou l’hydrocarbonate de magnésie (Reindel) ; 3” en faisant bouillir avec de l’eau le sel triple provenant de l’action du sulfate de potasse sur le sulfate de cuivre (Persoz) ; 4° par l’action de l’eau bouillante sur le soussulfate CuOSO^GuO (Roucher). C’est une poudre verdâtre, qui résiste â une température de 270 degrés.

M. Steinman, en chauffant pendant trente minutes, à une température de 240-250 degrés, une solution saturée à froid de sulfate de cuivre, a obtenu un sulfate basique vert :

2(Cu0S03),4Cu0.3H0.

Ce sel est insoluble dans l’eau, très soluble dans les acides. H ne diffère du sulfate bibasique de Roucher que par un 1/2 équivalent d’eau.

2 (CuOSO®),5 CiiO,7 HO. — D’après Reindel, en versant de la potasse caustique dans une dissolution de sulfate de cuivre chauffée vers 50 degrés, il se précipite des flocons noirs, qui se transforment bientôt en une poudre bleuverdâtre de sulfate basique.

D’après Külin, le précipité qui se forme à l’air dans une solution de sulfate cuivrique contenant un excès d’ammoniaque, a la même composition. C’est une poudre verdâtre ; elle perd un peu d’eau hygrométrique à 120 degrés, et 2 équivalents d’eau de cristallisation à 250 degrés. A une température plus élevée, elle se décompose, et cède alors à l’eau du sulfate de cuivre neutre.

Sulfate tribasique (CuOSO®,3CuO,5HO). — Smith l’a obtenu en traitant une solution étendue de sulfate de cuivre par la potasse en très léger excès, de manière que la liqueur devienne à peine alcaline. Chauffé â 200 degrés, il perd une molécule d’eau en devenant vert; à une température plus élevée, il devient anhydre. Humecté d’eau, il n’en reprend que 3 molécules en donnant un hydrate vert, ayant pour composition Cu0S0^3(Cu0,H0); Boucher a obtenu un produit identique en traitant le sous-sulfate Cu0S0^3Cu0 par l’eau froide.

En chauffant longtemps à l’ébnllition du sulfate de cuivre ammoniacal, il se forme un hydrate CuOSO®,3CuO,HO, qui perd une molécule d’eau quand on le chauffe à 240 degrés.

On obtient encore le même composé, en mêlant des dissolutions contenant 4 équivalents de sulfate de cuivre, et 6 équivalents de potasse caustique (Kühn), ou bien en décomposant, par une grande quantité d’eau, la poudre d’une couleur vert-pomme, qu’on obtient en chauffant doucement le sulfate de cuivre ammoniacal (Kane).

La langite naturelle présente la même composition que cet hydrate.

Brochantite [2(CuO,SO*) -f- 5(CuO,HO)]. — On la trouve au Mexique, au Chili. Elle cristallise en prismes rhomboïdaux droits de 104°32', d’une couleur vert-émeraude. Densité, 3,87 à 3,90.

M. Becquerel l’a reproduite avec sa forme cristalline, en mettant en contact, pendant plusieurs mois, une dissolution de sulfate de cuivre avec un morceau de carbonate de chaux. D’après Reindel, en chauffant le sous-sulfate 2 (CuOSO’),5 CuO,7 HO, à 250 degrés, on obtient une poudre d’un vert pâle, ayant la composition de la brochantite. En faisant bouillir longtemps de l’oxyde cuivrique, obtenu par précipitation, avec une dissolution de sulfate d’ammoniaque, évaporant à sec et reprenant par l’eau, il reste une poudi’e vert-pomme xle brochanlite (Tuttschew).

2(CuO,SO®),6CuO,7HO. — D’après Casselmann, cet hydrate se forme dans des circonstances analogues à celles qui donnent naissance à l’atakamite, c’està-dire en chauffant une dissolution de sulfate de cuivre avec les acétates de potasse de soude, d’ammoniaque, de manganèse, de nickel, de cobalt, de zinc et de cadmium. Il suffit d’une trace d’acétate de soude pour troubler la solution cuivrique.

Réciproquement on obtient un précipité d’une composition identique, en faisant bouillir l’un des sulfates des métaux précédents avec une dissolution d’acétate de cuivi’e.

Un procédé de préparation encore plus facile consiste à porter à l’ébullition une dissolution d’un mélange d’acétate et de sulfate de cuivre.

C’est une poudre d’un vert clair, soluble dans l’acide acétique et les acides minéraux étendus. Chauffée avec une dissolution d’acétate de soude, elle se transforme peu à peu en oxyde cuivrique noir (1).

Sulfate quadribasique (CuOS0^4CuO,5HO). —Smith l’a obtenu en traitant le sulfate de cuivre par un léger excès de potasse. C’est une poudre bleue très altérable.

Sulfate heptabasique (Cu0S0^7 CuO,'12HO).— Il se forme, d’après Kane, quand ou ajoute à une solution de sulfate cuivrique une quantité de potasse suffisante pour précipiter tout l’oxyde de cuivre. Il est coloré en vert-pré. Il perd la moitié de son eau à 150 degrés, et le reste à 260 degrés, en donnant une poudre brune, qui, en présence de l’eau, s’y combine avec élévation de température en reformant l’hydrate primitif.

11 résulte de cette longue énumération, que l’action de la potasse sur une dissolution de sulfate de cuivre donne succes.sivement une série de sous-sulfates, dans lesquels la proportion de la base va en augmentant avec la quantité d’alcali. Il se précipite d’abord du sulfate bibasique, en même temps qu’il se produit un sel double de cuivre et de potasse, qui donne ensuite un sel tribasique par l’addition d’une nouvelle portion d’alcali.

(1) Zeitschrift fur analtjtisshe Chemie, t. IV, p. 24.,

Quand la proportion de potasse est insuffisante pour bleuir le tournesol, on oliiient le composé intermédiaire 2 (Cu0S05).5Gu0, décrit par Reindel.

Enfin la potasse en excès précipite successivement les sulfates quadribasique et heptabasique.

Ajoutons que l’existence d’un grand nombre de ces sels ne paraît pas suffisamment établie ; la plupart ne sont probablement que des mélanges.

D’après un travail récent de M. Spencer Pickering, on n’obtiendrait, dans ces conditions, que deux sulfates basiques définis. L’un se sépare sous la forme d’un précipité bleu, quand on soumet à une ébullition prolongée une dissolution tout à fait neutre de sulfate de cuivre, et a pour formule :

2(CuOS05),4CuO,5HO.

L’autre s’obtient en précipitant à froid une dissolution contenant 2 équivalents de sulfate cuivrique pour 1 équivalent 1/2 de potasse, ou en mêlant des solutions de sulfate cuivrique et d’acétate de soude. C’est un précipité bleu ayant pour composition :

Cu0S03,Cu0.2H0.

Les produits qu’on obtient en précipitant les solutions de sulfate de cuivre par une quantité insuffisante d’alcali, constituent des mélanges des deux sels cidessus.

Le précipité qui se forme quand on étend d’eau une solution ammoniacale de cuivre, ainsi que le sulfate basique anhydre de Roucher, ne sont pas, d’après ce savant anglais, des espèces chimiques définies ; leur composition est variable.

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