PROCÉDÉS PAR LA VOIE SÈCHE
Procédé d’Amsterdam. — Dans du soufre fondu, contenu dans un creuset de fer, on introduit peu à peu du mercure (17 parties de mercure pour 5 de soufre), en ayant soin de remuer doucement la matière de façon que la combinaison n’ait pas lieu trop vite ; le dégagement de chaleur résultant d’une réaction trop vive déterminerait une perte. La matière est ensuite coulée sur des plaques de tôle, puis concassée et mise dans des pots en terre placés eux-mêmes dans de grands cylindres en terre fermés à la partie inférieure et chauffés dans cette partie jusqu’au rouge; l’ouverture de la partie inférieure est fermée par
une sorte de couvercle sur lequel la majeure partie du cinabre volatilisé vient se condenser ; on le change à plusieurs reprises en faisant retomber à chaque chaque fois le cinabre déposé sur les parois latérales. La matière ainsi obtenue est pulvérisée sous l’eau aussi finement que possible.
Procédé d’Idria. — Cette méthode diffère surtout de la précédente par la préparation préliminaire que l’on fait suhir à la matière avant de la chauffer. On commence par introduire dans des tonneaux du soufre et du mercure (21 de mercure pour 4 de soufre). Ces tonneaux sont ensuite mis en rotation autoiir de leur axe pendant deux ou trois heures. La masse retirée de ces tonneaux se compose alors d’un mélange brun contenant du sulfure de mercure déjà formé, du soufre et du mercure libres. La matière est alors introduite, parties par parties, dans un cylindre de fonte préalablement chauffé ; elle déflagre et on obtient ainsi une masse brune de sulfure de mercure. On adapte alors à la partie supérieure un chapiteau en terre munie d’un tuyau de dégagement; le cylindre est alors chauffé au rouge, le sulfure de mercure se volatilise et vient se condenser partie dans le chapiteau et partie plus loin, dans le tuyau. La première partie est seule gardée; on la pulvérise finement sous une couche d’eau. Le reste est mêlé avec le sulfure brun retiré des tonneaux, et subit ainsi une nouvelle sublimation.
Procédé chinois. — En Chine, on chauffe 4 parties de mercure avec 1 partie de soufre dans des pots en terre munis de couvercles de fer. On chauffe pendant vingt-quatre heures, puis les pots sont brisés.
Le cinabre obtenu par cette méthode est d’une nuance carminée, le cinabre européen tirant plutôt sur le jaune ; il est difficile de se rendre compte de la différence des produits obtenus. Lorsqu’on distille ensemble du cinabre et du sulfure d’antimoine (1 pour 100 de ce dernier corps), on obtient un cinabre grisâtre dont la poussière est d’un rouge brun. Si on le pulvérise bien et qu’on le fasse longtemps bouillir avec une solution de foie de soufre, puis qu’on le lave à l’eau, puis à l’acide chlorhydrique, on obtient, d’après Wehrle, une matière ayant exactement le ton du cinabre chinois, et dans laquelle on ne peut pas trôuver d’antimoine.