EXTRACTION DE L’ARGENT DES CUIVRES NOIRS OU ROSETTES
Les cuivres rosettes se préparent par le raffinage des cuivres noirs, qui sont fondus en présence d’un courant d’air oxydant avec un peu d’argile et de charbon. Il se dégage encore un peu d’acide sulfureux, et le fer reste à l’état de silicate de fer dans les scories. Lorsque l’affinage est terminé,ce que l’ouvrier reconnaît à l’aspect des bases métalliques, on jette un peu d’eau froide sur la surface, de manière à en solidifier une partie, et on enlève alors, à l’aide d’un ringard, le disque irrégulier ainsi solidifié, que l’on désigne sous le nom de rosette.
Ce cuivre rosette retenant une certaine quantité d’argent, il est souvent avantageux de l’extraire. Dans ce but, on fait fondre ensemble, dans un petd fourneau à manche, 3 parties de cuivre noir ou de cuivre rosette, avec 10 à 12 parties de plomb (argentifère, si cela est possible); on reçoit l’alliage fondu dans des moules de fonte, qui le refroidissent brusquement et lui donnent a forme de disques. Ces disques sont chauffes sur Vaire de liquation, quiconsisio en deux plaques de fonte légèrement inclinées, de façon à former une sorte o
(1) Voy. dans l’article de Roswag : Désargenïation des PLOMBS ABGENTIFÈRES ctnmique), p. 118 à 170, de nombreux détails sur les achats de plombs argentifères.
L’ARGENT ET SES COMPOSÉS
gouttière, et laissaat entre elles un petit intervalle correspondant à un espace vide ménagé dans la maçonnerie qui supporte les plaques. Les disques de cuivre sont placés verticalement sur l’aire et entourés de plaques de tôle; puis on verse du charbon de bois entre eux, et, dans l’espace vide de la maçonnerie, on allume un feu de bois. A mesure que la température s’élève, les métaux se séparent par densité dans les disques à moitié fondus. Le plomb (D=11,35) et l’argent (D = 10,5) se rassemblent à la partie inférieure, et, comme le plomb est très fusible, il se rend au-dessous dans un creuset, en entraînant tout l’argent, tandis que le cuivre (D = 8,8) reste sur Taire sous formes de masses spongieuses, à moitié fondues. Bien que le cuivre retienne encore quelques traces d’argent, la plus grande partie a été entraînée par le plomb. On peut alors extraire l’argent de la partie fondue par les procédés ordinairement employés pour la désargentation des plombs argentifères.
Quant au cuivre poreux, il est placé dans un second four, appelé four de ressuage, où la température est plus élevée que sur Taire de liquation. Dans ce four, les dernières traces de plomb argentifère fondent et se séparent.
2“ EXTRACTION DE l’ARGENT DES MATTES.
Deux procédés peuvent être employés pour extraire l’argent des mattes de cuivre argentifères. On peut ou bien dissoudre l’argent qu’elles contiennent, ou bien, au contraire, dissoudre toutes les autres substances, sauf l’argent.-
Dans le premier cas, on suit la méthode d’Augustin ou celle de Ziervogel.
Dans le procédé d’Augustin, la matte, d’abord grenaillée, puis pulvérisée sous des meules et blutée, est grillée dans un four à reverbère pour transformer le sulfure d’argent en sulfate; le produit de cette première calcination est grillé de nouveau avec du sel marin, pour transformer le sulfate d’argent en chlorure.
Ag0,S03 -1- NaCl = AgCl + NaO,SOA
Les résidus de ce deuxième grillage sont lessivés avec une dissolution à 22 pour 100 de chlorure de sodium, à la température de 50 à 60 degrés, qui dissout la plus grande partie de l’argent; les résidus insolubles retiennent encore de 8 à 10 grammes d’argent pour 100 kilogrammes; ils sont lavés à 1 eau chaude et refondus pour cuivre noir. On peut couler la dissolution de chlorure d’argent dans une série de cuves disposées sur quatre étages de gradins; celles des deux premiers étages contiennent du cuivre, qui précipite l’argent à l’état métallique ; celles des deux derniers, du fer qui précipite le Cuivre dissous; on obtient ainsi du cuivre de cément, qui est replacé dans les deux cuves inférieures pour servir de nouveau à la précipitation de l’argent. Les frais se réduisent ainsi à la consommation du fer.
Dans le procédé Ziergovel, on transforme le sulfure d’argent en sulfate, par ““ grillage lent, en ayant soin de ne pas griller assez longtemps pour décomfcser le sulfate d’argent formé; on arrête l’opération lorsqu’il reste encore excïclop. chiü. ' 15
une quantité notable de sulfate de cuivre, afin d’être certain de ne pas réduire le sulfate d’argent, car l’argent serait perdu. On lessive ensuite le résidu du grillage avec de l’eau chauffée à 70 degrés; les résidus retiennent encore 15 grammes d’argent aux 100 kilogrammes; ils sont fondus pour cuivre noir L’argent dissous est précipité par le cuivre, comme dans le procédé Augustin
Enfin, dans le second cas, lorsqu’on désire extraire l’argent sans le dissoudre, on grille les mattes à mort, c’est-à-dire de manière à oxyder complètement les métaux et métalloïdes qu’elles contiennent. L’argent, dont l’oxyde esl décomposable par la chaleur, se retrouve à l’état métallique à la fin de l’opération. Le résidu de ce grillage est mis à digérer avec de l’acide sulfurique étendu, à la température de 80 degrés, pendant 5 heures; l’oxyde de cuivre se dissout, et il reste des boues formées de sulfate de plomb et de sous-sulfate de fer, contenant 1,5 pour 100 d’argent.
La liqueur est mise à cristalliser, et donne du salfate de cuivre qu’on livre au commerce.
Les boues sont fondues avec de la litharge et donnent du plomb, que fou passe à la coupellation pour en extraire l’argent. La perte en argent, dans cette méthode employée à Freyberg, est d’environ 4,5 pour 100 du poids de l’argent obtenu.