IV. COMBINAISONS DE L'OR AVEC LE PHOSPHORE ET L’ARSENIC
PhoHplmrrH d’or. — Un phosphurc d'or répondant à la formule Au 5 P h a été obtenu par voie sèche, par Davy, en chauffant, à l’abri de l’air, de l’or divisé et du phosphore. Ce phospliure se présente sous la forme d’une masse grise, plus facilement fusible que l’or et se volatilisant aisément; d’après Egleston, ce composé résisterait complètement à l’action du mercure.
Le même phospliure, mais jouissant de propriétés sensiblement différentes, a été obtenu par voie humide, par Cavazzi, en précipitant par l’hydrogène phosphoré une dissolution de chlorure d'or dans l’éther anhydre.
Le précipité, lavé à l’éther, puis séché dans le vide, en présence de la soude caustique, répond exactement à la formule Au*Ph et se présente sous la forme d’une poudre brun-foncé, d’aspect analogue au café moulu. C’est un corps très hygroscopique qui se décompose lentement sous l’action de l’air humide, en donnant de l’or métallique et des acides hypophosphoreux, phosphoreux et phosphorique. L’eau bouillante le décompose immédiatement et l’or se précipite à l’état métallique, sous forme de petites lamelles brillantes.
Il s'enflamme à l’air lorsqu’on le chauffe vers 115 degrés. L'acide nitrique produit la même réaction à la température ordinaire; enfin l’acide sulfurique le décompose en donnant de l’or métallique, de l’acide phosphorique et de l’acide sulfureux
D’après Cavazzi, un courant d’hydrogène phosphoré, dirigé dans une solution aqueuse de chlorure aurique, donne, il est vrai, tout d’abord un précipité de phospliure Au ! Ph, mais ce dernier se décompose ultérieurement en donnant de l’or métallique et des acides phosphoreux et phosphorique.
La dissolution alcoolique du chlorure aurique est également précipitée par l’hydrogène phosphoré, mais le phospliure formé se décompose immédiatement.
Arséniurcs «l’or. — L’arsenic a une grande affinité pour l'or et se combine aisément avec lui par voie sèche. Les combinaisons de ces deux corps
ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE, peuvent être obtenues, soit en les fondant ensemble, soit en chauffant le métal précieux dans de la vapeur d’arsenic. Ces combinaisons ont été peu étudiées, et l’existence d’un arséniure Au 8 As, correspondant au phospliure que nous avons cité précédemment, ne paraît pas rigoureusement démontrée. Quoi qu’il en soit, l’arsenic, en se combinant avec l’or, donne naissance à des composés de couleur grise, plus aisément fusibles que l’or et généralement fort cassants ; il suffit de la présence de quelques millièmes d’arsenic pour ôter au métal précieux toute sa malléabilité.
Récemment M. Descamps a obtenu un arséniure de composition définie, en faisant séjourner de l’arsenic dans une solution de chlorure aurique. L’arséniure ainsi obtenu est rouge et répond à la formule Au 6 As. En le fondant avec l’excès d’arsenic auquel il est mélangé, sous une couche de cyanure de potassium, on obtient un arséniure jaune qui peut être représenté par la formule Au 8 As s et dont la densité est égale à 16,2.
Le grillage à l’air d’un arséniure d’or finement pulvérisé provoque l’expulsion de la majeure partie de l’arsenic à l’état d’acide arsénieux, mais ce grillage est toujours accompagné de quelques pertes en métal précieux. Pour enlever à ce dernier les traces d’arsenic qu'il retient toujours, même après un grillage très soigné, il convient de le coupeller et même quelquefois de le scorifier, ainsi qu'il sera expliqué aux paragraphes consacrés à la coupellation et à la scorification.
Les arséniures d'or finement pulvérisés et triturés avec du mercure se décomposent en donnant de l’amalgame d’or et de l’arsenic métallique. D’après Egleston, l’amalgamation de l'or arsénié s’effectue très facilement, mais, d’après W. Stray et Cosmo Newberry, elle ne s’obtient, au contraire, que très difficilement et ne progresse qu’avec lenteur. L’arsenic métallique mis en liberté dans les premiers instants de l’opération exerce, en effet, l’influence la plus fâcheuse sur les progrès de l’amalgamation : il divise le mercure en une série. de petits globules qu’il recouvre d'un enduit pulvérulent grisâtre; il prévient ainsi le contact direct du mercure avec le métal précieux et empêche, par suite, l’amalgamation de ce dernier de s’effectuer (Skey).