‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 14e cahierChapitre 53 sur 152 · DANS LE MERCURE · texte numérisé non relu

DANS LE MERCURE

solide -j- K solide -

CaJ.

Cal.

Hg®* liquide -)- K solide ....

Hg® solide -f- K solide .

Hg® liquide K solide ....

Hg’ liquide K solide ....

Hg‘® solide + Na solide

Hg'® liquide -|- Na solide...

Hg® solide -f Na solide

Hg® liquide + Na solide. ..

Hg^ solide + Na® solide

Hg’ liquide -f Na® solide...

Ces quantités de chaleur considérables, inférieures cependant aux chaleurs dégagées par le potassium et le sodium en décomposant l’eau, montrent que ces amalgames pourront servir comme source d’hydrogène naissant, en présence de l’eau, en donnant lieu à une action moins énergique, et par là même, souvent plus avantageuse. Delà, l’emploi si fréquent de l’amalgame de sodium pour hydrogéner un grand nombre de corps.

AMALGAME d’AUIMINIOM.

On obtient un amalgame d’aluminium en chauffant ensemble les deux métaux dans une atmosphère d’acide carbonique. On peut aussi obtenir ce composé par la réaction de l’amalgame de potassium sur l’alun. Pour cela, dans une cavité percée dans un cristal d’alun, on place de l’amalgame de sodium que l’on agite

(1) Regnauld, Comptes rendus, LI, 778 et LU,

MERCURE

pendant une demi-heure environ; au bout de ce temps il est devenu plus visqueux et il contient une certaine quantité d’aluminium.

En agitant l’aluminium avec de l’amalgame d’ammonium, le composé ammoniacal se détruit en dégageant de l’hydrogène et de l’ammoniaque, la lame se recouvre de mercure. L’amalgame de sodium produit le même phénomène, seulement l’action de l’eau est nécessaire. En recouvrant l’amalgame bien sec d’une couche d’huile de naphte, le dépôt n’a plus lieu, une goutte d’eau suffit pour produire l’adhérence du mercure. En plongeant dans un vase contenant du mercure et de l’eau acidulée, les deux électrodes en platine d’une pile, pouvant décomposer l’eau, de façon que la lame positive soit dans l’eau acidulée et la lame négative au contact du mercure, on voit, dès qu’apparaissent les bulles d’hydrogène sur cette lame, le mercure s’y fixer comme dans les expériences précédentes (1).

L’aluminium amalgamé décompose l’eau acidulée par l’acide sulfurique ou azotique pur avec une grande énergie, il y a dégagement d’hydrogène et il se dissout un sel d’alumine; dans l’eau pure il se dégage encore de l’hydrogène et l’alumine reste en suspension.

Si l’on décompose un sel de mercure par un courant électrique, on voit l’oxygène se dégager au pôle positif et le mercure se déposer sur la lame négative. Si le courant est tel, qu’il fi’y ait pas dégagement d’hydrogène, le mercure révivifié se dépose en globules brillants, mais n’adhérant pas à la lame négative. En faisant intervenir l’hydrogène naissant on détermine à l’instant l’amalgamation : à cet effet, on se sert de la lame ainsi tapissée de globules mercuriels comme pôle négatif d’un voltamètre, on en décompose l’eau; on voit, au moment où l’hydrogène paraît, que les globules changent de forme, s’étalent, et la lame est fortement amalgamée.

D’après M. Cailletet, ces expériences montrent que l’électricité seule est insuffisante pour déterminer l’amalgamation des métaux qui résistent ordinairement à l’action du mercure, tandis que tous les faits exposés tendent au contraire à prouver que celte amalgamation a besoin de la présence de l’hydrogène à l’état naissant et qu’elle ne pourrait avoir lieu en présence d’un autre gaz.

On peut aussi, d’après Tissier, obtenir l’union du mercure et de l’aluminium, en ayant recours simplement à une solution de soude ou de potasse caustique, sans l’emploi de la pile. L’aluminium décapé et humecté d’une dissolution alcaline se laisse mouiller immédiatement par le mercure, qui forme alors un étamage brillant à sa surface.

Quel que soit le procédé employé, les propriétés de l’amalgame d’aluminium sont extrêmement remarquables. Sous l’influence du mercure auquel il est allié, l’aluminium cesse d’être un métal précieux et prend les propriétés d’un métal alcalino-terreux. Exposé à l’air, l’amalgame perd instantanément son éclat, s’échauffe et s’oxyde rapidement en se transformant en alumine et mercure métallique.

(I) Cailletet, Comptes rendus, XHV, 1250.

AMALGAME d’AMMONIÜM.

On a obtenu en décomposant par la pile, avec du mercure comme électrode négative, du sel ammoniac ou même une dissolution d’ammoniaque, une masse pâteuse de consistance sirupeuse, d’une faible densité, que l’on a considéré comme un amalgame d’ammonium. Ce corps se détruit rapidement en donnant du mercure, de l’ammoniac et de l’hydrogène. On obtient aussi le même produit en traitant une dissolution saturée de chlorhydrate d’ammoniaque par dé l’amalgame de sodium. Ce dernier métal est déplacé par l’ammonium, mais non en totalité; une certaine fraction de sodium reste combinée au mercure et la stabilité de l’amalgame d’ammonium paraît d’autant plus grande qu’il reste plüs de sodium dans le produit.

Quant à la constitution véritable du produit que l’on obtient ainsi, il existe des doutes sur sa nature. Certains chimistes ne voient dans le corps ainsi obtenu que du mercure, gonflé par des bulles extrêmement fines, constituées par un mélange de gaz ammoniac et d’hydrogène. Ce qui a fait naître cette opinion est cette remarque que le volume du prétendu amalgame est inversement proportionnel à la pression; il suit la loi de Mariette, mais on peut faire à cettè interprétation la critique suivante : l’amalgame d’ammonium peut exister en présence des produits de sa décomposition, ammoniac et hydrogène. La partie décomposée, étant gazeuse, possède un volume beaucoup plus grand que l’amalgame d’ammonium non décomposé, de sorte que la masse peut suivre la loi de Mariette tout en contenant de l’amalgame d’ammonium.

Une autre propriété indiquée par Landolt {Zeistchr. f. Chem. [2], V, 429) comme preuve de la non-existence dans cette matière de l’amalgame d’ammonium consiste dans le fait que des dissolutions d’azotate d’argent et de percblorure de fer nq sont pas réduites par la masse pâteuse de l’amalgame, tandis que ces sels le sont par les amalgames de sodium et de potassium; mais il se peut que l’amalgame d’ammonium, s’il existe, ne jouisse pas de cette propriété.

L’expérience suivante de M. Gallatin {Phil. Mag. [4], XXXVIII, 57) conduit à la conclusion contraire; il a montré que l’hydrogène se dégageant de l’amalgame d’ammonium possède les propriétés de l’hydrogène naissant ; mais cette expérience ne prouve la présence d’un amalgame d’ammonium qu’autant que l’ori s’est assuré de l’absence du sodium dans la matière employée; or elle en contient souvent.

La décomposition de l’amalgame d’ammonium est l’apide, même à une température de 29 degrés (Davy) ; mais à une température plus basse, telle que celle qu’on obtient par un mélange d’acide carbonique solide et d’éther, il ne se dégage aucun gaz (Grove).

AMALGA.ME d’ANTIMOINE.

Cet amalgame se forme directement quand on chauffe les deux métaux à une température assez élevée. On peut aussi l’obtenir en broyant, dans un mortier,

MERCURE

•2 parties d’antimoine et 1 de mercure en présence d’une petite quantité d’acide chlorhydrique. Ce composé est mou et il s’altère facilement en présence de l’air ou de l’eau.

AMALGAME D’AUGENT.

On peut obtenir de plusieurs façons les amalgames d’argent. Si l’on opère en mettant les deux métaux en présence, l’action est assez lente à froid; elle est plus rapide si la température est voisine de celle de l’ébullition du mercure. On obtient dans ce cas par refroidissement de fines aiguilles d’amalgame qui nagent à la surface. La dissolution se faisant toujours assez lentement, il y a avantage à employer des feuilles d’argent ou de l’argent précipité.

Le mercure précipite l’argent de ses dissolutions salines en s’unissant avec le métal ainsi mis en liberté. Cette expérience est connue sous le nom d’arbre de Diane, les cristaux formés présentant des ramifications donnant lieu à un aspect particulier. Vitalis a modifié ce procédé en plaçant un petit sac en toile contenant du mercure au tnilieu d’une solution composée d’azotate d’argent et d’azotate de mercure. Les amalgames ainsi préparés contiennent selon les circonstances plus ou moins de mercure. Hünefeld a donné à l’un d’eux la formule Hg*AgL Dehne a indiqué pour un autre la composition Hg^Ag. Ces corps, quoique bien cristallisés, ne sont pas nettement définis, parce qu’ils retiennent obstinément un excès de mercure. Ces amalgames perdent leur mercure quand on les chauffe.

Joule a obtenu un amalgame d’argent répondant à la formule Ag^Hg, en comprimant fortement la masse obtenue par l’action du mercure sur l’azotate d’argent. On peut même obtenir un amalgame encore plus riche en argent, en décomposant par électrolyse un sel d’argent, en prenant un bain de mercure comme électrode négative.

État naturel (i). Amalgame. — Ce minéral est d’un beau blanc d’argent . avec éclat métallique. Il se présente en cristaux, en masses amorphes, à cassure grenue, et en plaques; dans ce dernier cas,il se tapisse de petites fentes, et •l’on dirait de l’amalgame étendu en couche mince par une forte pression, en sorte qu’il serait plus juste de le désigner sous le nom d’enduit. Sa dureté est de 2,5; il raye la chaux sulfatée. La pesanteur spécifique est de 14,119. Exposé au chalumeau, le mercure se volatilise, et l’argent reste sous forme métallique ; à l’aide du frottement, il communique au cuivre une couleur argentée; il donne du mercure par la distillation dans un tube.

La composition de l’amalgame d'argent est, d’après l’analyse de Klaproth :

Rapp. aloin.

Argent. 36 0,026 1

Mercure. 64 0,056 2

qui correspond à la formule AgHg®. Les analyses de ce minéral sont assez dif- (t) Dufrénoy. Traité de minéralogie, t. 111, p. tîi.

Ui ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.

férentes, mais cela tient à ce que souvent il existe du mercure en excès, ce dont on s’assure du reste facilement par l’état de la surface des cristaux. Lorsque la composition de l’amalgame représente la formule atomique, les cristaux sont d’une grande netteté et possèdent beaucoup d’éclat. Dans le cas contraire, leurs arêtes sont arrondies, et leur surface est analogue à celle des corps recouverts d’une couche d’huile. Quelquefois même on y aperçoit des gouttelettes de mercure.

Les cristaux les plus habituels sont en dodécaèdre régulier; on rencontre aussi les formes représentées par les figures 1, 2 et 3. L’amalgame d’ar¬

gent a été trouvé dans un assez grand nombre de localités. Les plus beaux cristaux proviennent de Moschel-Landsberg, dans la Bavière.

Arquérite. — Cette espèce de minerai est l’une des principales exploitées dans les riches mines d’Arqueros dans la province de Coquimbo, au Chili; son aspect extérieur et sa malléabilité l’ont fait pendant longtemps regarder comme de l’argent natif.

L’arquérite est d’un blanc d’argent : terne à la surface, lorsqu’elle est en grain et en masses amorphes, elle est éclatante, lorsqu’elle forme des plaques interposées entre des lames de baryte sulfatée ou lorsqu’elle est en cristaux. Plus tendre que l’argent tin, elle est aussi malléable que l’argent pur et se laisse couper au couteau.

La forme cristalline est un octaèdre paraissant régulier; les cristaux sont toujours petits et presque constamment groupés suivant l’axe du cristal; ü résulte de cette disposition que l’arquérite forme des octaèdres allongés ou bien des dendrites saillantes. Quelquefois les dendrites se composent d’aiguilles qui, se groupant autour de l’axe et transversalement à cet axe, forment des octaèdres dont les arêtes se trouvent indiquées par les pointes des aiguilles.

La pesanteur spécifique de l’arquérite cristallisée est de 10,85.

Au chalumeau, dans le matras, elle produit un sublimé de mercure sans bouillonner. Sur le charbon, elle donne un bouton d’argent; elle est soluble dans l’acide nitrique. ...

Sa composition est Ag“Hg.

MERCURE

AMALGAME DE BARYUM.

On l’obtient en décomposant par l’électricité une bouillie de chlorure de baryum, additionnée d’acide chlorhydrique, et chauffée vers 100 degrés, en employant du mercure comme électrode négative. Cet amalgame est solide, d’un blanc d’argent, d’une apparence cristalline. Il s’altère rapidement au contact de l’air humide, en formant de l’hydrate de baryte avec un dégagement de chaleur appréciable à la main. Il se décompose dans l’eau assez rapidement, surtout lorsqu’elle est acidulée. On peut aussi préparer ce corps par l’action de l’amalgame de sodium (100 parties de mercure pour 1 de sodium), sur une dissolution saturée de chlorure de baryum; il se forme alors un amalgame de baryum, que l’on recueille lorsque le dégagement de gaz a cessé.

On peut aussi l’obtenir par le procédé employé par Davy pour décomposer la potasse caustique.

11 décompose le chlorhydrate d’ammoniaque, en donnant, comme l’amalgame de sodium, une masse volumineuse d’amalgame d’ammonium.

Bœttger (J. pr. Chem., I, 305) indique l’expérience suivante sur Faction de l'amalgame de baryum sur le sulfate de cuivre : quand bn met, dans une solution concentrée de ce sel, un globule d’amalgame, il se met à tourner rapidement en donnant naissance à des flocons de sulfate de baryte, colorée par de l’oxyde et de l’oxydule de cuivre ; Faction est assez vive.

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