‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 15e cahier (volume 2)Chapitre 99 sur 157 · I. — AMALGAMES · texte numérisé non relu

I. — AMALGAMES

Les amalgames d’argent constituent un des plus précieux minerais de ce métal; malheureusement, on les trouve très rarement. Nous avons décrit la plupart des amalgames d’argent naturel, qui sont :

AgHgS.

AgHg2.

Ag®Hg*.

Ag5Hg3.

Ag’Hg^

Ag®Hg.

Ag‘^Hg.

Un grand nombre de ces composés ont été reproduits artificiellement, mais il ®st certain que plusieurs sont des mélanges et que, pour les autres, il est très

difficile de décider si l’on se trouve réellement en présence de composés définis, l’argent ayant la propriété de se dissoudre en proportions quelconques dans le mercure jusqu’à la limite indiquée par la formule AgHg®, et de fournir des corps cristallisés en cubes ou en formes dérivées du cube dont la richesse en argent est très variable.

La propriété que possède le mercure de dissoudre, même à froid et presque en toutes proportions, les métaux précieux tels que l’or et l’argent sans que son aspect soit beaucoup modifié, et d’abandonner ensuite ces métaux par évaporation, était exploitée autrefois (1) par les souffleurs, qui se faisaient donner de grosses sommes d’argent pour la découverte de la fameuse pierre philosophale, dont ils prétendaient posséder le secret.

« Ces imposteurs, dit Shaw, ont coutume de feindre une circonstance où ils ont besoin d’employer du mercure dans leur procédé; mais ils y ont auparavant dissous ou fait dissoudre directement nne certaine quantité d’or ou d’argent, qui ne s’évapore point comme le mercure, à quelque degré de feu qu’on l’expose, et font croire ainsi aux spéculateurs crédules qu’ils n’emploient que les métaux les plus vils pour cette sublime opération ; les exemples de celte supercherie ne sont que trop communs et font grand tort à l’alchimie. » Leçons de chimie de Shaw, p. 116 (1759).

Aujourd’hui que tous ces mirages ont disparu, on peut dire encore que la propriété que possède le mercure de dissoudre l’argent sert à faire de l’argent, ou du moins à l’isoler. Nous avons vu que le traitement des minerais d’argent par l’amalgamation est une des opérations les plus importantes delà métallurgie de ce métal.

Les alchimistes connaissaient aussi un amalgame d’argent solide et cristallisé qu’ils désignaient et qu’on appelle encore aujourd’hui l’arbre de Diane. On le prépare en introduisant dans une solution de 3 parties de nitrate d’argent une solution saturée de 2 parties de nitrate de mercure et un amalgame formé de 7 parties de mercure pour 1 d’argent. Ce dernier se prépare très rapidement par la dissolution de l’argent en feuille ou en poudre dans du mercure. Au bout d’un ou deux jours, on trouve dans la liqueur une multitude de cristaux métalliques, brillants, de plusieurs centimètres de longueur, qui s’étendent, sous forme de ramifications, jusqu’à la surface du liquide, en simulant une sorte de végétation.

On peut même obtenir cet amalgame en introduisant une goutte de mercure au fond d’un verre contenant une dissolution concentrée de nitrate d’argent, mais la formation des cristaux est alors un peu plus lente et ils sont moins abondants.

La formule de ce corps est AgHg®.

E. Dumas (2) a fait connaître un amalgame AgHg®, qui s’était produit acci denlellement en 1869, à la Monnaie de Bordeaux, en filtrant le mercure argen tifère contenu dans une bouteille en fer ayant servi au lavage des cendres pro venant de la refonte des écus de 6 francs en 1832. Il contenait des traces d or

(1) GirartUn, Chimie élémentaire, 6" édition, t. II, p. 588, en note.

(2) C. R., t. LXIX, p. 759.

L’ARGENT ET SES COMPOSÉS

Joule (1) a obtenu un certain nombre d’amalgames dont il a déterminé la composition et la densité :

Page 1