‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 15e cahier (volume 2)Chapitre 70 sur 157 · PROCÉDÉ DD CAZA · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ DD CAZA

C'est en 1590 qu’Alonson Barba, curé de Torobuco, village de La Plala, découvrit par hasard la première méthode d’amalgamation à chaud, nommée du cazo, lorsque l’appareil dont on se sert est de petite dimension, et du fondo lorsqu’il est plus grand.

Ce qui caractérise ce procédé, c’est que l’amalgamation proprement dite s’y fait à chaud.

La méthode primitive consistait à chautfer dans un chaudron de cuivre le minerai délayé dans l’eau et réduit en poudre avec du mercure. Elle est encore usitée avec quelques perfectionnements dans l’Amérique du Sud et dans quelques exploitations du Mexique.

Souvent le chaudron est en bois avec un fond de cuivre; le cuivre agit ici chimiquement. On chauffe à peu près à 100 degrés.

Voici, d’après Roswag (1), les différentes phases des opérations mexicaines du fondo :

Les minerais que l’on traite sont presque tous des colorados, c’est-à-dire des minerais très faciles à amalgamer (cah’dos), tenant uniquement comme matières argentifères de l’argent natif et des chlorures, bromures et iodures ; les sulfures, s’il s’en trouve, ne subissent pas la réaction de l’amalgamation.

On commence par broyer le minerai dans des arrastres, puis on l’enrichit au moyen de la planilla, sorte de table dormante, où le minerai est enrichi et réduit à â pour 100 du poids primitif.

On verse dans la chaudière HH' une charge de minerai (environ 500 kilogrammes) et de l’eau en quantité convenable pour former une bouillie claire. Puis on ajoute 10 pour 100 de sel marin, et deux doses de mercure successives, àquelque temps d’intervalle; chacune d’elles correspond à la moitié du poids de l’argent contenu dans le minerai.

Le foyer à grille inférieur F est allumé et maintient une température convenable.

Dès le début de l’opération, la masse est mise en mouvement à l’intérieur (le ia chaudière, par un agitateur muni de voladoras (1) J, J', en cuivre fondu, attachées à des leviers a, a', implantés dans un arbre vertical EC, et frottant sur •e fond de la cuve.

De poids de chacune des voladoras est de 138 kilogrammes. Le même arbre

(•) Riitails empruntés à un mémoire de Laur {Ann. mines, 1876, 6' série).

•ii l ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.

vertical porte le brancard d’attelage E, mis en mouvement par une mule ■ fait le manège dans un sentier annulaire G entourant l’appareil.

Le diamètre du fond en cuivre est d’environ sa profondeur, 10 centimètres; son épaisseur, 18 centimètres. Quelquefois, la chaudière est- entièrement en cuivre. La vitesse doit être d’au moins dix tours par minute.

Lorsque l’opération marche bien, sa durée est d’environ six- heures. On recueille l’amalgame en le séparant des boues par décantation, et oii le distille après l’avoir séparé de l’excès de mercure.

La théorie des réactions de l’amalgamation à chaud telle que nous venons de la décrire est fort simple; les minerais d’argent en présence du cuivre et du

Fig. 79.

chlorure de sodium sont décomposés; il se forme d’abord du chlorure de cuivre dont le métal est emprunté au fond de la chaudière ou aux voladoras; ce chlorure se dissout dans l’excès de chlorure de sodium; puis il réagit sur les sels d’argent pour donner de l’argent métallique.

On se sert quelquefois aussi du fonda pour traiter au Chili des minerais qui contiennent une dose peu considérable de sulfures; mais on est obligé d’ajouler du sulfate de cuivre ou magistral ; les réactions sont alors les mêmes que dans le procédé du patio; la seule différence est que l’on opère à chaud, ceqw permet de faire en quelques heures une amalgamation aussi complète que ® traitement à froid qui peut durer plusieurs mois.

L’amalgamation à chaud se fait aussi dans les tonneaux, surtout lorsqu on a à traiter des minerais riches en sulfures et contenant de l’antimoine.

Elle peut se faire également par la méthode des pans. Les pans sont es

(1) Primilivement on faisait ce travail avec des pilons en bois.

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chaudières en fer chauffées en général à la vapeur au moyen d’un double fond. Les réactifs sont du sel marin et du sulfate de cuivre.

Ces deux méthodes qui sont des variantes du procédé du cazo ou fonda s’appliquent à des minerais qu’on ne peut amalgamer directement. Il est nécessaire de les chlorurer dans des appareils spéciaux analogues à ceux que nous avons fait connaître pour les méthodes de traitement à froid. Cette chloruration a lieu tantôt par voie sèche, tantôt par voie humide.

II . est d’ailleurs facile de comprendre que dans bien des cas la conduite des opérations est mixte. On peut, par exemple, commencer à traiter les parties les plus riches et les plus faciles à amalgamer par les procédés (à froid ou à chaud) les plus simples, c’est-à-diré par ceux qui n’exigent pas de chloruration préalable. Puis on recueille les résidus, les boues, qui se séparent de l’amalgame, et, si leur teneur en argent est encore suffisante pour supporter ce traitement, on les soumet aux méthodes des tonneaux ou des pans avec chloruration préalable. Bien des considérations qui n’ont pour la plupart qu’une valeur purement relative ou industrielle, déterminent dans chaque cas particulier quel est le meilleur mode de traitement à employer.

Avant de terminer cette étude de l’amalgamation, il est essentiel de donner quelques détails sur une question que nous avons à dessein mise à part, parce qu’elle est commune à tous les procédés et qu’il est convenable, avant de l’aborder, d’avoir une idée générale des opérations de l’amalgamation. Nous voulons parler de la distillation de l’amalgame pour en retirer l’argent et le mercure.

Fig. 80.

Nous savons que l’amalgame brut obtenu par les différentes méthodes consent un grand excès de mercure qu’on enlève en partie par des procédés méca- “iques, tels que la filtration au travers de linges fins ou de peaux de chamois. Ls résidu solide est distillé dans des appareils dont la forme varie beaucoup. Kous avons déjà décrit la capellina. De nombreux perfectionnements ont été apportés à cette dernière partie du traitement, dans le but de diminuer les pertes roercure. Quelques figures feront comprendre les principaux.

La figure 80 représente un appareil encore très primitif en usage au Mexique dans le district péruvien des Ancachs.

dans une plaque de fonte avec des cylindres D', E', F', refroidis et vides, lesquels le mercure liquide se condense.

Fie. 81.

rempli d’amalgame communique par une série de petites ouvertures percées

La figure 81 donne une idée d’un appareil plus parfait composé d’une série de cylindres D, E, F, chauffés par un foyer latéral A. Chacun de ces cylindres

L’ARGENT ET SES COMPOSÉS

A Reese-River, on se sert de cornues analogues aux cornues à gaz.

Le métal ainsi obtenu n’est pas absolument pur ; il contient encore en moyenne lOpour 100 de métaux étrangers. Dans certains cas, cette proportion peut même être plus élevée. Il est donc nécessaii’e de le raffiner.

Mais avant de nous occuper de cette dernière opération, qui s’applique à l’aro-ent brut obtenu par un procédé quelconque, nous devons passer rapidement en revue, dans une quatrième section, le traitement des minerais par d’autres réactifs que le plomb et le mercure, et dans les deux dernières sections la désargentation des plombs et des cuivres argentifères.

QUATRIÈME SECTION

TRAITEMENT BES MINERAIS ARGENTIFÈRES PAR D’AUTRES RÉACTIFS QUE LE PLOMB ET LE MERCURE.

Les méthodes de traitement des minerais d’argent, dont il nous reste à parler, ont beaucoup moins d’importance que les précédentes. Le zingage et l’amalgamation resteront sans doute pendant longtemps encore les deux procédés vraiment industriels d’extraction de l’argent.

On comprend cependant que beaucoup de minerais d’argent étant attaquables et solubles dans certains acides énergiques ou même quelques sels métalliques, on ait songé à employer ces substances pour désagréger le minerai, le séparer de sa gangue et dissoudre l’argent.

Les corps auxquels on s’est adressé sont principalement :

L’acide chlqphydrique;

L’acide nitrique;

L’acide sulfurique;

L’acide acétique;

Le sel marin;

Les autres chlorures;

Certains sulfates métalliques;

L’hyposulfite de soude.

Nous donnerons très rapidement une idée de ces divers modes de traitement; enfin, en terminant, nous consacrerons quelques lignes aux procédés électrolytiques.

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