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A. CHLORURES SIMPLES

On connaît depuis longtemps le sesquichlorure d’or Au*Cl 8 , ainsi que le souschlorure au*C 1, et récemment, Thomsen a signalé l’existence d’un chlorure intermédiaire, le protochlorure AuCl. D’après Prat, il existerait encore d’autres chlorures intermédiaires qui prendraient naissance lorsqu’on traite l’or en éponge ou les chlorures inférieurs par le perchlorure Au*Cl 3 ; il existerait éga-

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lement, suivant le môme auteur, un chlorure plus chloré que le sesquichlorure et que l’on obtiendrait en faisant passer un courant de chlore sur un chlorure d or quelconque, convenablement chauffé. L’existence de ces corps ne paraît pas rigoureusement démontrée.

Chlorure sous-aureux ou sous-chlorure d’or, Au ! Cl. — Le chlorure sous-aureux se présente sous la forme d'une poudre amorphe et de couleur jaune-citron. Il n'est pas volatil, même en présence d’un courant d’acide chlorhydrique (Lindet). Il est inaltérable à l'air sec, alors même qu’on l’expose à l’action de la lumière ; mais sous l’influence de l’air humide ainsi que sous l’action de l’eau froide, il se décompose en donnant de l’or métallique et du sesquichlorure d’or. L’eau bouillante provoque presque immédiatement la même réaction.

Il est entièrement décomposable sous l’action de la chaleur, en donnant de l’or et du chlore lorsqu’on le porte à une température supérieure à 200 degrés.

Pour le préparer, on chauffe, dans une capsule de porcelaine, entre 195 et 200 degrés, du chlorhydrate de sesquichlorure d’or; il est essentiel que la température ne dépasse pas 200 degrés, et l’on y arrivera facilement en chauffant la capsule sur un bain d’alliage formé de plomb, bismuth et étain associés dans des proportions convenables. Il faut avoir soin également de remuer constamment, pendant l’opération, la masse avec une baguette de verre et d’écraser les grumeaux qui peuvent se former; au bout de 2 heures environ, le chlorhydrate de sesquichlorure d'or est entièrement transformé en chlorure sous-aureux (Lindet).

Chlorure aurenx ou protochlorure d’or, AuCl. — Le chlorure aureux est un corps dur, rouge foncé et très hygroscopique.

Sous l’influence de l'eau, il se décompose en donnant du sesquichlorure et du sous-chlorure d’or; ce dernier se décompose lui-même, sous l’action de l’eau, en or métallique et en sesquichlorure.

On prépare le protochlorure d’or, d’après Thomsen, en soumettant à un courant de chlore l’or récemment précipité et séché à 170°.

D’après Krüss, la transformation complète de l’or en protochlorure, sous l’influence d’un courant de chlore, s’effectue vers 140 degrés environ. Mais Lindet, qui a repris les expériences de Thomsen, n’est pas arrivé, en opérant dans les mêmes conditions, à reproduire le protochlorure AuCl, et a obtenu seulement un mélange de sous-chlorure Au s Cl et de sesquichlorure Au*Cl 3 .

Chlorure auriqiie ou sesquichlorure d’or, Au*Cl 5 . — Le sesquichlorure d’or existe à l’état anhydre ou à l’état d'hydrate défini, renfermant 4 équivalents d’eau. Le chlorure d'or anhydre se présente tantôt en fines aiguilles rougeâtres, tantôt en longs prismes d’un beau rouge foncé, appartenant au système triclinique et très aplatis suivant la face m (Lindet).

Il est hygroscopique et se dissout facilement dans l’eau, avec élévation de température (Thomsen). Il est également très soluble dans l'alcool et dans l’étlier ; ce dernier corps l’enlève même à ses dissolutions aqueuses.

Il se dissout aussi, mais plus facilement à chaud qu’à froid, dans certains chlorures acides, tels que le trichlorure d'arsenic, le pentachlorure d'antimoine, le bichlorure d’étain, le biçhlorure de titane et le tétrachlorure de silicium. Le trichlorure d'arsenic dissout, à 100°, 22 pour 100 de chlorure aurique et 2,5 pour 100 seulement à 15°. La solubilité dans le pentachlorure d’antimoine est analogue; mais elle est beaucoup plus faible dans les bichlorures d’étain, et de titane, qui ne dissolvent, vers 150°, que 4 pour 100 de chlorure d’or; cette solubilité est encore plus faible dans le tétrachlorure de silicium. Toutes ces dissolutions laissent déposer, par refroidissement, de beaux cristaux de chlorure anhydre.

Sous l’action de la chaleur, le chlorure aurique se décompose, en dégageant du chlore; cette décomposition commence à s'effectuer vers 180°, avec dégagement de chlore et formation de chlorure sous-aureux Au’Cl. Entre 220 et 230°, elle est complète et l'on obtient, comme résidu, de l’or spongieux. La lumière agit d’une façon analogue, mais plus faiblement.

Le chlorure aurique se combine aux chlorures des métalloïdes, à l’acide chlorhydrique et aux chlorures métalliques pour donner des combinaisons intéressantes qui seront décrites ultérieurement.

Il donne avec l’eau, ainsi que nous l’avons déjà dit, un hydrate défini, Au ! Cl 5 -t-4I10, qui se présente en petits cristaux orangés, solubles dans un douzième de leur poids d’eau (Thomson).

Les solutions aqueuse, acide ou neutre du chlorure d’or donnent, sous l’action des agents chimiques, quelques réactions caractéristiques qui doivent être signalées, car elles constituent les principaux caractères distinctifs des sels d’or.

La solution aqueuse du chlorure d’or est lentement décomposée sous l’influence de la lumière, et laisse déposer de l’or en paillettes ; un excès d’acide chlorhydrique empêche cette décomposition.

Un courant électrique faible, dirigé dans une solution neutre et concentrée de chlorure d’or, précipite de l’or métallique sur l’électrode négative (Becquerel).

La plupart des matières organiques réduisent le chlorure d’or ; cette réduction est activée parla lumière solaire, dont l’action est particulièrement sensible avec les matières sucrées ou amylacées, avec les essences, avec le charbon récemment calciné et enfin avec l’éther, qui, exposé au soleil avec le chlorure qu'il tient en dissolution, abandonne un miroir d’or métallique. Les alcalis favorisent aussi cette réduction, et l’on peut dire que toutes les matières organiques, en présence de la potasse ou de la soude, provoquent, à l’ébullition, la réduction du chlorure d’or.

Nous avons déjà donné un exemple de ces réductions (p. 06) en parlant de la coloration rouge que prennent les morceaux d'étoffe plongés dans un bain de chlorure d’or additionné de glucose et de potasse; nous ajouterons que le chimiste allemand Muller considère qu'un mélange de glycérine et de lessive sodique constitue l’un des meilleurs réducteurs du chlorure d’or. Lorsque la proportion de ce sel dans la liqueur est extrêmement faible, l'introduction du mélange de glycérine et de lessive sodique ne produit pas de précipitation im-

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médiate d'or métallique, mais la solulion prend d’abord une teinte rose, puis une couleur violet-foncé; elle devient enfin bleue par transparence et brun sale par réflexion. Ces diverses colorations ne sont pas provoquées par la nature spéciale du réducteur; elles s'observent aussi bien avec les réducteurs métalliques qu’avec les réducteurs organiques.

L’hydrogène, le phosphore et l’arsenic précipitent l’or métallique dans une solution de chlorure d’or neutre ou renfermant un excès d’acide. Avec l’hydrogène, d’après Oberkampf, on observe d’abord une coloration rouge et l'or métallique ne se précipite qu’en portant la liqueur à l'ébullition. D'après Figuier et Buisson, on n’obtient, dans ces conditions, qu’un précipité brunâtre, tandis que, d’après Gmelin et Russel, un courant d’hydrogène à travers une solution de chlorure d'or précipite immédiatement tout l’or à l’état métallique. Proust, Schweigger, Sadel, et récemment Krüss, ont contesté les faits précédents. D’après Krüss, l’hydrogène absolument pur n’exerce aucune action, ni à chaud ni à froid, sur le chlorure d’or, et la précipitation d’or métallique constatée par les anciens auteurs n’était due qu’à des impuretés contenues dans l’hydrogène employé. Le soufre et le sélénium se comportent comme le phosphore et l’arsenic, mais à l’ébullition seulement.

Presque tous les métaux réduisent le chlorure d’or it précipitent l’or métallique, sous forme d’une poudre brune très lourde. Avec le mercure, on obtient de l’amalgame d’or; avec le plomb, de l’or dendritique; enfin, avec l’étain on observe fréquemment la coloration caractéristique du pourpre de Cassius, en môme temps qu’il se dépose de l’or métallique sous forme d’une poudre brune.

L’hydrogène sulfuré donne, dans une solution neutre ou acide de chlorure d'or, un précipité de sulfure d’or, sur la constitution duquel les chimistes ne sont pas d’accord, ainsi que nous l’avons dit antérieurement (p. 68).

L’hydrogène phosphoré, l’hydrogène arsénié et l’hydrogène antimonié réduisent la solulion aqueuse du sel d’or : le premier avec formation d’acide phosphorique et d’un peu de phosphure d’or qui se décompose ultérieurement en donnant de l’or métallique et des acides phosphoreux et phosphorique, et le second avec formation d'acide arsénieux.

Les acides sulfureux, phosphoreux,hypophosphoreux, les hypophosphites, le bioxyde d'azote, le peroxyde d’azote, l’acide azoteux et les azotites donnent, dans les solutions de chlorure d’or, un précipité immédiat d’or métallique. La réduction du chlorure d’or par l’acide sulfureux est, en particulier, très fréquemment utilisée dans la docimasie de l’or; elle peut être exprimée par la formule suivante :

Au‘Ül s -t- 5S0* -h 3HO = 2 Au -t- 3S0 5 -+- 5HC1.

L'acide arsénieux se comporte de la même façon, mais lentement à froid et rapidement à chaud. Le trichlorure d’antimoine réduit également le chlorure d’or et, lorsque ce dernier est en dissolution concentrée, l’or précipité affecte des formes dendritiques. On sait queLevol a utilisé cette réaction pour le dosage de l’antimoine.

Le protochlorure d'étain donne, dans une solution concentrée de chlorure d’or, uu précipité brun de composition mal définie. Si, au lieu de protochlorure, on prend un mélange de protochlorure et de bichlorure d’étain, on obtient, comme nous l’avons déjà vu (p. 62), un précipité de pourpre de Cassius. Celte réaction est extrêmement sensible et permet de déceler, dans une liqueur, des traces de sel d’or; c’est ainsi que, d’après Lassaigne, on peut encore observer, par transparence, une coloration violette dans une solution renfermant ’/r ,20001 d'or.

Les sels ferreux réduisent immédiatement le chlorure d’or en solution neutre ou acide ; la réaction peut être représentée par la formule suivante :

Au’Cl 5 -f- 6(Fe0,S0 5 ) = 2Au + Fe ! Cl s 2(Fe î 0’,3S0 5 ).

Cette réaction est fréquemment utilisée en chimie analytique pour le dosage de l’or; les conditions de sa production seront ultérieurement étudiées en détail. Lorsque la liqueur contient de faibles quantités de chlorure d’or, elle prend, sous Faction du sel ferreux, celte coloration bleue, par transparence et brune par réflexion, dont nous avons déjà parlé à propos des réducleurs d’origine organique. Cette coloration constitue l’un des caractères les plus sensibles de la présence des sels d’or, car elle se manifeste encore, d’après Lassaigne, dans une liqueur renfermant seulement '/ewooo d’or.

D'après Bischoff, le sesquichlorure d’or, en faible quantité dans une solution alcoolique, peut rester dissous en présence des protosels de fer.

L’azotate d'oxydule de mercure donne, dans une solution neutre de chlorure d'or, un précipité d’oxyde sous-aureux, toujours mélangé d’une certaine quantité de calomel.

Le chlorure cuivreux réduit, en liqueur chlorhydrique, le chlorure d’or et donne de l’or métallique.

Les alcalis réagissent d’une façon spéciale sur les solutions de chlorure d’or. On a déjà vu que l’ammoniaque donne un précipité jaune pulvérulent d’or fulminant (p. 66). La potasse et la soude donnent un précipité d’oxyde d’or, soluble dans un excès de réactif. Toutefois, d’après Ilivot, il ne se produit aucun précipité, si l’on opère en présence d’une quantité d’acide chlorhydrique libre suffisante; il se forme d'abord un chlorure double soluble, qu’un excès d’alcali décompose, avec formation d’aurate alcalin également soluble. D'après Krüss, la potasse et la soude absolument exemptes de matières organiques agissant sur une solution neutre de chlorure d'or ne donnent aucun précipité, même à l'ébullition; si elles renferment des matières organiques, elles précipitent partiellement l'or à l’état d’oxyde sous-aureux qui se redissout à froid dans un excès d’alcali. Si les matières organiques sont en proportion assez élevée, de l'or métallique est précipité en même temps que l’oxyde sous-aureux, quand on opère à froid ; à l’ébullition, il ne se précipiterait que de l’or métallique.

La baryte provoque, à l’ébullition, un précipité partiel d’oxyde d’or.

La magnésie et l’oxyde de zinc donnent des précipités d’aurates insolubles.

Les carbonates alcalins réagissent, à chaud seulement, sur les solutions de chlorure d’or : une partie de l’or se précipite à l’état d’oxyde hydraté, l’autre partie reste en dissolution à l’état de chlorure double.

Le cyanure de potassium produit d'abord un précipité jaune qui se redissout ensuite très facilement dans un excès de réactif : le précipité ne se produit Pas si la liqueur renferme beaucoup d'acide chlorhydrique libre.

L’iodure de potassium donne, dans une solution légèrement acide, un précipité jaune verdâtre de protoiodure d'or et de l’iode libre.

Tels sont les caractères principaux du chlorure d'or; on verra bientôt qu'à quelques exceptions près, ces caractères sont communs à tous les sels d’or.

On peut préparer le chlorure d’or anhydre par plusieurs procédés différents.

Debray l'a obtenu en faisant passer un courant de chlore sec sur de l’or en lames minces, chauffé dans un tube de verre à une température voisine de 300°. Le chlorure d'or se volatilise et vient se déposer en longues aiguilles rougeâtres uu peu au delà de la partie chauffée. Comme le chlorure d’or est décomposé par la chaleur à une température inférieure à 500°, il faut admettre, pour expliquer le résultat précédent, que la tension de dissociation du chlorure d’or, à la température où l'opération a été faite, est inférieure à la pression atmosphérique.

Récemment, Krüss a repris l'expérience de Debray, mais il n'est pas arrivé aux mêmes résultats. D'après le chimiste allemand, lorsqu’on chauffe de l’or fraîchement précipité et desséché à 180° dans un courant assez rapide de chlore pur et sec, il se forme, de 140 à 150°, des vapeurs rouge-brun de chlorure aurique qui vont se condenser dans la partie froide du tube sous forme d’une poussière orangée ; si l'on maintient la même température pendant un certain temps, la sublimation s’arrête et la masse tout entière est transformée en protochlorure rouge-brun, AuCl ; si l’on continue à chauffer progressivement, le protochlorure d’or se décompose, vers 180°, malgré la présence d’un excès de chlore, et se transforme en chlorure sous-aureux jaune verdâtre, avec sublimation d'un peu de chlorure aurique ; vers 220°, on observe encore la formation de quelques vapeurs de chlorure aurique, tandis que le chlorure sous-aureux se décompose complètement en laissant un résidu d'or métallique; enfin, vers 300°, on n’observe plus rien, l’or restant absolument inaltéré. Si l’on abaisse alors progressivement la température, on voit se reformer successivement le chlorure sous-aureux à 220° et le proloehlorurc à 180°. Krüss fait observer qu’on ne saurait obtenir une sublimation continue de chlorure auriqué en maintenant le tube à une température constante quelconque, comprise entre 140 et 230°, et que, pour obtenir ce chlorure, il faut faire osciller la température de manière à profiter de la décomposition du protochlorure en chlorure sous-aureux.

D’après Lindet, on peut préparer le sesquichlorure d’or anhydre et cristallisé de la façon suivante : on attaque dans un matras, par un courant de chlore sec, de l’or en éponge en présence d’un chlorure acide, tel que le trichlorure d’arsenic, et en maintenant le tout à une température voisine du point d’ébullition du chlorure acide. L’or se dissout, et par refroidissement, les cristaux de chlorure anhydre se déposent ; on décante le chlorure acide et on sèche les cristaux à chaud dans un courant de chlore.

Avec le pentachlorure d’antimoine, il n’est pas nécessaire de faire passer un courant de chlore; il suffit de chauffer l’or, en présence de ce chlorure, dans un

tube scellé et à une température voisine de 200° : il se produit alors du trichlorure d’antimoine et du chlorure d’or qui cristallise par refroidissement.

Thomsena préparé le chlorure anhydre en traitant le protochlorure AuCl par une faible quantité d’eau; en chauffant légèrement, le protochlorure se décompose et l’un a, d’une part, une solution concentrée de sesquichlorure et, de l’autre, de l’or métallique qui se dépose. On décante dans une capsule la dissolution et on l'évapore à sec rapidement, en ayant soin de ne pas la porter à l'ébullition. Le résidu, séché à 150°, constitue le sesquichlorure anhydre.

Si l’on pousse l'évaporation jusqu’au moment seulement où il se forme une petite pellicule cristalline, on obtient le chlorure hydraté Au ! Cl 3 +4110 dont nous avons déjà parlé.

On prépare ordinairement le chlorure aurique en attaquant l’or par de l’eau régale et évaporant la liqueur à sec, en maintenant la température un peu audessus de 100° afin d’éviter la formation d’un chlorhydrate de chlorure: on obtient ainsi une masse rouge-brun, déliquescente et plus ou moins mélangée de proloehlorure d'or et d’acide chlorhydrique, suivant la température à laquelle on a poussé la dessiccation. En reprenant celte masse par l’eau, on décompose le protochlorure en or métallique et en sesquichlorure. En décantant alors la liqueur, on a une solution renfermant le chlorure aurique avec un peu d'acide chlorhydrique. Il est impossible d’expulser complètement cet acide par dessiccation, sans décomposer partiellement le sesquichlorure; aussi le chlorure d'or que l’on trouve dans le commerce a-t-il toujours une réaction acide. En le dissolvant dans l’éther, on le sépare entièrement de l’acide chlorhydrique et l’on obtient une dissolution jaune, connue et employée autrefois en médecine sous le nom d’or potable.

Il peut être utile dans certaines recherches chimiques, principalement dans celles qui sont relatives à la détermination du poids atomique de l’or, d’avoir à sa disposition une dissolution absolument neutre de sesquichlorure d’or. Pour l'obtenir, on peut opérer de la manière suivante : On prépare du proloehlorure d’or par le procédé de Thomsen et, afin d’avoir un produit absolument exempt de chlore, on soumet ce protochlorure à un courant d’air froid desséché à l'acide sulfurique et à l’acide phosphorique, puis ou le met pendant quelques jours dans une cloche en présence de la chaux sodée. On a ainsi un corps absolument exempt de chlore ; en le traitant par l’eau chaude, il se décompose en or métallique et en sesquichlorure d'or qui passe en dissolution. Filtrant pour séparer l'or métallique, on a une liqueur rigoureusement neutre, tenant en dissolution le sesquichlorure d'or.

Nous avons vu que Lindel a contesté l'existence du protochlorure d’or; mais il importe peu, pour le résultat de la méthode que nous venons d’indiquer, que ce dernier corps soit réellement un composé défini ou un simple mélange de sous-chlorure et de sesquichlorure d'or ; cette méthode, appliquée au produit qui prend naissance dans les conditions indiquées par Thomsen et par Kriiss, conduira toujours à une dissolution neutre de sesquichlorure d’or.

L’on.

Ii. CHLORURES DOUBLES

Le chlorure sous-aureux n’a donné jusqu’à présent que deux chlorures doubles, le chloraurite de potassium et le protochlorurc double-d'or et de phosphore, découvert récemment par Lindel.

Le chlorure aurique forme, au contraire, de nombreux sels doubles, en se combinant, soit avec les chlorures métalliques, soit avec les chlorures des métalloïdes. Dans ses combinaisons avec les chlorures métalliques, combinaisons qui ont reçu le nom de chloraurates, le chlorure aurique se comporte comme un véritable acide. Dans ses combinaisons avec les chlorures métalloïdiques, il remplit, au contraire, d’après les intéressantes recherches de Lindet, une fonction essentiellement basique.

a. CHLOROSES SOÜS-AÜREDX DOUBLES.

Chloraurite de potassium, Au ! Cl,KCl. — Le chloraurite de potassium est un corps jaunâtre, qui se décompose sous l’action de l’eau en donnant de l’or métallique, du chloraurate et du chlorure de potassium. On le prépare en fondant le chloraurate de potassium ; une partie du chlore se dégage et il reste le chloraurite Au’GLKCl.

Protochlorurc double «l’or et tic phosphore, Au s Cl .PliGl"’. — Le protochlorure double d’or et de phosphore se présente en grands prismes obliques ou en longues aiguilles incolores.

Il est stable dans l’air sec et résiste même lorsqu'on l'expose à la lumière.

Il se décompose sous l’influence de l'eau ou de l’air humide, en donnant de l'acide phosphoreux et, par suite, de l’or métallique.

11 se décompose également sous l’action de la chaleur, à une température supérieure à 100°, en donnant du protochlorure de phosphore et en laissant un résidu complexe qui n’a pas encore été analysé.

Il est soluble dans le protochlorure de phosphore, qui en dissout 1 % à 15° et 12 % à 120°.

Sous l’action du chlore, il se transforme en perchlorure double d’or et de phosphore.

Pour obtenir le protochlorure double à l’état de pureté, on traite, dans un tube scellé, un mélange de 1 gr. de protochlorure d’or fraîchement préparé et de 20 centimètres cubes de perchlorure de phosphore. On chauffe à 120° et ou maintient cette température pendant une heure environ. Une partie du protochlorure d’or se dissout ainsi à l'état de protochlorure double et, si l’on incline le tube de façon à séparer la liqueur chaude du résidu non attaqué, cette liqueur laissera déposer par refroidissement, à l'autre extrémité du tube, des cristaux bien purs de protochlorure double. Ce protochlorure peut encore s’obtenir

en chauffant à 130\ dans un tube scellé, un mélange, en proportions convenables, d’or fraîchement précipité et de perchlorure de phosphore dissous dans le protochlorure. La réaction peut être exprimée par la formule suivante :

\ OAu* + 5 PhCl* -f- 5PhCl s = 10(Au’ClPhCl*)

b. CHLORURES AURIQUES DOUBLES.

Chlorhydrate de chlorure d’or ou acide chlorauriqiie, Au’Cl 3 , IlGl. — On prépare ce corps en attaquant l’or en excès par une eau régale très chlorhydrique. On chauffe jusqu’à disparition complète de vapeurs nitreuses; par refroidissement, l’acide chloraurique se dépose en longs prismes quadrangulaires ou en octaèdres tronqués, déliquescents à l’air humide, mais moins solubles dans l’eau que le chlorure aurique,' ils renferment 6 équivalents d’eau de cristallisation, d’après Weber et Schottlænder, et 8 équivalents d’après Thomsen.

Sous l'action de la chaleur, ces cristaux fondent, puis se décomposent, en donnant de l’acide chlorhydrique, du chlore et un mélange de chlorures aureux et aurique.

cuLOitAURATUS. — Ces sels ont été principalement étudiés par Johnston et Bonsdorff. Ils sont tous solubles dans l’eau et dans l’alcool, et l’on peut les représenter par la formule générale Au ! Cl 5 ,MCl-|-nH0.

Pour les préparer, on fait réagir un léger excès de chlorure métallique sur le chlorure aurique en dissolution chlorhydrique. On évapore la liqueur doucement à sec, puis on reprend le résidu par de l’eau pure. La dissolution, évaporée dans le vide, laisse déposer les cristaux de chlorure double ; on les purifie en les redissolvant dans l'eau et les laissant se déposer de nouveau par évaporation de la liqueur dans le vide.

Le Clilnraurate d’ammonium se présente en longues aiguilles jaune d’or, ou en prismes rectangulaires, surmontés d’un pointement, ou en tables rhomboïdales. Ces cristaux perdent toute leur eau à 100° et s'effleurissent rapidement à l’air.

Le Cliloraurate de potassium se présente en prismes jaunes hexagonaux, renfermant 2 équivalents d'eau.

A 100°, il se déshydrate complètement; au-dessus de 100°, il se décompose en donnant du chlore et du chloraurite de potassium Au’Cl,KC1.

Le Cliloraurate de sodium se présente en tables ou en prismes rhomboïdaux d’un jaune orangé, renfermant 2 équivalents d'eau. Sous l’action de la chaleur, le sel fond et se déshydrate en perdant du chlore.

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Le Chloraurate de baryum s’obtient en tables rhomboïdales jaunes, déliquescentes à l'air humide.

Le Chloraurate de strontium affecte la forme de prismes rhomboï daux jaunes, inaltérables à l'air sec.

Le Chloraurate de lithium est un corps jaune orangé, très déliquescent, se présentant en petites aiguilles quadrangulaires qui deviennent opaques sous l'action de la chaleur et se déshydratent complètement à 100°.

Le Chloraurate «le calcium se présente en longs prismes rhomboïdaux déliquescents à l’air humide et renfermant 7 équivalents d’eau.

Le Chloraurate de magnésium cristallise avec 12 équivalents d’eau, en prismes rhomboïdaux courts et jaune-citron. Sous l’action de la chaleur, il se déshydrate complètement.

Le Chloraurate de manganèse se présente en prismes rhomboïdaux jaunes et déliquescents à l’air humide.

Le Chloraurate de nickel affecte la forme de prismes courts d’un jaune verdâtre; il est isomorphe avec le chloraurate de magnésium.

Le Chloraurate de cobalt est un sel jaune foncé, cristallisant, d’après Bonsdorff, en longs prismes rhomboïdaux.

Le Chloraurate de *inc est un sel jaune isomorphe avec le sel de magnésie.

Le Chloraurate »le cadmium se présente en aiguilles jaune-foncé, inaltérables à l’air sec.

Perchlorure double d’or et de phosphore, Au*dl 3 ,PhCl 5 . — Le perchlorure double d’or et de phosphore se présente sous forme d’un précipité floconneux, composé de fines aiguilles microscopiques, d’une couleur jaune-citron.

Sous l’influence de la chaleur, il se dédouble, vers 120°, en perchlorure de phosphore et en sesquichlorure d'or.

Il est ramené à l'état de protochlorure double par l'or en présence du protochlorure de phosphore.

Il est insoluble dans le protochlorure de phosphore.

Pour le préparer, on chauffe vers 120°, dans un tube scellé, un mélange de 1 équivalent de protochlorure d'or et de 2 équivalents de perchlorure de phosphore dissous dans le protochlorure. Au bout de quelques heures, lorsque la réaction est terminée, on sépare le perchlorure double, en filtrant la liqueur

sur de la laine de verre déposée dans un entonnoir à brome. On lave le précipité avec du protochlorure de phosphore et on sèche.

On peut encore obtenir le perchlorure double d’or et de phosphore en attaquant, à 100° et dans un tube scellé, de l’or fraîchement précipité par un excès de perchlorure de phosphore en dissolution dans le protochlorure. La réaction peut s’exprimer par la formule :

2Au» H- 5PhCl 8 = (Au’Cl^PhCl 5 )* + 3PhCl*.

Lindet, à qui sont dues ces recherches intéressantes sur les chlorures doubles d’or et de phosphore, a montré également que le perchlorure double et le protochlorure double peuvent prendre simultanément naissance toutes les fois qu’on chauffe, à une température voisine de 120°, soit un mélange de trichlorure d’or et de protochlorure de phosphore, soit un mélange de protochlorure d’or et de perchlorure de phosphore. Les réactions sont exprimées par les formules suivantes :

(Au*fil*)*+(PhCl*)* == Au'CI. PhCl 5 -|- Au*Cl ! .PhCl* .(Au*Cl)*-t-(PhCl s )»=Au 1 Cl.PhCl s -|-Au*Cl 5 .PhCl 11 .

D’ailleurs, dans l’un et l’autre cas, en ajoutant soit de l’or réduit, soit du pentachlorure de phosphore, on peut faire passer entièrement le mélange des deux chlorures doubles soit à l’état de protochlorure, soit à l’état de perchlorure d’or et de phosphore.

Perchlorure double d’or et de soufre, Au’Cl^S’CI 4 . — Ce corps se présente sous forme de fines aiguilles jaunes très hygroscopiques.

C'est un composé très instable qui se décompose lentement, à la température ordinaire, en dégageant du chlore et qui se détruit rapidement, sous l’influence de l’eau, pour donner de l’or métallique et de l’acide sulfurique.

Pour le préparer, on fait passer un courant de chlore sec sur un mélange de 2 à 3 grammes d'or et de 50 grammes de proloclilorure de soufre S ! Cl que l’on chauffe à 130° dans un matras. L’or ne s’attaque que lorsque le protochlorure de soufre est saturé de chlore; il se dissout alors, en donnant une liqueur rouge-foncé d’où, par refroidissement, le chlorure double se dépose. Pour le recueillir, on filtre rapidement sur de la laine de verre et on lave avec du sulfure de carbone anhydre (Lindet).

Perchlorure «l’or et de sélénium, Au 5 CI 3 ,Se ! Cl‘. — Ce corps se présente en cristaux tabulaires d’un beau rouge orangé. Il se décompose, sous l’action de l’eau, en donnant du chlorure aurique, de l’acide chlorhydrique et de l’acide sélénieux. Il est beaucoup plus stable que le perchlorure d'or et de soufre et peut se conserver à la température ordinaire sans perte de chlore.

Pour le préparer, on fait passer vers 130° un courant de chlore sec sur de l’or en présence d'une quantité convenable de tétrachlorure de sélénium tenu

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en dissolution dans un grand excès de trichlorure d’arsenic. L’attaque terminée, on laisse refroidir la liqueur; les cristaux de chlorure double se déposent, on décante le chlorure d’arsenic et on sèche le produit dans le vide à 70® (Lindet).

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