AMÉRIQUE
C est, aujourd hui, le grand pays producteur de l’argent; à elles seules, 1®* deux Amériques produisent cinq fois autaiit d’argent que tous les autres pavS’
L’ARGENT ET SES COMPOSÉS. H7
Roswag donne 915600 kilogrammes d’argent américain pour 180 000 kilorammes environ fournis par les autres parties du monde, comme rendement annuel moyen pendant la période de 1848 à 1857.
Les mines du nouveau monde sont trop importantes pour que nous nous contentions de les citer; un grand nombre seront l’objet de descriptions particulières. Nous énumérerons successivement les gisements de l’Amérique du Sud et ceux de l’Amérique du Nord.
1° Amérique du Sud.
Les principaux pays producteurs de ce continent sont : le Pérou, le Chili et laBolivie, la Confédération Argentine, la Colombie et les pays voisins et le, Brésil.
a. Chili. — Les importants gisements argentifères du Chili se trouvent à l’extrémité sud de cette chaîne des Andes qui traverse les deux Amériques, et dans laquelle se trouvent entassées des réserves prodigieuses de métaux précieux.
On distingue au Chili deux zones bien distinctes : au sud sont les exploitations agricoles, au nord les mines; leur limite sépare ce pays en deux portions à peu près égales et passe par Santiago et Valparaiso. La partie de la province d’Atacama qui s’étend depuis le port de la Caldera jusqu’aux limites de la Bolivie et du Chili est très riche en minerais d’argent.
On y distingue quatre espèces de minerais (1) :
1° Les metales de plata Hanca; ce sont des minerais d’argent natif à peu près pur, associé quelquefois avec de l’antimoine, du cuivre, du bismuth, de l’or ;
2' Les metales de plata mercurial, amalgame natif assez rare et souvent très riche ;
3” Les metales calidos, minerais chlorurés ou bromurés, accompagnés ordinairement d’argent natif, plus rarement d’iodure d’argent ; ils sont souvent très riches et se trouvent à fleur de terre, près de la surface des filons. On les nomme ca/tdos parce qu’ils se traitent directement par l’amalgamation;
4“ Les metales frios, ou minerais sulfurés. On les trouve surtout dans la profondeur des mines. Ils sont souvent accompagnés d’antimoine, de fer, de enivre, quelquefois de bismuth, plus rarement de cobalt, de nickel, d’un peu •Je plomb ou de zinc. On les nomme frios parce qu’ils ne peuvent être traités 'lirectemenl par l’amalgamation; on doit les exporter, et il faut qu’ils soient alors assez riches pour supporter les frais d’embarquement ; c est pour cette raison que le rendement de ces mines, d’abord considérable, a cessé
augmenter, les minerais trouvés dans la profondeur ne pouvant être traités sur place. Aussi est-on obligé d’en extraire une quantité énorme qui, au sortir
t A.nmUs des mines (1853, 1855 et 1859), 5' série, t. IV, p. 518; t VIII, p. 543, et