ENCYCLOPÉDIE CHIMIQDE
Nous avons vu que l’on pouvait conduire les opérations de la coupellation de deux manières bien différentes : ou bien on coupelle directement et en une seule fois le plomb argentifère jusqu’à l’éclair, ou bien on concentre seulement le plomb d’œuvre Jusqu’à une teneur d’argent de 50 à 60 pour 100 dans des coupelles de qualité inférieure et on termine dans d’autres coupelles l’élimination du plomb jusqu’à l’éclair. Dans le premier cas il faut extraire de la coupelle unique l’argent brut, dans l’autre il faut d’abord mettre à part du plomb enrichi, puis enlever l’argent après l’éclair. Ces opérations se font l’une et l’autre d’une façon particulière avec la coupelle anglaise.
A cet effet, on pratique dans la coupelle un trou de coulée qui est ordinairement placé au centre. On le fait sur place avec un vilebrequin b d manié de
Fig. 66.
loin par la poignée a. La pointe corrodante est placée sur le centre inférieur de la coupelle, et le point d’appui est fourni par une plaque en acier, appuyée sur une barre transversale qu’on soulève avec une pince en fer, à mesure qpe le trou devient plus profond.
On fait écouler facilement par cette ouverture soit le plomb enrichi qu’on recueille dans des moules qui donnent immédiatement les saumons de plombs très riches, soit l’argent brut provenant de la coupellation finale. Dans ce dernier cas on reçoit le métal précieux dans un bassin allongé rempli d’eau froide où il se réunit en grenailles.
Les coupelles anglaises ont un diamètre variant de 1"',25 à en.longueur et de 0™,70 à en largeur. L’épaisseur est de O^jOG à 0'“,10.
La coupelle anglaise se rapproche beaucoup plus que la coupelle allemande de la coupelle ordinaire du laboratoire; sa mobilité la rend plus maniable et plus pratique. L’expérience montre que les pertes en plomb et en argent dues à la volatilisation sont aussi moins à craindre. Cependant les méthodes allemandes, les plus anciennes, vivent encore, et dans beaucoup d’usines on refuse de lui substituer le procédé anglais.
L’argent brut obtenu par l’une ou l’aulre méthode n’est pas assez pur po^ pouvoir être utilisé immédiatement. Il contient toujours à peu près 10 pour IW de métaux étrangers : plomb, cuivre, arsenic, bismuth, nickel, cobalt, se e^ nium, mercure. Ces impuretés ne sont pas toutes également nuisibles;
L’ARGENT ET SES COMPOSÉS. • 201
traces de cuivre et de plomb pourraient être négligées, mais de très faibles quantités d’arsenic, d’antimoine, de bismuth ou de sélénium rendent rargent cassant. Souvent aussi on trouve dans l’argent brut de l’or et du 'platine dont là valeur est assez considérable pour qu’il y ait avantage à les retirer.
Pour toutes ces raisons, il est nécessaire de soumettre l’argent à un nouveau et dernier traitement qui doit enlever ces impuretés et fournir de l’argent marchand. C’est le but du raffinage de l’argent, que nous étudierons dans la deuxième partie.
TROISIÈME SECTION