ALLEMAGNE ET AUTRICHE-HONGRIE
Provinces rhénanes.
Les principaux gisements de minerais d’argent sont ceux de la Forêt-Noire; on trouve du cuivre argentifère à Wittichen et Schapbach ; on rencontre des raines moins importantes dans quelques autres localités du duché de Bade et du Wurtemberg. Dans le duché de Nassau, on exploite du plomb argentifère à Holzappel, Pfingstwieze, Lœwenburg, Augstbach, sur les bords de la Wied, et à Ehrnthal sur les bords du Rhin. Les mines du duché de Nassau produisent de 8 à 900 kilogrammes d’argent par an; le rendement des autres mines des provinces rhénanes est comparable.
Prusse rhénane.
Les seuls gisements à citer sont ceux de plomb argentifère de Berncastle, à huit lieues de Trêves, sur les bords de la Moselle ; de Bleyalf, à trois lieues de Prum, près de la jonction de la Meuse et de la Moselle, et 1 exploitation de Stolberg. Le rendement de ces différentes mines est évalué à 8 ou 9000 tonnes de plomb, contenant 200 grammes d’argent à la tonne.
Hesse.
Les mines de pyrites cuivreuses argentifères de Mansfeld, près Rottembourg, fournissent annuellement 5000 kilogrammes d’argent.
Le Hartz ou le Harz.
Ce nom désigne un massif montagneux granitique qui se trouve a la limite du Hanovre et de la Sa.xe. On trouve dans ce pays un grand nombre de mines
(0 Voy. Ann. mines (1868), 6« série, t. XIII, p. 470.
,jQ ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
dont quelques-unes, très prospères, sont devenues des centres importants. Les principaux gisements de minerais argentifères du Harz sont : Andreasberg, Clausthal, Zellerfeld, Altenau, Lauthenthal, Wildmann, Grund et Goslar.
Le district d’Andreasberg est le plus riche de tous ; il possède un puits de 1000 mètres de profondeur, sur le filon Neufang. Ce puits est d’ailleurs à peu près stérile à cette profondeur, après avoir donné plus haut de grandes quantités de minerais. On y exploite des galènes argentifères.
Le district de Clausthal comprend un grand nombre de mines dont la plus célèbre, la Dorothée, a fourni 28 millions de bénéfice en un siècle.
Le district de Goslar a des gisements auro-argentifères ; on y trouve la mine de Ramelsberg, découverte en 968.
D’après Roswag, le produit annuel des mines du Harz est de 11 000 kilogrammes d’argent.
Saxe.
Comme en Hanovre, les mines argentifères de la Saxe les plus importantes se trouvent dans une région très montagneuse de peu d’étendue, appelée Erzgebirge, située sur la rive gauche de l’Elbe et sur la frontière de la Bohême. La capitale de ce district est Freyberg ou Freiberg, qui est le centre d’une exploitation importante et très ancienne. Freyberg est situé à huit lieues de Dresde. On cite encore les districts de Johann Georgenstad, d’Ehrnfriedersdorf, d’Annaberg, de Marienberg, d’Oberwisenthal, de Schneeberg. Les mines de Saint-Georges à Schneeberg sont surtout célèbres; on y a trouvé une nias.se d’argent natif pesant plus de 10000 kilogrammes; on raconte qu’Albert de Saxe, étant descendu dans la mine, fit apporter son dîner sur ce bloc et dit aux convives : « L’empereur Frédéric est sans doute un puissant seigneur, mais convenez que ma table vaut mieux que la sienne. »
Les minerais les plus abondants en Saxe sont la galène argentifère et des cuivres gris argentifères. La teneur moyenne est d’environ 15 kilogrammes à la tonne, avec des traces d’or. La production en argent a été de 27750 kilogrammes en 1856.
Bohême.
La Bohême possède un district important, voisin et rival du précédent, appelé 1 Erzgebirge bohémien. On y trouve la célèbre et ancienne mine de Joachims- Ihal (1), déjà exploitée au quinzième siècle.
On trouve aussi en Bohême, à douze lieues sud-ouest de Prague, le gisement dePzibram,un des plus importants d’Europe. Il rendait annuellement 11250 kilogrammes d’argent en 1859, et en 1874 plus de 20000 kilogrammes.
L exploitation de Pzibram est fort ancienne et a constamment donné de très beaux bénéfices. Cependant, au milieu du seizième siècle, à la nouvelle de la découverte des trésors du nouveau monde, elle fut à peu près abandonnée.
(1) C’est, dit-on, du Joaohims-Thal (vallée de Joachim) que vient le nom
du ihaler.
L’ARGENT ET SES COMPOSÉS
Vers la fin du siècle dernier, on remarqua que la richesse du minerai augmentaitavec la profondeur, et l’on commença à creuser des puits très profonds. L’un d’eux le puits Adalbert, conduit à plus de 1000 mètres au-dessous de la surface. Grâce à ces travaux, le rendement croît constamment; en 1800, il était de771 kilogrammes ; aujourd’hui, il dépasse 20000 kilogrammes d’argent.
Silésie.
Les. principales mines de Silésie sont celles de cuivre argentifère de Rudolstadt et de Kupferberg, dans la Resengebirge (montagne des Géants), limitrophe de la Bohême. Elles fournissent de 150 à 200 kilogrammes d’argent par an.
On cite aussi le gisement de Tarnowitz, à quatorze lieues d’Oppeln ; on y exploite de la galène et de la calamine. Le rendement annuel est d’environ 500 kilogrammes d’argent.
Hongrie et Transylvanie.
Ces régions sont extrêmement riches en galènes argentifères et pyrites cuivreuses argentifères ; on en retire des quantités considérables de plomb, de cuivre, d’argent et d’or.
Les deux villes les plus importantes de la Hongrie, comme centres métallurïiques. sont Schemnitz et Kremnitz, dans les montagnes des Garpathes, au nord de la Hongrie. La fonderie des minerais de plomb est située à Schemnitz, mais les plombs d’œuvre sont envoyés aux usines de coupellation de Kremnitz, qui est le centre de l’industrie de l’affinage de l’or et de l’argent et du monnayage.
On cite encore, comme districts argentifères importants, Neushol, Schmolnitz et Goelnitz.
Un grand nombre d’autres centres miniers se rencontrent encore dans les montagnes austro-allemandes et plusieurs fournissent des rendements notables d'argent.
Dans le Tyrol, on trouve les mines de cuivre pyriteux argentifère de Kitzbuchel et de Roëhrbuchel. Le rendement annuel de ces gisements est de plus de 1000 kilogrammes d’argent.
En 1856, on estimait la production totale de l’Allemagne, de l’Autriche, de la Hongrie et de la Transylvanie à 80000 kilogrammes d’argent par an.