‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 16e cahierChapitre 26 sur 92 · C. SULFATES · texte numérisé non relu

C. SULFATES

Les sulfates d’or ont été étudiés, il y a quelques années, par Pelletier et par Prat, mais ce n’est que depuis les récentes recherches de Sehottlænder que l’on possède des données certaines sur ces sels. Prat avait fait connaître des composés auxquels il a donnés les noms de protosulfate et de sesquisulfale d'or, mais comme il n’a pas donné la composition de ces corps, il est impossible d'être fixé sur leur constitution chimique véritable.

Le prolosulfate se prépare, d'après lui, en attaquant à 300° l’éponge d'or par un mélange formé de 3 équivalents d’acide sulfurique SO’.IIO et d’un équivalent d’acide iodique 10*. HO, puis en dissolvant le produit dans l’acide azotique fumant. Cette dissolution, étendue d’eau, laisse déposer un précipité brun de protosulfate, très altérable à la lumière et à l’air.

Le sesquisulfale est un sel rouge pourpre, cristallisant difficilement et se décomposant, sous l’action de l'eau, en protosulfate insoluble et en sulfate acide qui reste en dissolution. Il donne, avec le sulfate de potasse, un sel double cristallisant en octaèdres et qui, d'après Prat, serait un alun.

D’après les travaux de Sehottlænder, on connaît actuellement un sulfate de protoxyde d’or, un sulfate acide (bisulfate) de sesquioxyde d’or et un sulfate double d'or et de potasse.

Le sulfate île protoxyde d’or ou sulfate aureux, AuO,SO\ se

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présente en petits prismes rouges, se décomposant sous l’action de l’humidité pour donner de l’hydrate aureux. Il est insoluble dans l'acide sulfurique concentré, mais ce dernier le décompose à l’ébullition et donne de l’or et du sulfate aurique.

Pour l’obtenir, on évapore, à 250° environ, une dissolution de sulfate aurique dans l’acide sulfurique concentré.

Le sulfate aurique acide, 2S0 s ,Au ! 0 3 ,lI0, s’obtient, d’après Schottlænder, sous forme d’une poudre cristalline jaune serin, en chauffant vers 200° avec de l’acide sulfurique, l’azotate protobasique, Au 2 0 5 ,Az0 s . On peut encore le préparer en dissolvant l’hydrate aurique par de l’acide sulfurique concentré et en chauffant à 180° la dissolution ainsi obtenue.

Ce sel est très liygroscopique. Il se décompose sous l’influence de l'humidité, en donnant de l’hydrate aurique et de l’acide sulfurique.

L’acide chlorhydrique le disssout et il se forme, en même temps, du chlorhydrate de chlorure aurique. L’acide azotique concentré est sans action sur lui.

Il se dissout vers 200° dans l’acide sulfurique, en donnant une solution rouge orangé.

Le Miilfntc aurico-potnHHiquc, Au*0 s ,2S0*4-K0,2S0 ï , se présente sous forme d’une poudre jaune cristalline et s'obtient, d'après Schottlænder, on concentrant à 200° une liqueur sulfurique tenant en dissolution le sulfate aurique acide et du bisulfate de potasse.

D. IODATE.

Pleischt désigne sous le nom d’Iodate aurique le précipité jaune que l'on obtient en ajoutant ù une solution de chlorure aurique un iodate ou de l’acide iodique. Le précipité est soluble dans un grand excès d’eau.

E. AUROSILICATES

L’existence des Aurosilicates est admise aujourd’hui sans contestation et l'incorporation de l’or dans les verres est utilisée depuis des siècles dans l’art du verrier.

Les verres aurifères se préparent, d'ordinaire, en ajoutant au mélange vitrihable une solution de chlorure d’or; voici, d’après Wurlz, l’un de ces mélanges :

l k ,fi40 sable fin,

0 k ,956 salpêtre,

0 k ,405 soude,

0 k ,124 carbonate de chaux,

0 k ,073 acide arsénieux,

0 k ,140 minium,

0 k ,124 verre d’antimoine.

On ajoute à ce mélange 3* r ,41 d'or dissous dans l’eau régale et l’on chauffe au rouge blanc. Le verre qui sort du creuset est incolore et transparent, mais, si on le flambe ou si on le recuit au rouge sombre, il devient d’un beau rouge en gardant sa transparence.

Pour expliquer ce fait, H. Rose admettait la formation à haule température d’un silicate aureux incolore qui, par le réchauffage à une température inférieure, abandonnerait une partie de son protoxyde d’or.

Nos expériences personnelles nous ont permis de généraliser les conditions d’incorporation de l’or dans les éléments du verre ; les résultats en sont consignés dans le tableau suivant (E. Cumenge et Edmond Fuchs).

L'OR

On remarque que la couleur pourpre transparente n’est produite au flambé que lorsque le verre contient un oxyde de plomb, c’est-à-dire lorsqu'il forme un véritable cristal, analogue à celui dont nous avons cité plus haut la composition, et que le phénomène de coloration au flambé change de nature lorsque l’or est incorporé sous forme d’aurate alcalino-terreux, permettant la facile formation d'un auro-silicate d'une grande stabilité.

De récentes expériences, entreprises par l’un de nous (E. Cumenge), tendent à prouver l’importance qu’il serait permis d’attribuer aux auro-silicates alcalins, obtenus par voie humide, pour expliquer la formation des quartz aurifères. Nous nous bornerons à citer les faits suivants, qui découlent de ces expériences, réservant les appréciations théoriques pour le chapitre relatif à la genèse de l’or dans les filons.

1° Si l’on mélange un aurate alcalin, obtenu par une dissolution d’acide aurique dans de la soude caustique, avec une dissolution alcaline de silicate de soude (liqueur des cailloux), on peut concentrer la dissolution jusqu’à consistance sirupeuse, sans qu’il se produise de décomposition. L’auro-silicate de soude a donc une certaine stahililô tant qu’il y a un excès d'alcali.

2“ La décomposition de cet auro-silicate s'obtient par l’addition d’acide chlorhydrique qui précipite la silice gélatineuse, entraînant avec elle une certaine proportion d’or, sous la forme d’un magma blanc rosé.

3°Cette décomposition s’obtient, en outre, d’une façon complète, parunedissolution d’acide carbonique dans l’eau sous pression. Ainsi, en introduisant l’aurosilicate alcalin sirupeux dans une bouteille d’eau de Seltz que l’on bouche hermétiquement, on voit la décomposition s’opérer peu à peu sans que la masse semi-fluide se dissolve, et celle-ci est remplacée, au bout de quelques jours, par de la silice cohérente qui prend, après exposition à l’air, un aspect opalin blanc rosé.

4° La silice gélatineuse, obtenue par décomposition d'un auro-silicate alcalin, étant chauffée au rouge dans un courant de vapeur d'eau, prend, tantôt une belle couleur rose inaltérable, tantôt une couleur rougeâtre avec grains d’or apparents, suivant la proportion de métal précieux et les conditions dans lesquelles la précipitation s’est opérée.

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