‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 15e cahier (volume 2)Chapitre 68 sur 157 · TRAITEMENT PAR LE MERCURE, OU AMALGAMATION · texte numérisé non relu

TRAITEMENT PAR LE MERCURE, OU AMALGAMATION

L’argent s’unit au mercure comme il se combine au plomb. 11 suffit, pour que la combinaison s’effectue, que le contact soit intime entre les deux métaux, c’est-à-dire que Tun des deux soit à l’état liquide. Cette condition se trouvant réalisée pour le mercure à la température ordinaire, il semble que l’extraction de l’argent par le mercure doit être la plus simple de toutes. En effet, l’argent pur ou mélangé de gangues se combine au mercure à froid; le métal liquide est filtré pour enlever l’excès du mercure, et l’amalgame solide ainsi obtenu fournit par distillation du mercure que Ton condense et qui rentre dans la fabrication, et de l'argent qui reste au fond de la cornue.

Cette série d’opérations extrêmement simples suffirait, en effet, si les minerais d’argent étaient tous formés d’argent natif et de gangue, de même que le traitement par le plomb consisterait en une simple imbibition du minerai dans le plomE fondu et une coupellation du plomb riche obtenu ainsi directement. Mais nous avons vu, en traitant des procédés d’extraction par le plomb, combien la variété de composition des minerais et leur teneur variable introduisaient de complications dans le procédé primitif. 11 en est de même pour Tamalgamation.

Nous devons immédiatement distinguer deux catégories de minerais.

A. Ceux qui cèdent facilement leur argent au mercure. Ces minerais sont surtout formés par l’argent natif et le sulfure d’argent, avec un peu de chlorure, bromure, iodure d’argent, mais sont exempts ou à peu près de sulfures métalliques, d’arséniures, d’antimoniures, de sulfo-arséniures ou sulfo-antimouiures. Ce sont principalement ces minerais que Ton traite en Amérique par le procédé d’amalgamation dit du patio.

B. Ceux qui cèdent plus difficilement leur argent au mercure. Ils sont en même temps moins argentifères et plus riches en galènes, blendes, pyrites cuivreuses et pyrites de fer, philipsites, falhez, cuivres gris, bournonites, antimoniures, arséniures, sulfo-antimoniures, sulfo-arséniures. Il faut alors les griller préalablement, et souvent les chlorurer, puis faire agir le mercure dans des appareils plus compliqués que ceux du patio. Ce sont surtout ces minerais que l’on traite par la méthode de l’amalgamation saxonne.

‘Z02 ESCYCJ.OPÉDIE CHIMIQUE.

Les métallTirg-istes amérkaiais désignent habituellefflent ces deux soÈtes de minerais, les premiers par les noms de metales ou minérales déciles, cûUdu ou calientes, les autres par les noms de minérales frios ou rebeldes (rebelles^' ou nulos. Il est évident qn’entre ces deux types extrêmes viennent se placer uii grand nombre de minerais qui présentent des qualités intermédiaires, les sewicalienles et les semi-frios. Pour abréger, nous distinguerons les miaerais A (faciles à amalgamer) et les miaerais B (riches en sulfures métalliques, pauvres en argent, difficiles à amalgamer).

D’après une estimation de Saint-Clair-Duport, de 1843, le procédé primitif du patio traitait, en Amérique, les 82 centièmes des minerais d’argent exploités. D’après Roswag, ce procédé a perdu du terrain depuis cette époque; cependant il domine encore largement partout, et, comme la métallurgie de l’argent en Amérique s’est beaucoup développée dans ces dernières années, le procédé du patio conserve encore une importance considérable.

Aussi décrirons-nous d’abord cette méthode, les autres pouvant être considérées comme des perfectionnements ou des variantes.

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