‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 16e cahierChapitre 28 sur 92 · I. COMBINAISONS DE L’OR AVEC L’AZOTE · texte numérisé non relu

I. COMBINAISONS DE L’OR AVEC L’AZOTE

Lorsqu’on fait agir l’ammoniaque sur les divers oxydes d’or, on obtient des composés azotés fulminants généralement désignés par le nom de fulminates, qui ont une constitution chimique variable, mais que l’on peut rapprocher de celle des amines métalliques.

Dumas, Raschig et Schottlænder sont les seuls auteurs qui, à notre connaissance, se soient occupés des combinaisons azotées de l’or; mais leurs travaux ne sont pas assez complets pour qu’il soit possible de présenter ici une étude rationnelle de ces combinaisons. Aussi nous contenterons-nous d’exposer successivement l'action de l'ammoniaque sur les divers oxydes d’or, en résumant les connaissances acquises sur les composés résultant de cette action.

L’oxyde sous-aureux hydraté, mis en digestion avec de l’ammoniaque concentrée, se convertit à la longue, d'après Raschig, en un composé fulminant, noir foncé, répondant à la formule Au 6 Az s H 3 -+- 8HO, après dessiccation en présence de l’acide phosphorique anhydre. Ce composé ne fait pas explosion par le

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frottement, mais déflagre au contact d’un fer rouge. Mis en digestion pendant plusieurs jours avec de l’eau froide, il se convertit en un autre azoture qui, après avoir été séché en présence de l’acide phosphorique anhydre, peut être représenté par la formule Au“Az +10HO ; la môme réaction est obtenue immédiatement au moyen de l’eau bouillante. On est donc conduit à dire, avec Raschig, que l'action de l’eau sur le composé Au 6 Az 2 II 5 -t- 8HO parait produire le remplacement de 1 équivalent d'ammoniaque AzH 3 par 2 équivalents d’eau.

Le corps Au 6 Az peut être considéré comme une ammoniaque métallique obtenue par la substitution de 2 équivalents d’or à 1 équivalent d’hydrogène dans la formule AzH 3 ; ce serait donc, suivant la nomenclature admise, une Iviaurisamine.

Cette triaurisamine, d’après Raschig, est stable vis-à-vis des acides étendus.

Si l’on fait agir sur l'oxyde sous-aureux, non plus de l’ammoniaque, mais une solution de méthylamine concentrée, CMI*.AzlI 3 , on obtient un résidu noir, peu explosible, répondant à la formule C’IPAuUz. Ce corps, traité par l'eau bouillante, se convertit en un azoture renfermant 8 équivalents d'or pour 1 d’azote.. (Raschig.)

L’hydrate de protoxyde d’or, traité par l’ammoniaque concentrée, est transformé, sans changer d’aspect, en un produit très explosible qui renferme, d’après Raschig, le composé Au 3 Az.3I10 que l'on peut envisager, en faisant abstraction des équivalents d'eau, comme une triaurosamine.

Cette triaurosamine est convertie, par l'action de l’eau bouillante, en un corps brunâtre, renfermant deux fois moins d’azote et pouvant être considéré, par conséquent, comme une triaurisamine.

Si l’on fait réagir une solution concentrée de méthylamine sur l’hydrate de protoxyde d’or, on obtient un corps noir, peu explosible, dont la composition exacte n’a pas été déterminée. (Raschig.)

L’action de l’ammoniaque sur le sesquioxyde d'or a été étudiée par Dumas. Celte action donne naissance à un corps explosif se présentant sous forme d’une poudre vert olive, dont la composition peut être représentée par la formule Au 2 Az.AzIl 5 .3lI0. Dumas a considéré, dès l’origine, ce corps comme étant un ammoniure métallique, et avec la nomenclature actuelle, on pourrait l’envisager comme une diauridiamine; mais quelques chimistes, ainsi que nous l'avons déjà dit, écrivent sa formule sous la forme 2AzII 3 .Au 2 0 3 et considèrent, par suite, le corps qu’elle représente comme un aurate d'ammoniaque. Quoi qu’il en soit, ce composé présente les propriétés suivantes :

Il détone par le choc ou même parfois spontanément. Il fait explosion par a chaleur, à 143 degrés; mais il perd cette propriété, si on le chauffe pendant quelque temps avec précaution, au-dessous de cette température, ou encore si on le mélange à des corps inertes, tels que des oxydes ou des sels métalliques. Il est décomposé, sans explosion, par l’hydrogène sulfuré et par le chlorure d’étain, se dissout dans l’acide sulfurique et dans l’acide chlorhydrique et peut être précipité de ses dissolutions acides par la potasse. 11 est également soluble dans le cyanure de potassium. L’eau bouillante ne lui fait perdre que très peu d'ammoniaque, contrairement à ce que l’on observe pour les composés fulminants obtenus avec les oxydes d’or inférieurs (Raschig). L’acide azotique lui

en enlève davantage, en le transformant en un produit un peu plus explosif.

Dumas a également étudié l’action de l’ammoniaque sur le chlorure aurique. D’après cet auteur, en faisant digérer du chlorure d'or avec de l’ammoniaque ou du carbonate d'ammoniaque en excès, on obtient un corps jaune faisant explosion dans les mêmes circonstances que le précédent et qui, traité par un mélange d'ammoniaque et de potasse caustique, laisse un résidu identique à l’or fulminant obtenu avec le sesquioxyde d’or. La composition du corps jaune peut être, d’après Dumas, représentée par la formule

SAzlP.Au’Az -+- 2AzIl\Au’Cl -+- 9110 ;

mais, d’après Raschig, celte composition varie suivant les circonstances. C'est ainsi que, si l’on verse une solution de chlorure aurique dans de l’ammoniaque concentrée, on obtient un précipité à peu près exempt de chlore et de composition presque identique à celle de l’or fulminant obtenu avec le sesquioxyde; si l’on précipite, au contraire, incomplètement une solution de chlorure aurique par l’ammoniaque, on obtient un corps jaune, difficile à filtrer, auquel Ilaschig attribue la formule Au s AzlICl.

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