‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 15e cahier (volume 2)Chapitre 102 sur 157 · FIG · texte numérisé non relu

FIG

Alliage Ag“Cu^ sous la forme sphérique (fig. 93) (1).

Titre calculé.

Titre ,de la goutte.

Parties extérieures. | ^ •

Moyenne.. 673,75

Centre. E/ |

essai. 671,90.

essai.. 671,70

Parties intérieures excentriques, r j

Le titre moyen des parties extérieures excède encore de 1,95 celui du centre. (1) Fig. 6, pl. III, même mémoire.

L’ARGENT ET SES COMPOSÉS

Alliage Ag^Cu* sous la forme sphérique (fig. 94) (1).

Titre calculé. 718,93

Titre de la goutte. 718,32

Parties extérieures

Centre

Parties intérieures excentriques.

Jet

P (tête)., Q (pied).

Ces résultats sont évidemment aussi concordants que le comporte la précision des analyses. D’après les essais de Levol, la même concordance s’observe lorsqu’on conle cet alliage Ag^’Cu* dans une lingolière à ciel ouvert, d’une forme quelconqne, et encore dans des analyses d’un très gros lingot de 22 kilogrammes, ou d’une plaque mince de quelques millimètres.

Il en résulte que, parmi tous ces alliages, ce dernier est le seul qui ne présente pas de liquation. On doit donc considérer l’alliage Ag®Cu* comme un composé chimique défini.

Sa densité est 9,9045, tandis que la densité calculée serait 9,998. Il y a donc une faible dilatation pendant la combinaison.

Levol a encore étudié de la même manière l’alliage Ag®Cu (872 millièmes) qui donne des phénomènes de liquation bien caractérisés, et ne paraît pas être un composé défini.

Il en est de même de deux autres alliages qui sont Fig 9i.

intéressants à cause de l’importance de leurs usages :

I alliage à 950 millièmes, que l’on emploie en France pour confectionner es médailles d’argent et les objets d’orfèvrerie dits au premier titre, et alliage à 900 millièmes qui sert à la fabrication des monnaies d’argent dans

'a plupart des États.

^°ici les résultats obtenus pour l’alliage à 950 millièmes ;

0) Éig. 7, pl. iii^ même mémoire.

Titre de la goutte, 948,39 (fig. 95) (1).

D947’20 Moyenne, 947,70

Centre. G. 930

Il présente donc encore une liquation, faible, il est vrai, mais cependant appréciable et constante, la partie centrale étant la plus riche.

Alliage à 900 millièmes, sous la forme sphérique.

Parties extérieures..

Centre.

Parties intérieures excentriques.

Jet.

It:::::::::::::

/ L (tête).

] M (partie infér.)..

( N (pied) .

Moyenne. 898,95

(1) Fig. 10, pl. III, même mémoire.

(2) Fig. 11, pl. III, même mémoire.

L’ARGENT ET SES COMPOSÉS. "263

le titre moyen des parties extérieures, 898,95, est donc inférieur à celui de la goutte de 2,39.

Dans un autre essai, il a été trouvé inférieur de 2,96.

On remarque, en outre, que le centre est beaucoup plus riche en argent que les autres portions.

Ces faits indiquent une liquation très marquée. Elle est d’autant plus fâcheuse que cet alliage sert à la fabrication des monnaies, et que l’on a grand intérêt à employer pour cet usage des alliages parfaitement homogènes. Ces différences se retrouvent dans les monnaies elles-mêmes, bien qu’elles soient toujours beaucoup moins marquées. Les pièces de 5 francs, par exemple, présentent toujours de faibles dilîérences de titre d’un point à l’autre, et il est difficile d’en trouver deux dont 1 a composition soit exactement la même. Dans, le but de préciser l’importance de ces différences, Levol a analysé une lame d’alliage à 900 millièmes, destinée à la fabrication des pièces de 5 francs. Ces lames, après le laminage, ont une longueur de l'”,70 et fournissent quarante fldns ou disques, produisant autant de pièces monnayées. On a analysé séparemment ces quarante flans.

Le premier, provenant de la tête de la lame, avait pour titre 900,44; le dernier, provenant du pied de la lame, seulement 897,30; les autres possédaient une richesse intermédiaiaire. La différence est de 3,14. Il en résulte que, si, par hasard, le jugement d’une fabrication de monnaie portait uniquement sur des pièces provenant des têtes de lames, celte fabrication serait estimée à 900,44, et que, au contraire, si les pièces choisies se trouvaient toutes extraites du pied de la lame, on trouverait 897,30, tandis que la composition moyenne du flan était 898,90.

En traitant de la fabrication des monnaies et médailles, dans la seconde partie de cet article (applications), nous aurons l’occasion de revenir sur ces inconvénients et d’indiquer les précautions prises pour les atténuer. La convention monétaire actuelle, du 6 novembre 1885, en accordant une tolérance de titre de 2 millièmes pour la fabrication des pièces de 5 francs en argent, a rendu d’ailleurs ces inconvénients négligeables dans la pratique.

A la suite de ses recherches sur l’homogénéité des alliages d’argent et de cuivre, Levol avait proposé d’y remédier complètement en substituant, à 1 alliage à 900 millièmes, l’alliage défini Ag®Cu‘ à 719 millièmes, qui n’est pas soumis à la liquation.

Quoi qu’il en soit de ces considérations, sur lesquelles nous reviendrons, retenons surtout de ces expériences ce fait que l’argent forme avec le cuivre un composé chimique défini de la formule Ag^Gu* à 719 millièmes environ, et que tous les autres alliages paraissent être de simples dissolutions de celui-ci, soit dans un excès de cuivre, soit dans un excès d’argent.

Aux termes de la convention internationale du 6 novembre 1885, conclue entre la France, l’Italie, la Grèce et la Suisse, et à laquelle la Belgique a adhéré en décembre 1885, les seules pièces d’argent au titre de 900 millièmes sont les pièces de 5 francs. Leur poids est de 25 grammes. La tolérance du litre est de 2 millièmes, et la tolérance du poids de 3 millièmes. Le diamètre est 37 millimètres. Les autres pièces d’argent, dites divisionnaires, sont celles

26i ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE,

de 2 francs, 1 franc, 50 centimes et 20 centimes. Elles sont au titre de 835 mil lièmes, avec une tolérance de titre de 3 millièmes. Leurs poids sont de 10 grammes, 5 grammes, 29'',5 et 1 gramme, avec une tolérance de poids de 5 millièmes pour les pièces de 2 francs et de 1 franc, de 7 millièmes pour celles de 50 centimes, et de 1 centième pour celles de 20 centimes. Leurs diamètres sont de 27, 23, 18 et 16 millimètres.

Les titres des monnaies étrangères sont les uns inférieurs, les autres supérieurs à ceux des monnaies françaises :

Les pièces anglaises sont au titre de 925 millièmes.

Les pièces de 1/4 de florin autrichiennes au titre 520 millièmes.

Les pièces bulgares, 835 millièmes.

Les pièces danoises, 800, 600 et 400 millièmes.

Certaines pièces espagnoles sont à 900, d’autres à 835 millièmes.

Les pièces turques à 830 millièmes.

Celles des Pays-Bas ont un titre variant de 945 à 640 et 720 millièmes. Ce dernier titre est celui de l’alliage homogène de Levol.

Les pièces portugaises sont à 916,66.

Les pièces russes à 868, 750 et 500 millièmes.

Les pièces suédoises et norvégiennes à 800, 600 et 400 millièmes.

Celles de l’Égypte sont les unes à 900 millièmes, d’autres à 833,3, d’autres à 750 millièmes.

Au Japon, on a adopté 900 et 800 millièmes.

Dans les Indes anglaises, 916,66.

Dans d’autres colonies anglaises, 800 et de 925 millièmes.

Au Mexique, 902,7.

Au Brésil, 917.

Beaucoup d’autres États ont choisi le titre uniforme de 900 millièmes, ou bien les deux titres de 900 et 835 millièmes, qui sont ceux des États signataires de la convention du 6 novembre 1885.

Le titre des médailles et jetons frappés à la Monnaie de Paris est de 950 millièmes pour l’argent.

Les objets d’orfèvrerie peuvent avoir deux titres :

Le premier titre est à 950 millièmes ;

Le second à 800 millièmes.

La tolérance est dans les deux cas de 5 millièmes. Aucun de ces objets ne peut être mis en vente sans avoir été présenté à un bureau de garantie et revêtu de l’empreinte des poinçons de l’État, après essai constatant qu’il est au titre légal. Ces prescriptions sont obligatoires en vertu de la loi du 19 brumaire an VI.

Les monnaies anciennes avaient des titres très variables. Ainsi on a des monnaies de Domitien, de Trajan, d’Adrien, dont les titres ( 861 , 3 -—89 , — 882,3) étaient assez voisins dé 900 millièmes, tandis que des pièces Ç Marc-Aurèle avaient seulement 632,6, et des pièces de Caracalla 512,6. paraît avoir existé de tout temps et dans tous les pays des règlements destines à contrôler le titre des monnaies. Nous reviendrons sur ces faits et aussi sur substitution partielle du zinc au cuivre dans les monnaies divisionnaires.

L’ARGENT ET SES COMPOSÉS. 26

La soudure d’argent est au titre de 670 millièmes.

Les alliages d’argent et de cuivre, surtout lorsqu’ils contiennent moins de 900 millièmes d’argent, sont assez facilement attaquables par les acides étendus; le vinaigre les dissout un peu en attaquant surtout le cuivre. Gespièces peuvent se recouvrir de vert-de-gris.

Ces alliages ne paraissent pas avoir grande tendance à la cristallisation. Cependant, dans ses essais sur l’alliage Ag^Cu® à 694,5 millièmes, Levol a observé des octaèdres de plusieurs millimètres de côté, en laissant refroidir très lentement une masse d’alliage pesant près de 1 kilogramme.

Lorsqu’on distille un alliage de cuivre et d’argent, l’argent, qui se volatilise le premier, contient un peu de cuivre, et le cuivre qui reste retient de l’argent. Ce fait s’explique facilement, les points d’ébullition des deux métaux étant très voisins.

Ces alliages peuvent s’oxyder dans certaines conditions, à la température de leur fusion; la masse contient alors des veines rougeâtres d’oxydule de cuivre, et devient impropre à la fabrication des monnaies et objets d’orfèvrerie. On peut réduire ces alliages au moyen du charbon et leur rendre leur homogénéité.

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