‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 15e cahier (volume 2)Chapitre 107 sur 157 · I. — AUTRES ALLIAGES · texte numérisé non relu

I. — AUTRES ALLIAGES

On connaît encore beaucoup d’autres alliages d’argent, qui n’ont pas été étudiés avec autant de soin que les précédents, et dont l’importance est bien moindre. Nous en donnerons une description sommaire, dans l’ordre suivant ;

et bismuth, thallium, platine, palladium, iridium.

fer.

manganèse.

nickel.

cuivre et platine, cuivre, étain et or.

cuivre, étain et arsenic.

Argent, cuivre et nickel.

— cuivre, zinc et nickel.

— cobalt, nickel et fer.

— et chrome.

— et tungstène.

— molybdène.

— potassium.

—• sodium.

— aluminium.

— magnésium.

— arsenic.

— antimoine.

1° Argent et bismuth.

Les deux métaux se combinent en toutes proportions, et donnent des alliages cassants.

Avec des poids égaux, l’alliage a la couleur du bismuth et une densité de 10,709; il ne se dilate pas pendant la solidification.

Avec 2 parties de bismuth pour 1 partie d’argent, on obtient un alliage qui se dilate beaucoup pendant la solidification.

L’alliage à 33 pour 100 de bismuth ressemble beaucoup à l’argent.

Tous ces corps peuvent être coupellés, comme les alliages de plomb et d’argent.

2“ Argent et thallium.

L’alliage à poids égaux est blanc.

3'’ Argent et platine.

Tous les chimistes savent que l’argent s’allie au platine, et qu’on doit éviter de chauffer de l’argent ou des sels d’argent dans des vases de platine.

On a préparé plusieurs de ces alliages, contenant, pour 1 partie en poids de platine, 1, 2, 3 et 7 parties d’argent. Les trois premiers ne fondent qu’à la chaleur blanche.

Oes alliages sont moins ductiles que l’argent; ils se brisent aisément sous le marteau, même lorsqu’ils sont très riches en argent; on dit alors que ce métal

aaCTCLOP. CHIM.

est devenu aigre. Lorsqu’il y a excès de platine, l’alliage présente le nh' mène de la liquation.

L’acide nitrique attaque ces alliages, et dissout une dose notable de piaf en même temps que l’argent.

L’acide sulfurique concentré dissout l’argent et laisse le platine inattam ’ Un alliage à 5 pour 100 de platine est complètemént soluble dans l’acidé nitrique.

Les dentistes emploient un alliage d’argent et de platine, contenant 2 parties d’argent pour 1 partie de platine. Ce même alliage a été adopté pour la construction du type de résistance électrique. Il est très ductile.

4“ Argent et palladium.

L’alliage à 6 parties d’argent pour 4 parties de palladium est blanc, élastique, malléable, et ne noircit pas par l’hydrogène sulfuré. Les alliages qui contiennent moins de 25 pour 100 de palladium sont, au contraire, noircis par ce gaz.

L’alliage à parties égales est gris, et intégralement soluble dans l’acide nitrique en un liquide brun rouge. Sa densité est 11,29.

L’alliage à 38,1 pour 100 d’argent et 61,9 pour 100 de palladium a pour densité 10,903.

Ces corps, qui sont toujours assez malléables et presque élastiques, ont été employés par les dentistes pour plomber tes dents cariées.

5° Argent et iridium.

Ces alliages sont blancs et malléables. L’acide nitrique dissout l’argent, et l’iridium reste à l’état pulvérulent.

6“ Argent et étain.

Une petite quantité d’étain aigrit l’argent. Une plus forte proportion donne des alliages très durs. Avec 20 pour 100 d’argent et 80 pour 100 d’étain, on a un corps aussi dur que le bronze. L’alliage à 6,34 pour 100 d’argent et 93,66 pour 100 d’étain (Ag-f 28Sn) a pour densité 7,494..

Beaucoup de dentistes emploient ces alliages délayés dans du mercure pour leur donner plus de plasticité. Les proportions les plus habituelles sont 60 pour 100 d’argent et 40 pour 100 d’étain, et une dose de mercure suffisante. D’autres préfèrent la formule suivante :

Argent. 500 parties.

Etain. 500 —

Platine. 20 —

Or. 10 —

Le mélange étant fondu et coulé en lingot, puis réduit en limaiH®) on l’amalgame .avec un peu de mercure.

L'ARGENT ET SES COMPOSÉS

7“ Argent et fer.

Les deux métaux s’allient facilement par la fusion. Mais on ne peut les séparer par la coupellation à l’aide du plomb. Il faut alors employer les acidés ou la fusion avec le borax et le nitre, ou encore faire fondre l’alliage avec du sulfure de plomb, puis soumettre l’argent plombifère à la coupellation.

S" Argent et manganèse.

Ces alliages s’obtiennent, d’après Berthier, en chauffant ensemble de l’argent mélangé d’oxyde rouge de manganèse avec un peu de charbon et de borax.

L’alliage contenant 76, 3 pour 100 d’argent et 23,7 pour 100 de manganèse correspond à la formule Ag Mn ; il est blanc, légèrement gris, tenace et malléable. La coupellation en sépare complètement l’argent.

9° Argent et nickel.

D’après Berzélius, lorsqu’on fait fondre ensemble par parties égales du nickel et de l’argent, en laissant le creuset refroidir léntement, on obtient deux couches métalliques séparées, dont l’inférieure est de l’argent contenant un peu de nickel et dont la supérieure et du nickel faiblement argentifère. Cependant, Berthier a obtenu un alliage de 86,5 pour 100 d’argent et 13,5 pour 100 de nickel en fondant ensemble, 5 grammes d’argent en poudre, 6 grammes d’oxyde de nickel pur, et 16 grammes de flux blanc. Cet alliage est blanc, légèrement gris, capable d’acquérir un beau poli, et magnétique.

Le cobalt se combine aussi à l’argent, mais plus difficilement.

10° Argent, cuivre etplatine.

Ces alliages triples sont employés pour certains usages par les bijoutiers.

11° Argent, cuivre, étain et or.

Ces alliages sont très durs ; on les a employés à différentes époques pour la fabrication des monnaies et médailles.

12° Argent, cuivre, étain et arsenic.

On a proposé l’emploi de ces alliages pour la fabrication des miroirs du felescope.

13“ Argent, cuivre et nickel.

On a bien souvent préconisé l’emploi d’alliages formés d’argent, de cuivre et de nickel. En adoptant un mélange formé de 20 parties d’argent, 25 à 31 parties de nickel, et le reste de cuivre (sur 100 parties), on pourrait obtenir des alliages très durs et très malléables. On a également proposé d’ajouter à ces alliages quelques millièmes ou dix-millièmes de phosphore qui augmente encore leur dureté. Cependant l’emploi de ces corps ne paraît pas avoir passé dans l’usage.

14° Argent, cuivre, zinc et nickel.

Le gouvernement suisse a mis en circulation, en 1852, des pièces de monnaie dont la teneur en argent était de 15^ 10 et 5 pour 100, et contenant en même temps du cuivre, du zinc et du nickel. Le moins argentifère de ces alliages contenait :

Cuivre. 55 pour 100.

Zinc. 25 —

Nickel. 15 —

Argent. 5 —

On a également proposé deux autres alliages dont la composition est :

Argent. 20 10

Nickel. 20 10

Cuivre. 60 60

Zinc. » 20

Nous avons rappelé plus haut ((u’à la suite d’un travail sur l’homogénéité des alliages ternaires d’argent, de cuivre et de zinc, Peligot avait proposé, pour lu fabrication des monnaies divisionnaires, l’adoption d’un alliage contenant :

Argent. 835 millièmes.

Cuivre. 93 —

Zinc. 72 —

15° Argent, nickel, cobalt et fer.

Germain Barruel a indiqué, en 1852 (1), qu’en traitant un minerai d argent d® l’Amérique du Sud, il avait obtenu un lingot qui, d’après le mode de trai ment et sa blancheur éclatante, devait être de l’argent sensiblement fin. Cepe

(1) C. R., t. XXXV, p. 759.

L’ARGENT ET SKS COMPOSÉS. 277

daiit voulant en faire l’essai, on éprouva sous la cisaille une résistance telle qu’on ne put la comparer qu’à celle d’un alliage d’argent et de cuivre à 750 millièmes. L’essai donnant pour titre 994 millièmes, on en fit l’analyse complète et on trouva ;

3 1/2 millièmes de fer.

2 ï — de cobalt.

» 1/2 — de nickel.

Ces trois métaux, en très petite quantité, donnaient donc à l’argent une résistance anormale, sans lui enlever sa malléabilité.

On a reproduit cet alliage en faisant varier les proportions à volonté pour augmenter ou diminuer la dureté. Dans un des plus durs, les trois métaux étaient en parties égales.

L’auteur de cette observation proposait d’utiliser ces alliages très durs pour la confection des robinets de certains appareils, ou pour celle des médailles dont le relief serait ainsi plus durable.

16“ Argent et chrâme.

Cet alliage, signalé par Berthier, est peu connu.

17“ Argent et tungstène.

Berthier a préparé l’alliage 4 AgW et Percy l’alliage 3 AgW. Ces corps sont peu étudiés et ne sont d’aucun usage. Ils sont d’un brun pâle, spongieux et un peu ductiles.

18° Argent et molybdène.

Le molybdène paraît se comporter vis-à-vis de l’argent comme le tungstène ; 1 alliage est gris, grenu et aigre.

19“ Argent et potassium.

On peut former cet alliage en ajoutant du potassium à de 1 argent fondu. 11 peut aussi prendre naissance lorsqu’on chauffe de l’argent avec de la potasse et du charbon ; cependant ce dernier fait a été contesté.

20“ Argent et sodium.

On peut l’obtenir, avec la composition : 36,32 pour 100 d argent et 63,68 pour 100 de sodium, en ajoutant 2 parties de sodium à 1 partie d’argent

fondu. La combinaison se fait sans incandescence. L’alliage est malléable et

sectile.

Exposé à l’air, il se recouvre d’une couche de soude.

Si on le chauffe à l’air, l’oxydation est beaucoup plus rapide. Si on le plon»e dans l’eau, le sodium s’oxyde en produisant une explosion, tandis que l’argent se séparé.

21° Argent et aluminium.

G. et A. Tissier ont préparé les alliages d’argent et d’aluminium (1). Il ressort de leurs études que ces corps sont en général plus élastiques, moins cassants, et plus durs que l’aluminium. Leur fusibilité augmente avec la proportion d’argent ; Ces changements sont sensibles, même avec 4 ou 5 pour lOO d’argent.

22° Argent et magnésium.

On a préparé des alliages d’argent et de magnésium à 10 et 20 pour 100 d’argent. Ils n’ont aucun usage.

23° Argent et arsenic.

On connaît un certain nombre d’alliages d’argent et d’arsenic, on a décrit leurs propriétés. On les obtient en ajoutant de l’arsenic à de l’argent fondu, en ayant soin d’augnienter un peu la dose d’arsenic pour compenser les pertes par oxydation.

Gehlen a préparé un alliage Ag^As, qui est compact et gris métallique. La combinaison se fait avec incandescence.

Berthier a décrit un alliage contenant 14,8 pour 100 d’arsenic, gris, cristallin, fusible, indécomposable par la chaleur. On peut l’obtenir en chauffant de l’argent avec de L’acide arsénieux et du flux blanc.

Guetier a décrit un alliage très voisin du précédent, contenant 14 pour 100 d’arsenic.

En ajoutant à 300 parties d’argent fondu 200 parties d’arsenic, on a obtenu un alliage contenant :

Troiïvd. Calculé pour Agi^As.

Argent. 81,46 81,20

Arsenic. 18,54 18,80

Ces alliages s’oxydent,- lorsqu’on les chauffe à l’air, en fournissant de 1 arsénieux, et peut-être^un peu d’arséniate d’argent.

(1) C. R., t. XLIII, p. 885.

L’ARGENT ET SES COMPOSÉS

24° Argent et antimoine.

On rencontre dans la nature, sous le nom de dûcrasé, unantimoniure d’argent, de composition assez variable, renfermant de 72 à 84 pour 100 d’argent. Il forme des masses grenues ou des cristaux d’un blanc d’argent, quelquefois noirs ou jaunes à la surface. Sa densité varie de 9,4 à 9,8. Il cristallise en prismes orthorhombiques dont l’angle mm est de 119°59' et l’angle 6* de 132°42'.

Les différents alliages d’argent et d’antimoine qui ont été préparés artificiellement par le mélange et la fusion des deux métaux ont pour formule :

3 Ag,Sb, soit Ag pour 100... 72,65 et Sb pour 100... 27,35.

4 Ag,Sb, soit Ag — 77,98 et Sb — 22,02.

6 Ag,Sb, soit Ag — 84,16 et Sb — 15,84.

L’alliage ainsi obtenu est toujours aigre ; il se décompose aisément par ta fusion à l’air, l’antimoine étant converti en oxyde qui se sublime et s’échappe sous forme de fumées.

la formation de ces alliages, du moins de ceux qui contiennent plus d’argent que d’antimoine, est accompagnée d’une diminution de volume.

Voici les densités de quelques-uns de ces corps ;

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