‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 15e cahier (volume 2)Chapitre 137 sur 157 · I. — ANALYSE QUALITATIVE · texte numérisé non relu

I. — ANALYSE QUALITATIVE

Les sels de protoxyde d’argent sont incolores par eux-mêmes, en général solubles, vénéneux, et doués, lorsqu’ils sont solubles, d’une saveur métallique désagréable. Ceux d’entre eux qui ne contiennent pas d excès d acide sont neutres aux réactifs colorés.

Ils noircissent plus ou moins rapidement lorsqu’on les expose à la lumière ; ils sont alors réduits superficiellement. Ils se décomposent pour la plupart a la chaleur rouge, en laissant un résidu d’argent métallique.

Beaucoup de métaux, tels que l’aluminium, le fer, le zinc, le cuivre, déplacent l’argent de ses combinaisons. Ces sels sont également réduits par les acides formique, phosphoreux et hvpophosphoreux, les sels de protoxyde de fer (notamment l’acétate), le protochlorure d’étain en excès etleformiate de soude surtout à chaud. Un grand nombre de substances organiques provoquent aussi le depot d’argent métallique, et souvent ce dépôt affecte l’apparence d’une couche miroitante et brillante (huiles essentielles, tartrate d’ammoniaque, aldéhyde). Ce caractère est souvent utilisé en analyse. L’hydrogène pur. paraît meme réduire

certains sels d’argent, l’acétate par exemple, mais la réaction est moins nette que les précédentes.

Au chalumeau, dans la flamme intérieure, les sels d’argent, mélangés de carbonate de soude sec, donnent, dans la cavité du charbon, des globules métalliques, blancs, brillants et ductiles, qui se dissolvent dans l’acide azotique. En même temps, il se forme un très faible enduit rouge foncé; toutefois cet enduit peut ne pas se produire. La réduction sur les baguettes de charbon est aussi très sensible.

A l’exception de l’byposulfite, les sels d’argent, même très dilués, sont précipités par l’acide chlorhydrique et les chlorures solubles. Le chlorure d’argent qui prend ainsi naissance est blanc caillebotté, très soluble dans l’ammoniaque, et insoluble dans l’acide nitrique à froid et à chaud; il devient assez rapidement violet, puis noir à la lumière en perdant un peu de chlore. C’est le caractère distinctif le plus sensible des sels d’argent. Lorsque les liqueurs sont très étendues, elles deviennent seulement au début un peu laiteuses, avec une teinte blanc bleuâtre, mais en les abandonnant au repos dans un lieu chaud, le chlorure d’argent se précipite.

A la vérité, les sels de plomb et de protoxyde de mercure se comportent d’une manière analogue et donnent avec l’acide chlorydrique ou les chlorures solubles des précipités blancs de chlorure. Mais le chlorure de plomb est cristallin, soluble dans 33 fois son poids d’eau bouillante, et insoluble dans l’ammoniaque. Quant au protochlorure de mercure, l’ammoniaque le noircit sans le dissoudre.

Les autres réactifs ordinairement employés en analyse qualitative donnentles phénomènes suivants;

Acide sulfhydrique. — Précipité noir de sulfure, insoluble dans les acides étendus, les alcalis, les sulfures alcalins et le cyanure de potassium. Ce précipité est facilement décomposé par l’acide azotique bouillant qui le dissout avec dépôt de soufre.

Sulfhydrate d'ammoniaque. — Même précipité, insoluble dans un excès dcréactif.

Potasse et soude. — Précipité brun clair d’oxyde, insoluble dans un excès de réactif, soluble dans l’ammoniaque.

Ammoniaque. — Même précipité, soluble dans un excès de réactif. La présence des sels ammoniacaux peut empêcher la formation de ce précipité. —Les liqueurs acides ne précipitent pas la soude, la potasse, et l’ammoniaque, tant qu’elles ne sont pas neutralisées.

Carbonates alcalins et carbonate d’ammoniaque. — Précipité blanc jaunâtre de carbonate d’argent anhydre insoluble dans un excès de carbonate de potasse ou de soude, soluble dans un excès de carbonate d’ammoniaque.

Bromure de potassium. — Précipité blanc légèrement jaunâtre, insoluble dans les acides, moins soluble dans l’ammoniaque que le chlorure d’argent.

L’ARGENT ET SES COMPOSÉS

4il

lodure de potassium. — Précipité jaunâtre d'iodure d’argent, insoluble dans les acides, et très peu soluble dans l*ainmoniaque.

Cyanure de potassium. — Précipité blanc, caséeux, de cyanure d’argent, insoluble dans les acides étendus. Un excès de réactif le dissout; la liqueur obtenue est précipitée en blanc (cyanure d’argent) par les acides, et en noir (sulfure d’argent) par l’addition de sulfhydrate d’ammoniaque. Le cyanure d’argent sec donne par la chaleur du cyanogène qui brûle avec une flamme pourpre.

Ferrocyanure de potassium. — Précipité blanc.

Ferricyanure de potassium. — Précipité brun rouge.

Phosphate de soude ordinaire. — Précipité jaune de phosphate tribasique d’argent, dans les dissolutions neutres. La liqueur devient acide. Le précipité est très soluble dans l’acide nitrique et dans l’ammoniaque, insoluble dans un excès de réactif.

Pyrophosphate de soude. — Précipité blanc.

Chromate neutre de potasse. — Précipité pourpre foncé dans les dissolutions neutres pas trop étendues. Ce précipité est très soluble dans 1 ammoniaque, l’acide azotique et l’hyposulfite de soude.

Hyposîilfite de soude. — Précipité blanc, très soluble dans un excès de réactif. Ce sel dissout la plupart des sels d’argent insolubles dans l’eau, et la dissolution n’est plus précipitée par les réactifs ordinaires, sauf par les sulfures alcalins.

Réactions spectrales. — Les sels d’argent portés dans la flamme d’un bec Bunsen ne donnent pas au spectroscope de raies particulières. Il en est de meme

Divisions du Micromètre

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métallique. Cependant, dans ce dernier cas, si on ^ brillantes dont les l’étincelle, ou bien si l’argent est divise, on voit deux raies u longueurs d’onde sont 546,4 et 520,8. Ces raies sont vertes, assez voisines, première est plus fortè que l’autre.

m ENCYCLOPÉDIE CUIMlftUE.

On peut observer un très beau spectre de l’argent en faisant éclater une étincelle d’induction à la surface d’une dissolution d’azotate d’argent, suivant le procédé de Lecoq de Boisbaudran (1).

Lonqueurs d onde

et

Fig. 104.

Spectre de l’azotate d’argent. Dissolution aqueuse et étincelle, d’après Lecoq de Boisbaudran;

On obtient alors le spectre de la figure 103 qui présente, d’après Lecoq de Boisbaudran, les raies suivantes:

546,4 Étroite, très forte.

i0,8 Étroite, très forte, mais

(Environ commencement delà bande). '

(Raie). 502,2 ,

(Raie). 499,7

(Raie). 496,8 '

(Environ fin de la bande). ^

Groupe de raies faibles.

Toutes ces dernières raies sont bleues ou violettes, et faibles. Plusieurs sont des bandes un peu larges dont les bords manquent de netteté.

Les raies les plus caractéristiques de l’azotate d’argent sont les deux premières, situées dans le vert a et jS.

(1) Spectres lumineux, p. 168.

L’ARGENT ET SES COMPOSÉS

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