VII. VIII. IX
Aa. 52,6 100,3
Hg. 100,0 100,0
Densité. li,68 »
Les amalgames I, II, III et IV étaient préparés par simple contact à froid du mercure et d'une dissolution froide de nitrate d’argent; les amalgames V et VI au moyen d’une dissolution chaude du même sel.
Les formules de ces amalgames sont faciles à établir d’après ces analyses, l’équivalent, du mercure étant précisément égal à 100. On trouve ainsi :
Agllg^ .Ag^sAg^ Ag*,01gs, Ag^*Hg2, Ag^^Hg^,
AgHig, Ag%MlgS Ag^«Hg^ Ag'>,8Hg2.
Le premier et le dernier de ces corps n’abandonnent pas de mercure lorsqu’on les presse dans une peau de chamois, mais tous ceux qui contiennent plus de mercure que l’amalgame IX laissent échapper un peu de ce métal dans ces conditions, et fournissent un résidu solide dont la formule est celle de l’amalgame IX, contenant 30,4 pour 100 d’argent pour 69,6 pour 100 de mercure. Joule considère ce dernier corps (Ag“,8Hg^) comme un amalgame de composition chimique définie, qui retiendrait 4,6 pour 100 de mercure en excès. La formule est, en effet, assez voisine de AgHg^.
Antérieurement, Crookevvitt (2) avait décrit trois amalgames : Ag'H*®, AgHg’^, AgHg^ et AgHg*, obtenus par l’action du mercure sur une solution aqueuse de nitrate d’argent, en faisant varier les proportions.
S’il est difficile d’établir d’une manière certaine la composition exacte des divers amalgames d’argent solides, il est encore plus délicat de déterminer si les amalgames liquides, contenant par conséquent un grand excès de mercure, sont des combinaisons définies ou de simples dissolutions d’un métal dans l’autre, ou encore, des dissolutions d’un ou plusieurs amalgames dans un excès de mercure.
On sait seulement, depuis les expériences de Malaguti et Durocher (3), que, lorsqu’on dissout dans du mercure quelques millièmes d’argent, en agitant la niasse liquide, l’amalgame éprouve une sorte de liquation, de sorte que les parties supérieures deviennent, après un repos prolongé, beaucoup plus riches en argent que les portions inférieures. Un phénomène analogue se produit; mais en sens inverse, pour les amalgames liquides d’or, les amalgames de ce dernier métal étant plus lourds que le mercure, de sorte que ce sont les parties inférieures qui deviennent plus riches en or.
Lorsqu’on dissout, par exemple, 1 décigramme d’argent dans 20 grammes de
mercure (soit 50 dix-millièmes), le mélange étant placé dans un vase en verre et qu’on le verse en plusieurs fois dans un autre verre, on trouve que les diffé’ rentes portions sont plus ou moins riches en argent; les variations observées ne sont pas constantes et dépendent de la forme du vase employé, mais le sens dans lequel elles se produisent est toujours le même, les portions supérieures étant constamment plus riches en argent. Dans une expérience, Malagmi el Dnrocher ont versé le liquide en quatre portions successives et à peu prjg égales ; chaque portion étant alors pesée, puis évaporée et calcinée pour obtenir sa richesse en argent. Ils ont obtenu ainsi le tableau suivant :
c aquc port on
Ces savants, dans d’autres expériences, ont placé dans un gros tube à essai environ 20 grammes de mercure plus ou moins, mais toujours faiblement argentifère, et, après avoir bouché le tube avec le pouce et agité la masse, ont laissé couler quelques gouttes du liquide, qui ont été analysées chaque fois par calcination pour connaître leur richesse en argent. Voici les l'ésultats de ces essais;
Il résulte de ces essais que la liquation ne produit un effet sensible que lorsque le liquide contient au moins Qu^OSO d’argent pour 20 grammes environ de mercure, soit à peu près 1/400. Au-dessous de ce titre, la composition du liquide recueilli ne diffère pas sensiblement de celle de la masse totale de l’amalgame.
On s’est servi pendant longtemps de l’amalgame d’argent liquide pour argenter des surfaces métalliques ou autres, inaltérables par la chaleur et par le mercure. On emploie encore ce procédé dans quelques cas particuliers. On a recours à un amalgame composé de 85 parties de mercure pour 15 d’argent; l’argenture se fait alors comme la dorure au mercure. Cette composition correspond à peu près à la formule AgEtg*^.
On désigne quelquefois, sous le nom de mastic de Bell, pâte d’argent de Taneau, ou minerai succedaneum un amalgame d’argent que les dentistes on employé pendant longtemps pour plomber les dents cariées. Mais les inconve nients de ces substances ont fait peu à peu renoncer à leur emploi.
Lorsqu’on distille les amalgames d’argent,' la plus grande partie du meicur®
L’ARGENT ET SES COMPOSÉS
éliminée à la (empéralure de 350 degrés, qui est celle de son ébullition. Cependant, il en reste encore des traces à 400 degrés, et on doit porter la température au rouge sombre pour les chasser. Lorsque l’amalgame contient de petites quantités de cuivre, les dernières traces de mercure résistent encore davantage, et, à la température où elles sont éliminées, un peu d’argent peut être entraîné; cependant, ces pertes ne sont pas sensibles dans les dosages.
L’argent poli, qui a été en contact avec le mercure, perd son éclat et devient cassant. On peut cependant lui rendre son éclat en le chauffant au rouge naissant, s’il s’agit de l’argent pur: si l’on a un alliage de cuivre et d’argent, celui-ci noircit à la surface après avoir été chauffé au rouge; on doit alors le décaper et le polir de nouveau.