Minium
matière. Elles sont si complètes que l'on n’a pas eu à apporter à ces théories, même à notre époque, d'innovations sérieuses.
Nous allons mentionner rapidement ceux de leurs philosophes dont les idées ont eu une influence réelle sur le développement de l’alchimie.
Thalès de Milet (au va» siècle av. J.-C.) fonda Y École Ionienne, la première en date. 11 regardait l 'eau comme le principe de toutes choses. Son disciple Anaximène faisait jouer le même rôle à l'air : « Tout vient, disait ce dernier, de l’air et tout y retourne. » C’était, on le voit, du panthéisme pur. Plus tard, Diogène d'Apollinie donne quelques développements à celte doetrine : « L’air est la source de la vie et de la pensée; elles cessent dès que la respiration cesse. Les poissons eux-mêmes respirent l’air dissous dans l’eau. Les métaux absorbent de l’air et s'en assimilent les éléments comme le corps les aliments. Le feu n’est que de l’air raréfié et l'eau de l’air condensé. »
Pour lléraclite d’Éphèse (vers l'an 500 av. J.-C.), c’est le feu, l’âme ou le souffle, qui est le principe perpétuellement mobile de toutes choses. « Tout change, en effet, sauf le feu, qui modifie toute matière. La terre se change en eau, l’eau en air et l'air en feu. Tout est donc mouvement, le feu lui-même n’est que mouvement. » llapprochement étrange à faire avec nos théories physiques actuelles, lléraclite admettait, du reste, qu’il existe dans l’air un élément subtil alimentant le feu et la respiration.
L 'École Éléate, fondée par Xénophane, le vrai père du panthéisme, professait la théorie des quatre éléments, magistralement exposée par Empédocle (450) ; La terre, l 'eau, l’air et le feu sont, tantôt les symboles d’une classe de corps, tantôt les représentations des phénomènes du mouvement des dernières particules des corps. Ils sont d’essence différente et ne peuvent être transformés les uns dans les autres. Cette opinion ne se maintint pas longtemps devant la doctrine des mutations perpétuelles préconisée par l’école Ionienne.
L’École Pythagoricienne, fidèle aux conceptions mathématiques de son fondateur, essaya de donner une représentation géométrique des quatre éléments. D'après Philolaüs, la terre est constituée par le cube, l’eau par l'icosaèdre, l’air par l’octaèdre et le feu par le tétraèdre ; les corpuscules les plus légers et les plus mobiles étant aussi les plus aigus et les plus petits.
On en arriva ainsi bien vite aux doctrines des atomisles : Lcucippe (480), Dêmocrile d’Abdère (vers 450) et Anaxagore de Clazomène (400 avant J.-C.). 11 est inutile de reproduire ici leur conception célèbre, adoptée plus lard par l’école Épicurienne et de nos jours encore professée par la plupart des chimistes. Mais il est nécessaire de faire remarquer que les alchimistes se rattachent bien plutôt à l’école Ionienne, aux Pythagoriciens et à Platon, qu’à l a théorie atomistique dont ils ne font jamais mention.
Les idées de Platon, surtout telles qu’il les expose dans son Tintée, nous présentent, en résumé, les croyances des alchimistes. Platon admet les quatre éléments et peut-être un cinquième, Yéther, qui deviendra au moyen âge l'origine de la quintessence (quinta essentin) des alchimistes. Les quatre éléments composent le monde ; ils ont eux-mêmes une forme géométrique et peuvent s’engendrer les uns les autres. De là à leur donner une base fonda-