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SULFATES DOUBLES

Sulfate double de cuivre et d’ammoniaque (CuOSO®,AzH*OSO%6HO).—On l’obtient en mélangeant les dissolutions des deux sulfates, et faisant cristalliser. D’après Vogel, quand on fait un mélange à volumes égaux de deux solutions de sulfate de cuivre et de chlorure d’ammonium, le sulfate double cristallise par refroidissement, et le chlorure cuivrique reste dans l’eau mère.

Ce sel est en cristaux bleus, isomorphes avec le sulfate ammoniaco-magnésien, assez solubles dans l’eau. Leur densité est 1,757 (Kopp), 1,931 (Schifî). Rs s’effleurissent à l’air sec. Chauffés, ils fondent en un liquide vert, et se décomposent en dégageant de l’eau et du sulfate d’ammoniaque.

Sulfate de cuivre et de potassium (Cu0S0^K0S0^6 HO). — Pour le préparer, on dissout de l’oxyde ou du carbonate de cuivre dans une solution de bisulfate de potasse, ou bien on évapore une dissolution contenant un mélange des deux sulfates.

Il ciistallise en prismes d’un bleu pâle, isomorphes avec le sulfate ammoniacomagnésien. Densité, 2,137 (Kopp et Schiff). A 100 degrés, il perd trois mole-

cules d’eau, et, à une température plus élevée, il devient anhydre. C’est alors une poudre d’un vert pâle, fondant au rouge en perdant un peu d’acide. Il est peu soluble dans l’eau.

En chauffant cette dissolution au-dessus de 60 degrés, on obtient un précipité vert clair et cristallin ; c’est le sulfate double basique :

K0S03,3Gu0S03,Cu0,4H0.

Cette poudre, chauffée avec de l’eau, se transforme en un mélange de sels basiques, ne contenant plus de potasse (1).

Sulfate de cuivre et de soude (Cu0S0^Na0S0^2H0). — On l’obtient en faisant cristalliser le mélange des deux sels. Grabam a réussi à le préparer, en mêlant des dissolutions de sulfate de cuivre et de bisulfate de soude. Il se sépare d’abord des cristaux de sulfate de cuivre et de sulfate de magnésie ; mais plus tard, il se dépose une croûte cristalline de sel double. Le sulfate sodico-cuprique perd facilement son eau, et fond au rouge sans dégager d’acide. Il est efflorescent. En dissolution, il se décompose rapidement en un mélange de sulfate cuivrique et de sel de Glauber.

Sulfate de cuivre et de magnésie. — Il se forme par le mélange des deux sels. Quand le sulfate de cuivre prédomine, il est isomorphe avec les sulfates de la série magnésienne, et a pour composition :

Cu0S03,Mg0S03,7H0.

En présence d’un excès de sulfate de cuivre, le sel double est isomorphe avec ce dernier, et a pour formule :

Cu0S03,Mg0S03,5H0.

(Mitscherlich.)

D’après Rammelsberg, une dissolution à équivalents égaux de sulfate de cuivre et de sulfate de magnésie laisse déposer des cristaux de deux sortes: les uns, contenant 5 molécules d’eau et isomorphes avec le sulfate de cuivre, renferment 7 équivalents de sulfate de magnésie contre 1 de sulfate de cuivre ; les autres, isomorphes avec le sulfate de fer, cristallisent avec 7 molécules d’eau et contiennent, tantôt équivalents égaux des deux sels, tantôt un excès de sulfate de magnésie (2).

On a décrit encore d’autres sels doubles;

Cu0S03,Mg0S03,t4H0.

(Vohl, Schiff.)

2Mg0S03,Cu0S03,21H0.

(Hauer.)

7Mg0S03,Cu0S03,56H0.

(Schiir.)

(1) Brunner Poggendor/fs Annale», t. XV, p. 476, et t. XXXII, p. 221.

(2) PoggendorffS Annalen, t. LXXXXI, p. 321.

7i ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.

Sulfate de cuivre, de magnésie et d'ammoniaque (Cu0S0®,Mg0S03,AzH^0S0* 4-12 HO). — On obtient ce sel sous forme de cristaux d’un bleu pâle, en mélangeant des dissolutions de sulfate ammoniaco-magnésien et de sulfate cuprico-ammonique. Ils sont isomorphes avec le sulfate ammoniaco-magnésien <Beste) (1).

Sulfate de cuivre et de fer. — En mêlant des dissolutions de sulfate cuivrique et de sulfate ferreux, on obtient des cristaux, ayant la forme du sulfate de fer, quand ils contiennent plus de 9 pour 100 de ce sulfate, et la forme du sulfate ■de cuivre, quand ils en contiennent moins (Beudant).

M. Lecoq de Boisbaudran a repris l’étude de cette question; il a vu que les mélanges de sulfate de cuivre et de fer qui contiennent moins de 1/3 de sulfate de fer, fournissent le type à 5 molécules d’eau plus facilement que le type à 7 molécules d’eau. Lorsque les proportions de sel de cuivre et de fer sont dans le rapport de 2 à 1, les deux types possèdent des degrés de stabilité presque égaux. C’est l’inverse qui a lieu quand les proportions respectives des deux sels sont 7:5; toutefois, dans les liqueurs concentrées, les deux types peuvent coexister. Quand les dissolutions contiennent un mélange des deux sels à poids égaux, le type du sulfate ferreux se forme avec une grande facilité.

Pour que le type du sulfate de cuivre l’emporte, il faut donc un grand excès de ce dernier.

On trouve dans le commerce, sous le nom de vitriol de Salzbourg, un sulfate double de cuivre et de fer ayant pour formule :

Cu0S0^3 (Fe0S03) -t- 28110.

On le prépare directement, en mélangeant 1 équivalent de sulfate de cuivre avec 3 équivalents de sulfate de fer. '

Il cristallise en prismes quadrangulaires à base oblique, d’une couleur bleuverdâtre, très solubles dans l’eau. Il est légèrement efflorescent. Chauffé à 100 degrés, il commence par fondre dans son eau de cristallisation. Vers 120 degrés, il perd 24 équivalents d’eau, et ne devient anhydre qu’au-dessus de 300 degrés (Lefort).

Sulfate de cuivre, fer et ammoniaque (Cu0S03,Fe0S0®,AzH*0S0^ 12 HO)

Sulfate de cuivre, fer et ytofasse (CuOSO^FeOSO^jKOSO®, 12 HO). — Ces sels ont été décrits par Vohl (2).

Sulfate de cuivre et de cobalt. — En faisant cristalliser un mélange des deux sulfates dans lequel le sulfate de cobalt prédomine, on obtient des cristaux de sel double, isomorphes avec le sulfate de fer, et renfermant 7 équiva-

ents d’eau (Mitscherlich).

(1 Annal, pliarm., t. XIV, p. 284.

(2) Ibid.., t. LXXXXIV, p. 61.

D'après Hauer, une dissolution saturée de sulfate de cuivre, dans laquelle on fait dissoudre à froid du sulfate de cobalt, laisse déposer des cristaux dissymétriques, ayant pour composition :

CuOS0^2CoOS0^21 HO (t).

Vohl a décrit les sulfates suivants :

CuOS03,CoOS03,AzH«OS03,12HO,

CuOS03,CoOS03,KOS03,12 HO, CuOS0^Co0S0^Zn0S0^Mg0S0^2K0S0^24 HO.

Sulfate de cuivre et de nickel. —^11 a la forme cristalline, et le nombre d’équivalents d’eau de celui des deux sels dont on a employé un excès. Üne liqueur contenant 9 de sulfate de nickel et 1 de sulfate de cuivre, donne le type du sulfate à 7 équivalents d’eau^ cristallisant en prismes rhombiques. Dans une liqueur concentrée, il se forme spontanément des cristaux à 6 équivalents d’eau. Une solution contenant 2 parties de sulfate de nickel et 1 partie de sulfate de cuivre, donne souvent des cristallisations mixtes de sels doubles à 5, 6 et 7 équivalents d’eau. Un mélange contenant 0,7 de sulfate de nickel et 3,9 de sulfate de cuivre, se comporte à peu près comme du sulfate de cuivre pur (Lecoq de Boisbaudran). Hauer a décrit un sel double :

CuOS03,2NiOS03,21HO,

qu’il a obtenu par la même méthode que le sulfate de cuivre et de cobalt décrit plus haut.

Lecoq de Boisbaudran a fait connaître le sulfate double :

Cu0S03,2Ni0.S03,18H0,

qu’on peut obtenir à volonté, en cristaux quadratiques ou monocliniques, selon qu’on plonge dans une dissolution sursaturée un cristal ayant l’une ou l’autre forme.

Sulfate de cuivre, de nickel et d’ammoniaque (CuOSO^,NiOSO®,AzH*OSO®, 12 HO).

Sulfate de cuivre, de nickel et dépotasse (CuOSO^NiOSO®,KOSO^ 12 HO).— Ces deux sels triples s’obtiennent en mélangeant des dissolutions de sulfate nickélo-ammonique ou potassique, et de sulfate cuprico-ammonique ou cupricopotassique (Beste, Vohl).

Sulfate double de cuivre et de zinc. — C’est le vitriol de Chypre. On le prépare en grand, en exposant à l’air les minerais de cuivre zincifères de

(1) Poggendor/Ts Annalen, t. CXXV, p. 637.

76 KNCYCLOPÉDIB CHIMIQUE.

Cliessy. Il cristallise en prismes rhomboïdaux obliques d’un beau bleu. Il renferme :

Cu0S03,3(Zn0S03) + 28 HO.

On peut l’obtenir artificiellement, en mélangeant I équivalent de sulfate de cuivre avec 3 équivalents de sulfate de zinc.

Il s’effleurit à l’air, perd 24 équivalents d’eau vers 120 degrés, et ne devient anhydre qu’au-dessus de 300 degrés. L’eau bouillante le dissout en toutes proportions.

Hauer, en faisant dissoudre du sulfate de zinc dans une dissolution saturée de sulfate de cuivre, a obtenu le sulfate double :

Cu0S03,2(Zn0S03)4-21Ha

Vohl et Beste ont décrit les sels triples :

Cu0SO3,ZnOSO3,(AzH*OSO3) 12HO, Cu0S03,Zn0S03,(K0S03) +12 HO.

Une dissolution des deux sulfates de zinc et de cuivre donne des sels appartenant à deux formes cristallines, correspondant à deux états d’hydratation à 5 ou 7 équivalents d’eau, selon que l’un ou l’aütre sulfate l’emporte dans le mélange. M. Lecoq de Boisbaudran a étudié les conditions de formation de ces cristaux dans les dissolutions sursaturées.

Sulfate triple de cuivre, zinc et magnésie (2Cu0S03,2Zn0S03,3K0S03, 36HO). — Ce sel cristallise en tables d’un bleu clair, qui se déshydratent à 150 degrés (Vohl).

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