ALLIAGES D’ORFÈVRERIE
L’habitude de se parer de bijoux, faits de métaux précieux, est sans doute aussi ancienne que le monde. Elle est née de ce penchant invincible qui porte l’homme à rechercher tout ce qui peut contribuer à orner et à faire remarquer sa personne, et aussi de celle observation qu’un petit nombre de métaux, l’or, l’argent et le cuivre, se trouvent dans la nature à l’état natif et présentent des propriétés physiques qui ont dû fixer bien vite l’attention. Poussés par un instinct que les animaux eux-mêmes possèdent, vers tout ce qui brille, les hommes ont dû remarquer les couleurs brillantes de ces trois métaux, leur éclat métallique incomparable, leur rareté relative, et même leur grande densité, propriété mystérieuse donnant naturellement la conscience vague d’une valeur condensée et de propriétés spéciales. Ces remarques ont dû les porter de bonne heure à utiliser ces métaux pour la confection de leurs parures.
Cependant l’usage de l’argent ne paraît pas avoir été très répandu avant la civilisation romaine. Ce métal aurait même été complètement négligé avant les premiers siècles de l’âge du fer, et même, d’après Lucrèce, l’or et l’argent ont été pendant longtemps considérés dans un grand nombre d’applications comme inférieurs au cuivre. Celui-ci présentait, en effet, le très grand avantage d’une dureté plus considérable : « Les hommes, dit Lucrèce, auraient voulu employer l’or et l’argent comme ils avaient utilisé la grande résistance du solide cuivre. Mais leur résistance était insuffisante et ils ne pouvaient supporter également un dur travail ; aussi le cuivre fut-il en plus grande estime, et les autres métaux restèrent inutiles et dédaignés, parce qu’ils n’opposaient qu’une pointe facile à émousser. »
Néanmoins, l’or et l’argent natif, et les alliages de ces deux métaux entre eux, désignés sous le nom d’électrum, étaient fort employés à Rome, pour la confection de divers objets d’ornement, tels que statues, coupes, vaisselle, etc. L’électrum, d’après Pline, avait même des propriétés et des vertus particulières : « Il est dans la nature de l’électrum, nous dit Pline, de briller encore avec plus d’éclat que l’argent à la lumière des lampes. Celui qui est naturel décèle aussi le poison, car sur les coupes d’électrum des arcs semblables à l’arcen-ciel vont se traçant de divers côtés avec le crépitement de la flamme, et par ce double signe donnent un pronostic. »
On sait aujourd’hui que la passion des parures et l’art de travailler les métaux précieux, dans le but de la satisfaire, étaient très répandus chez les anciens Égyptiens qui nous ont laissé à cet égard des documents précieu.x, chez les Chaldéens, les Phéniciens, les Étrusques et les Grecs. L’histoire des peuples
ENCYCLOP. caiM. 2
fg ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
d’Orient, des Chinois, des Indous, des Persans, des Arabes, nous montre aussi que l’art de l’orfèvrerie et de la bijouterie y avait atteint une certaine perfection, et chez quelques-uns d’entre eux un cachet particulier d’originalité. Il en était de même encore chez les Mexicains et les Péruviens, qui, bien avant la conquête espagnole, jouissaient d’une civilisation relativement avancée, et étaient devenus fort habiles dans l’art de travailler les pierres précieuses et les métaux.
Lorsque, en 1519, Fernand Cortez aborda au Mexique, Montezuma lui envoya un grand nombre de présents, parmi lesquels on remarquait des médailles grandes et petites, en or et en argent, des armures d’or et d’argent, deux roues, de la dimension des roues de carrosse ordinaire, l’une d’or, dans laquelle était figuré le soleil avec des rayons, des feuillages et des animaux ; l’autre d’argent, représentant la lune. De même, la conquête du Pérou permit de constater la magnificence des palais des Incas, qui resplendissaient d’or et d’argent.
Il n’entre pas dans le plan de cet ouvrage de décrire la part qui "revient à chaque peuple dans te développement de l’art de la bijouterie et de l’orfèvrerie, ni même de résumer l’bistoire de la législation de ces deux branches importantes de l’industrie moderne. On trouvera l’étude de ces questions développée dans des traités spéciaux, et résumée dans la Grande Encyclopédie (1).
Mais le fait important que nous devons constater et retenir de l'examen de oes quelques événements historiques est que les métaux précieux employés par les peuples anciens pour la confection de leurs bijoux et de leurs monnaies étaient soit les métaux natifs, soit les métaux purifiés. L’argent, notamment, ét<ait employé au début tel qu’il se présentait dans les mines d’argent natif ; plus tard on le purifiait autant que le permettaient les moyens imparfaits dont on disposait. Les objets ainsi fabriqués étaient donc en or ou en argent purs, ou à peu près, sans alliage.
L’idée d’allier les métaux précieux avec un peu de cuivre, dans le but de leur donner beaucoup plus de dureté, est relativement moderne. Elle fut imaginée d’abord dans l’intention frauduleuse de présenter des monnaies contenant une certaine quantité de cuivre et de leur attribuer la valeur des monnaies en or et en argent purs, de mêmes dimensions; puis, peu à peu, on constata que cette introduction du cuivre aurait certains avantages, puisqu’elle en diminuait l’usure en en augmentant la dureté, et on songea à la réglementer.
Nos lois actuelles fixent la composition de deux catégories d’alliages d’or et de cuivre et d’argent et de cuivre, ceux qui constituent les monnaies, et ceux qui servent à la fabrication des divers objets d’orfèvrerie en or et en argent. Elles laissent indéterminée la composition de quelques autres alliaf^es pjus rarement employés.
Nous désignerons sous le nom d’alliages d’orfèvrerie ou de bijouterie, en argent, tous les alliages dans la composition desquels entre l’argent, qui sont employés par la bijouterie, l’orfèvrerie et les industries diverses qui ont recours aux alliages d’argent, quelle que soit d’ailleurs la nature des métaux
;!} L. Kliab, ai'.l. Bijouterie, Grande EneyHopédiè, 1. 1. p. 827.
unis à l’argent, et les proportions de ces métaux. Nous réserverons seulement pour le chapitre suivant l’étude des alliages d’argent et de cuivre qui servent à la fabrication des monnaies et médailles. Personne n’ignore que les orfèvres et les bijoutiers emploient des quantités considérables d’argent pour la confection des objets divers de bijouterie, de la vaisselle et des pièces d’argenterie. Ils fabriquent aussi un alliage spécial pour la soudure des pièces d’argenterie. Ces alliages sont formés uniquement d’argent et de cuivre.
En outre, les bijoutiers emploient l’argent pour former des alliages d’or et d’argent, d’argent et de palladium, d’argent, de platine et de cuivre.
On a aussi proposé l’emploi d’un alliage d’acier et d’argent, et l’on se sert de l’amalgame d’argent pour argenter certaines surfaces métalliques.
A l’exception de ce dernier alliage dont nous nous occuperons plus spécialement dans le chapitre V {Argenture), nous indiquerons la composition et l'es propriétés des autres alliages dans l’ordre suivant :
i° Alliage d’argent et de cuivre pour la vaisselle et l’argenterie;
2° Alliage d’argent et de cuivre pour la bijouterie ;
3° Alliage d’argent et de cuivre pour la soudure des pièces d’argenterie ;
4» Fixation, garantie et contrôle du titre de ces alliages;
5“ Autres alliages d’argent.
1° Alliage d’argent et de cuivre pour la vaisselle et l’argenterie.
Dans la première partie de cet article {l’Argent et ses composés, partie théorique,p.256 à 266), nous avons indiqué dans quelles circonstances l’argent pouvait s’allier au cuivre ; cette union peut se faire en toutes proportions, par fusion et mélange des deux métaux.
D’après les recherches de Levol (1) que nous avons résumées, un seul de ces alliages serait une véritable combinaison chimique; sa formule c’est Ag^Cu*, et sa composition correspondrait à 71,893 pour 100d’argent, et 28,107 pour 100 de cuivre, ce qu’on exprime encore en disant que son titre est de 718,93 millièmes d’argent fin. C’est le seul qui soit à peu près homogène dans toute la masse, après solidification. Dans tous les autres, le titre est un peu plus élevé dans les parties inférieures, et un peu plus has dans les portions voisines de la surface, par suite d’une liquation qui sépare les deux métaux par ordre de densité. Gét alliage Ag^Cu* fond à 970 degrés.
D’après Matthiessen, il existe encore un autre composé défini, dont la formule serait AgCu® et le titre 630. Cependant un alliage de cette composition est peu homogène ; il présente des phénomènes de liquation qui l’ont fait considérer par Levol comme un mélange. 11 fond à 947 degrés.
D’ailleurs, les alliages d’argent et de cuivre que l’on emploie soit pour les objets d’orfèvrerie, soit pour la fabrication des monnaies et des médailles, ont une composition assez différente de Ag^Cu* (719 millièmes) et de AgCu- (630 millièmes). La composition de ces alliages est déterminée par la loi du
(1) .\nn. de chim. et phijs. [3], t. XXXVI, p. 193 et suiv. (1852).
17 brumaire an VI relative à la surveillance du titre et à la perception des droits de garantie des matières et ouvrages d’or et d’argent.
Avant cette loi, le titre, c’est-à-dire la richesse en or ou en argent de ces alliages était apprécié en carats et en trente-deuxièmes de carat pour les matières d’or, et en deniers et grains pour les matières d'argent. Aujourd’hui, il est indiqué en millièmes, c’est-à-dire qu’un alliage d’argent au litre de 719 millièmes contient, sur 1000 parties, 719 parties d’argent fin, et 281 de cuivre.
Un carat correspond à 42 millièmes, douze carats à 1000 millièmes, et un trente-deuxième de carat à 1,3 millième. Quant aux deniers et grains qui servaient pour apprécier le titre des matières d’argent, on admettait les rapports indiqués dans le tableau suivant :
Conversions des deniers et grains en millièmes d'argent (t).
Millièmes. Grains»
Ainsi les 1000 parties étaient divisées en 12 deniers dont chacun valait 83 millièmes, et le denier en 24 grains dont chacun représentait un peu plus de 3 millièmes.
Bien que l’usage subsiste encore, dans quelques départements français, de compter en deniers et en grains, il fend à disparaître et à être remplacé partout par les calculs décimaux et l’appréciation des litres au moyen des millièmes.
Nous avons vu précédemment (chap. 1") que lorsque la loi fixe le titre d’un alliage, elle suppose que tout ce qui n’est pas de l’argent pur est du cuivre. Si donc l’alliage est un peu aurifère, cet or est compté comme cuivre et perd ainsi la presque totalité de sa valeur. De là l’utilité de Vaffinage.
Le litre des alliages d’argent destinés à la vaisselle et à l’argenterie est de 950 millièmes. Il est quelquefois désigné sous le nom de premier titre. La formule chimique correspondante serait .4g%Cu®. D’après Levol, cet alliage n’est pas fourni par un composé défini ; il présente une liquation assez marquée, mais plus faible cependant que la plupart des autres alliages usuels.
Son bel éclat et sa couleur d’un blanc pur ont déterminé son adoption pour
(I) Annuaire du bureau des longitudes, pour I’;m 1888, p. 336.
la confection de ces objets. Sa grande richesse en argent le rend aussi moins oxydable à l’air que beaucoup d’autres alliages plus pauvres. Sa dureté est presque égale à celle des alliages des monnaies.
Comme il serait difficile d’obtenir rigoureusement le titre de 950 millièmes, surtout pour un alliage qui éprouve la liquation, la loi admet une tolérance de 5 millièmes en moins. Il en résulte que cet alliage doit contenir au moins 945 millièmes d’argent. Les expériences de Levol ayant montré que les plus grandes différences de titre possibles ne dépassent pas 2 millièmes, on voit que la tolérance accordée par la loi est suffisante.
Le titre de 950 millièmes équivaut à 11 deniers, 9 grains et 6 dixièmes de grains.
2“ Alliage d'argent et de cuivre pour la bijouterie.
Pour la bijouterie, ou, comme l’on dit souvent, pour la petite bijouterie, la loi a créé un titre spécial qu’on appelle le second titre. Il est à 800 millièmes ; il correspond à 9 deniers, 14 grains et 4 dixièmes de grain. La formule de cet alliage serait Ag*,Cu*®, voisine de AgCu (773 millièmes).
D’après Levol, cet alliage est, comme le précédent, soumis à la liquation; ce n’est donc pas un composé défini. Les différences du litre d’une partie à l’autre peuvent atteindre 2 millièmes. La loi accorde aussi pour ce second titre une tolérance de 5 millièmes. Un objet d’argent au second titre sera donc admis et poinçonné comme tel s’il contient 795 millièmes d’argent fin.
Cet alliage doit être employé pour tous les objets de petite bijouterie destinés à être vendus en France.
En outre, une loi du 25 janvier 1884 a autorisé les fabricants d’ouvrages d’orfèvrerie, joaillerie, bijouterie, et de boîtes de montre, à fabriquer des objets d’agent à tous autres titres, mais à la condition expresse que ces objets seront exclusivement réservés à l’exportation. On les marque alors d’un poinçon spécial.
L’alliage à 800 millièmes a moins d’éclat, et une couleur moins franchement blanche que le précédent, à 950 millièmes. Il est aussi plus sensible à l’action oxydante de l’air, et peut se recouvrir de taches de vert-de-gris ou d’une couche mince de sulfure. La plupart des liquides, légèrement acides, qui servent à la préparation de nos aliments peuvent attaquer un peu cet alliage; aussi la loi a-t-elle prescrit le litre de 950 millièmes pour la fabrication de la vaisselle et de l’argenterie.
Comme les alliages à bas titre n’ont pas tout à fait l’éclat et la couleur de l’argent pur, on fait subir une opération particulière aux objets ainsi fabriqués, avant de les mettre en vente. On les chauffe d’abord au rouge sombre, puis on les traite par une dissolution bouillante de tartre et de sel marin, ou bien avec de l’acide sulfurique étendu additionné de quelques gouttes d’acide acétique ; ces liqueurs dissolvent le cuivre de l’alliage à sa surface et y laissent de l’argent pur et mat qu’il suffit de polir. On arrive encore au même résultat au moyen de l’ammoniaque. Un traitement analogue donne aux alliages de cuivre
a ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
et d’or une couleur semblable à celle de l’or pur. On le désigne sous le nom de mise en couleur pour l’or et de blanchiment pour l’argent.
3° Alliage d'argent et de cuivre pour la soudure des pièces d'argenterie.
Cet alliage n’a pas une composition constante imposée par la loi. Il n’est soumis à aucun essai officiel et ne porte pas de poinçon spécial. Les fabricants le préparent suivant leur habitudes ou leurs besoins, de manière qu’il ait à peu près la composition des pièces à souder. Ils leur donnent cependant un titre un peu inférieur, soit par économie, soit pour augmenter la fusibilité de la soudure.
Le litre varie de 670 à 880 millièmes; l’alliage voisin de 670 étant plus spécialement employé pour la soudure des objets de petite bijouterie, et celui à 880 millièmes pour celle des matières au premier titre. On emploie aussi,, pour souder les pièces d’argenterie, un alliage formé de 666,67 d’argent, 233,33 de cuivre et 100 de zinc.
4° Fixation, garantie et contrôle du titre de ces alliages.
Sauf pour l’alliage destiné à souder les pièces d’argenterie et de bijouterie, la loi a fixé le titre des alliages d’argent et de cuivre, et édicté un grand nombre de prescriptions destinées à garantir ce titre et à le contrôler.
Nous avons déjà indiqué que le titre des divers ouvrages d’or et d’argent avait été déterminé par la loi du 19 brumaire an VI (9 novembre 1797) ; elle a été complétée sur ce pointpar celles des 3-25mai 1864 et du 25 janvier 1884.
Mais il ne suffisait pas de déterminer le titre des alliages, c’est-à-dire la richesse en argent fin des matières d’or et d’argent. Il est en effet presque impossible d’apprécier par la simple constatation de leurs propriétés extérieures le titre d’un alliage, d’autant plus que la plupart des objets travaillés sont soumis au blanchiment ou à la mise en couleur qui ont pour effet de les recouvrir d’une mince couche d’argent ou d’or pur, et de masquer ainsi les petites différences d’éclat ou de couleur que présenteraient les alliages de divers litres. Aussi pour éviter que les orfèvres ne trompent le public en introduisant trop de cuivre dans l’alliage, ou ne soient trompés eux-mêmes en achetant des matières d’or et d’argent à titre inférieur, la loi a établi des bureaux de garantie où chaque objet doit être essayé par des agents de l’État, avant d’être mis en vente; à la suite de cet essai, on imprime sur la surface de l’alliage façonné un poinçon particulier. On dit alors que l’objet est contrôlé, et sa valeur en est ainsi fixée proportionnellement à son poids.
Il y a en France soixante-sept bureaux de garantie. Le personnel de chaque bureau se compose d’un contrôleur et d’un receveur dépendant de la direction générale des contributions directes, et d’un essayeur placé sous les ordres immédiats de l’administration des monnaies. Il existe en outre sept bureaux de garantie en Algérie.
L’argent et ses composés.
L’essayeur doit vérifier que l’objet qu’on soumet à son examen est bien fabriqué avec un alliage d’or ou d’argent, et que son titre réel est bien identique à celui qui est déclaré par le fabricant et qui doit être le titre légat Dans ce cas,- il le poinçonne, c’est-à-dire qu’il le munit d’une marque particulière indiquant le titre de l’alliage et pouvant faire foi dans te commerce ou tes échanges. Dans le cas contraire, c’est-à-dire si l’objet est au-dessous du titre légal, on le brise, et on en rend les fragments à l’orfèvre.
On doit d’ailleurs, dans ces essais, tenir compte de la tolérance qui pour les matières d’argent est de 5 millièmes au-dessous des deux titres de 950 et 800 milièmes. L’essayeur doit donc vérifier que l’objet contient en réalité au moins 945 millièmes d’argent fin pour le premier titre, et au moins 795 millièmes pour le second. Nous avons indiqué plus haut pourquoi cette tolérance était nécessaire et fait voir qu’elle était très suffisante. La loi n’a indiqué aucune tolérance aw-dessws des titres légaux, parce que les orfèvres et les bijoutiers n’ont aucun intérêt à les dépasser et qu’ils surveillent la fabrication dans ce but. 11 en résulte qu’un objet à 850 ou 900 millièmes réels devrait être poinçonné comme étant au second titre, c’est-à-dire à 800 millièmes, ou plutôt 795 millièmes, en tenant compte de la tolérance. Mais dans la pratique, ce cas ne se présente pas; d’ailleurs l’orfèvre aurait toujours le droitde faire refondre l’objet avec un peu de cuivre même après le poinçonnage, si son intérêt le lui dicte. Les droits perçus aux bureaux de garantie se divisent en droits d’essai et droits de contrôle.
Le prix d’un essai d’or ou de doré est fi.vé à 3 francs et celui d’un essai d’argent à 80 centimes.
Les droits de contrôle, sont, depuis les prescriptions nouvelles de la loi du 30 mars 1872, de 30 francs par hectogramme d’or, et de 1 fr. 60 par hectogramme d’argent.
Nous indiquerons plus loin (chap. IV) par q'uels procédés les essayeurs déterminent le titre des alliages qui sont soumis à leur examen.
L’empreinte des poinçons dont ils marquent l’objet fabriqué diffère selon son titre et selon sa provenance ; elle porte en outre un signe particulier appelé déférent, qui indique le bureau de garantie qui a poinçonné l’objet. Chaque bureau a un déférent particulier.
Voici, d’après Fremy et Terreil (1), la description des poinçons de garantie des matières d’argent :