‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 16e cahierChapitre 54 sur 92 · L’OK · texte numérisé non relu

L’OK

plus, de temps en temps, chauffer avec la lampe le tube recourbé b afin do chasser le chlorure d’arsenic qui pourrait s’y être déposé.

Lorsque l’opération est terminée, et qu’elle a été très bien conduite, on a, d une part, dans l’ampoule, tout l’or à l’état de chlorure, et de l'autre, dans le flacon laveur, tout l’arsenic à 1 état d’acide arsénique.

On détache alors l’ampoule A du tube b, en coupant ce dernier à l'aide d’un trait de lime et on dissout le chlorure d’or dans l’acide chlorhydrique. On lave soigneusement l’intérieur de l’ampoule avec de l’eau faiblement acidulée par de l’acide chlorhydrique, et dans la liqueur ainsi obtenue on précipite l’or Par l'acide oxalique en prenant toutes les précautions nécessaires pour ce genre ( le dosage (p. 129).

Pour déterminer l’arsenic, on acidifie avec de l’acide chlorhydrique la liqueur qui le tient en dissolution, et on chauffe jusqu’à expulsion complète du chlore. On sature alors la liqueur par de l’ammoniaque et on précipite l’arsenic à l’état d’nrséniate ammoniaco-magnésicn, en versant dans la dissolution une mixture magnésienne formée de 1 partie de sulfate de magnésie, 1 partie de chlorhydrate d’ammoniaque, 4 parties d’ammoniaque et 8 parties d’eau. On laisse le Précipité se rassembler pendant deux jours, puis on le reçoit sur un filtre taré, on le lave à l’eau ammoniacale, on le sèche à 100 degrés et on pèse. L'augmentation de poids du filtre donne le poids de l’arséniate ammoniaco- magnésien AsO*,2MgO,A7.IPO-l-lIO; ce poids multiplié par 0,3947 donne le poids de l’arsenic métallique' contenu dans le précipité. On pourrait encore, après avoir saturé la liqueur par fammoniaque, précipiter l’arsenic à l’état d'arséniate d’urane. On acidifie par de l’acide acétique, on ajoute de l’acétate d’urane, puis quelques gouttes de chloroforme et l’on fait bouillir. Le précipité est recueilli sur "u filtre, lavé, séché, puis calciné avec un peu d’azotate d'ammoniaque et finalement pesé. L’arséniate d’urane As0 3 ,2U*0 3 ainsi recueilli renferme ^8,72 % d’arsenic métallique (Puller).

5* Supposons que l’or et l’arsenic soient dissous à l’état de sulfosels dans le sulfhydrate d’ammoniaque : c’est un cas qui peut se présenter lorsqu’on a à séparer l’or et l’arsenic de métaux qui ne forment pas de sulfosels solubles dans le sulfhydrate d’ammoniaque.

On décompose le sulfhydrate par l’acide chlorhydrique étendu, en évitant tout excès d’acide. L'or et l’arsenic se précipitent à l’état de sulfures en entraînant une certaine quantité de soufre libre ; on lave le précipité par décantations, avec beaucoup de soin, de manière à lui enlever la totalité du sel ammoniac dont il est imprégné, et on fait passer toutes les liqueurs décantées sur un filtre pesé d’avance. On jette finalement le précipité sur ce filtre, on achève de laver sur ce dernier, on sèche à 100 degrés et on pèse. On a ainsi le poids du sulfure d’or, du sulfure d’arsenic et du soufre libre. On détache le précipité du filtre aussi bien que possible, et on pèse de nouveau afin de savoir exactement sur quelle fraction du précipité total on va effectuer le dosage de l'or et de l’arsenic. Les sulfures détachés sont introduits dans l'ampoule A de l’appareil représenté lig. 13 et attaqués par le chlore. On opère exactement comme il a été indiqué plus haut pour l’arséninre d'or, et on effectue de la même manière le dosage de l’or et de l’arsenic. Un simple calcul de proportion donne ensuite les quantités d'or et d’arsenic contenues dans le précipité total.

Or et antimoine — L’or et l’antimoine se rencontrent associés dans un certain nombre de produits d’art et dans quelques espèces minérales, telles que la nagyagite et la müllérite ; on est donc conduit assez fréquemment à effectuer leur séparation. Nous examinerons successivement le cas d’un alliage d’or et d’antimoine et celui d’une liqueur renfermant les deux corps dissous à l’état de sulfosels dans le sulfhydrate d'ammoniaque. L’examen de ces deux cas comprend l’ensemble des circonstances où l’on peut être appelé à faire la séparation de l'or et de l’antimoine.

1° —Alliage d’or et d’antimoine. — On peut procéder à l’analyse d’un alliage d’or et d’antimoine, en employant soit la voie humide, soit la voie sèche.

Supposons, en premier lieu, qu’on opère par la voie humide.

On prend 2 grammes de l’alliage réduit en poudre et on l’attaque par l'eau régale. Lorsque la dissolution est complète, on expulse l’acide azotique par ébullition avec l’acide chlorhydrique, on y ajoute 1 gramme d’acide tartrique, on étend d'eau et on précipite l’or soit par l’aeide oxalique, soit par un courant d'acide sulfureux dans la liqueur chauffée à 50 ou 60 degrés. La précipitation par l’acide sulfureux, dans une liqueur renfermant ainsi de l’acide tartrique, est à la fois plus nette et plus rapide que celle qu’on obtient par l’acide oxalique, elle doit donc être préférée à cette dernière. L’or précipité est recueilli sur un filtre, lavé, séché, calciné et coupellé, puis finalement pesé ù l'état de bouton métallique.

Pour doser l’antimoine, on expulse, en chauffant, l’excès d’acide sulfureux, et dans la liqueur étendue d’eau on fait passer un courant d’hydrogène sul-

L'OR

furé; on lave le précipité par décantation en faisant passer les liqueurs décantées sur un filtre taré, on jette le précipité sur un fdtre, on achève le lavage avec de l’eau tiède et on sèche en maintenant le filtre à une température de 120 degrés pendant 12 heures environ. On pèse le filtre ainsi desséché et son augmentation de poids donne le poids du sulfure d’antimoine et celui du soufre libre provenant de l’oxydation de l’hydrogène sulfuré à l’air 1 . Pour évaluer l’antimoine métallique contenu dans le précipité, on peut avoir recours à plusieurs procédés ; nous n’indiquerons que le suivant : On détache le précipité du filtre, aussi bien que possible, on le porphyrise dans un mortier en agate, de manière à le rendre bien homogène, on le sèche de nouveau à 120 degrés et on en prend 1 gramme. Sur ce gramme on dose le soufre, comme il a été expliqué plus haut pour l’arsenic et, par différence, on a le poids de l’antimoine métallique : un calcul bien simple donne ensuite la proportion d’antimoine contenue dans le précipité total.

La séparation de l’or et de l'antimoine dans un alliage peut également s’effectuer par le chlore gazeux. On opère exactement comme nous l’avons déjà indiqué pour les arséniures d’or, en ayant soin toutefois d’additionner d’une petite quantité d’acide tartrique, l’eau du flacon laveur B (fig. 13). A la fin de l'opération l’or est tout entier à l’état de chlorure dans l’ampoule A et l’antimoine à l’état d’acide antimonique dans le flacon laveur B. On dissout le chlorure d'or dans de l'eau acidulée par de l’acide chlorhydrique, on précipite par l'acide oxalique et on pèse l’or à l’étal de bouton métallique, après l’avoir lavé, séché, calciné et coupelle. Quant à l’antimoine, on le précipite par l’hydrogène sulfuré et on le dose comme nous l’avons indiqué plus haut.

Supposons actuellement qu'on veuille opérer par voie sèche.

La seule méthode à laquelle on puisse avoir recours est la méthode par scorification, mais l’opération doit être conduite avec beaucoup de soin, si l’on veut arriver à un culot de plomb qui ne soit pas sensiblement antimonial ; il faut pousser l’oxydation très loin et le plomb doit être en excès considérable par rapport à la prise d’essai, environ 30 fois le poids de cette dernière.

On opère sur 1 gramme de l'alliage réduit en poudre très fine, on le mélange intimement dans le scorificatoire avec 15 grammes de plomb finement granulé, on étend dessus 15 autres grammes de plomb et on couvre le tout de 0s r ,50 de borax. On conduit l’opération comme nous l’avons indiqué en parlant de la scorification (p. 107), mais en prolongeant la période d’oxydation et en ajoutant, vers la fin, lorsque la scorie tendra à devenir pâteuse, 0« r ,60 de borax, par portions successives de 0« r ,20 chacune.

Si l’on arrive à un culot de plomb sensiblement antimonial, il faut le seorifier de nouveau avec une quantité additionnelle de plomb. Lorsque le culot

t. Le sulfure d'antimoine est, comme on le sait, extrêmement hygrométrique, et l’on n'est jamais bien s tir, même après une dessiccation prolongée, de lui enlever la totalité de l’eau qu’il contient; il convient de répéter plusieurs fois la dessiccation et de ne s’arrêter que lorsque le poids n’a pas varié durant deux pesées consécutives. Mais, même en opérant de cette manière, le précipité peut encore retenir quelques traces d’humidité, et l’augmentation de poids du filtre comprend non seulement le poids du sulfure d’antimoine et celui du sulfure libre, mais aussi le poids de l'eau retenue.

t » ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.

plombeux csl suffisamment pur, on le passe à la coupelle et on pèse le boulon métallique : par différence on obtient le poids de l'antimoine.

2° — Or et antimoinè à l’état de sulfosels dissous dans le sulfhydrate d'ammoniaque. — On décompose le sulfbydrate par de l’acide chlorhydrique très étendu et on laisse se dégager l’hydrogène sulfuré à la température ordinaire; on lave par décantation le précipité des sulfures d'or et d’antimoine et de soufre libre, et l’on fait passer toutes les liqueurs décantées sur un filtre taré. On jette le précipité sur ce filtre, on achève de lui enlever par lavage le sel ammoniac dont il est imprégné, on le sèche en le maintenant pendant plusieurs heures à une température de 120 degrés et on pèse : on a ainsi la somme des poids du sulfure d’or, du sulfure d’antimoine et du soufre libre. On détache le précipité du filtre, on le pèse de nouveau et on l’attaque par un courant de chlore en prenant les mêmes précautions que celles que nous avons indiquées plus haut pour l'attaque d’un alliage (p. 145). Le chlorure d’or, après dissolution dans de l’eau légèrement chlorhydrique, est précipité par l’acide oxalique et pesé comme d’habitude. L’acide anlimonique, après expulsion du chlore en excès et addition d’une quantité d'eau suffisante, est précipité par l’hydrogène sulfuré.

Or rt tpllure. — L’or et le tellure forment des combinaisons définies (p. 71) et se rencontrent associés dans la nature sous forme d’espèces minérales intéressantes, telles que la calavérite, la petzite, la sylvanie, la miillérite et la nagyagite; ces espèces minérales renferment en outre, le plus souvent, des proportions variables d’argent, de plomb, d’antimoine et quelquefois, mais beaucoup plus rarement, de faibles quantités de fer, cuivre et bismuth. L'analyse complète de ces minéraux sera étudiée ultérieurement, et nous n'examinerons ici que deux cas, auxquels on est ramené d'ailleurs dans la plupart des analyses des tellurures complexes :

1° Séparation de for et du tellure lorsqu’ils sont en dissolution dans une liqueur régale.

2° Séparation de l'or et du tellure lorsqu'ils sont en dissolution à l'état de sulfosels dans le sulfbydrate d’ammoniaque.

1° — Liqueur régale tenant en dissolution l’or et le tellure. — On

fait bouillir la liqueur avec de l’acide chlorhydrique de manière à expulser la totalité de l’acide azotique et on ne s’arrête que lorsque toute odeur de chlore a complètement disparu ; de celte manière on est certain que le tellure est à l'état d’acide tellureux dans la liqueur, et l’on sait que cette dernière doit être fortement acidifiée par de l’acide chlorhydrique, si l’on veut éviter tout dépôt d’hydrate tellureux. On additionne donc la liqueur d’acide chlorhydrique, et dans la dissolution rendue ainsi franchement acide on recherche l’or et le tellure. On peut procéder de deux manières différentes :

a. On précipite l’or à l’état métallique par le sulfate de fer, on le recueille et on le pèse en prenant les précautions que nous avons antérieurement indi-

L'OR. 145

.quées (p. 128), Dans la liqueur chlorhydrique renfermant le tellure et le fer provenant du réducteur employé, on fait passer un courant d’acide sulfureux, en maintenant la dissolution à une température de 70 degrés environ.

Le tellure précipite seul à l’état de poudre noirâtre : on sature la liqueur d’acide sulfureux, on bouche la fiole et on l’abandonne pendant plusieurs heures dans une enceinte chauffée à une douce température. On lave ensuite le précipité par décantation avec de l’eau chargée d'acide sulfureux, on le jette sur un filtre taré, on achève de le laver, on le sèche à une douce chaleur et on le pèse. Il est prudent de vérifier que les liqueurs décantées ne renferment plus de tellure, en les traitant de nouveau a chaud par un courant d’acide sulfureux. Si l’on obtient un nouveau précipité, on le réunit au précédent sur le filtre et on pèse après avoir lavé et séché à une douce chaleur.

b. On peut encore précipiter à la fois l'or et le tellure, en faisant passer un courant d’acide sulfureux dans la liqueur chauffée à 50 degrés environ. Le précipité est lavé par décantation avec de l’eau chargée d’acide sulfureux, puis traité par de l’acide azotique concentré qui dissout le tellure seul à l’état d’acide tellureux. L'or est lavé par de l’eau azotique, puis jeté sur un filtre taré, séché à 100 degrés et pesé. La liqueur renfermant l’acide tellureux est additionnée d’acide chlorhydrique et chauffée à l'ébullition jusqu'à expulsion de l’acide azotique. On précipite alors le tellure par un courant d’acide sulfureux, en opérant comme il a été indiqué plus haut.

2° — Or et tellure dissous à l'état de sulfosels dans le sulfhydrate d'ammoniaque. — On décompose le sulfhydrate d’ammoniaque par de l’acide chlorhydrique étendu : le sulfure d'or et le sulfure de tellure se précipitent en entraînant une certaine quantité de soufre libre. On lave plusieurs fois et avec soin, par décantation, le précipité des sulfures, en faisant passer toutes les liqueurs décantées sur un filtre. On jette finalement le précipité sur ce filtre, on achève de lui enlever par lavage les sels ammoniacaux dont il est imprégné et on sèche à 100 degrés. On sépare le précipité du filtre aussi bien que possible, on pèse ce dernier en le séchant de nouveau à 100 degrés, et par différence on a le poids de la fraction du précipité sur laquelle on va opérer. On introduit celle-ci dans l’ampoule A de l’appareil représenté (fig. 15), et on fait arriver un courant de chlore parfaitement sec. On ne commence à chauffer l'ampoule que lorsque tout l’air a été chassé de l’appareil, et l’on conduit l’opération comme il a été déjà indiqué pour les séparations des sulfures d’or et d'arsenic (p. 142). Lorsque l'opération est terminée, on a dans l’ampoule tout l’or à l’état de chlorure et dans le flacon laveur tout le soufre et tout le tellure à l’état de sulfate de potasse et de telluratc de potasse.

L’or est précipité à l’état métallique par l’acide oxalique après dissolution de son chlorure dans l’eau faiblement chlorhydrique ; il est recueilli, séché et pesé en prenant les précautions ordinaires.

La dissolution renfermant l’acide tellurique est additionnée d'acide chlorhydrique et portée à l’ébullition pour ramener l’acide tellurique à l'état d’acide tellureux. On précipite ensuite le tellure par un courant d’acide sulfureux, en opérant comme il a été déjà indiqué.

Les poids de l'or et du tellure ainsi obtenus sont ensuite rapportés par un simple calcul de proportion au poids du précipité total.

Or, antimoine, tellure. — L’analyse des tellurures naturels conduit quelquefois à des liqueurs renfermant de l’or, de l’antimoine et du tellure dissous à l’état de sulfosels dans le sulfhydrate d’ammoniaque. La séparation des trois corps ne présente pas de difficulté et se conduit comme nous venons de l’indiquer pour l’or et le tellure lorsqu’ils sont à l’état de sulfosels dissous dans une liqueur sulfhydratée. On décompose le sulfhydrate par l’acide chlorhydrique étendu, on recueille le précipité sur un filtre taré, après l’avoir lavé par décantation ; on le sèche h 100 degrés, on le pèse, on le détache du filtre, on l’introduit dans l’ampoule A (fig. 15), on le soumet à un courant de chlore, et à la fin de l’opération l’or est à l’état de chlorure dans l’ampoule et le soufre, l’antimoine et le tellure sont respectivement à l’état de sulfate, anlimoniate et tellurate de potasse dans le flacon laveur D.

L’or se dose comme plus haut. Le tellure est précipité par l’acide sulfureux après avoir été ramené à l’état d’acide tellureux par ébullition de la liqueur avec l’acide chlorhydrique, et l’antimoine se dose, comme nous l’avons indiqué antérieurement (p. 145), après avoir fait passer un courant d’hydrogène sulfuré dans la liqueur étendue d'eau et additionnée d’acide tartrique.

Or et manganèse. — L'or et le manganèse, ainsi que nou^l’avons vu (p. 96), forment, en se combinant, quelques alliages; nous devons donc indiquer ici comment on peut, dans ces derniers, effectuer la séparation des deux métaux.

Le procédé le plus simple consiste à attaquer 2 ù 5 grammes de l’alliage réduit en poudre par l’eau régale, puis, lorsque la dissolution est complète, d’expulser l’excès d'acide azotique et de faire passer dans la liqueur franchement chlorhydrique, un courant d’hydrogène sulfuré : l’or précipite entièrement à l’étal de sulfure, tandis que le manganèse reste en dissolution.

Le sulfure d’or est recuilli immédiatement, puis lavé, séché et calciné dans Un creuset de platine; l’or métallique résultant de cette calcination est ensuite pesé.

Dans la liqueur chlorhydrique renfermant le manganèse dissous, on ajoute de l’ammoniaque, puis du sulfhydrate d'ammoniaque, et on attend 24 heures cour que le dépôt de sulfure de manganèse soit complet : on décante la liqueur claire, on jette le précipité sur un filtre, on le lave avec un peu d’eau chargée de sulfhydrate, puis on le sèche. On sépare la matière du filtre, on brûle ce dernier à part, on ajoute ses cendres au précipité, on grille ce dernier et on le calcine au rouge vif daus un creuset de platine. Le sulfure est ainsi transformé en oxyde rouge Mn’O* qu’on pèse et qui renferme 71,0525% do manganèse métallique *.

1. Le grillage et la calcination du sulfure de manganèse ne transforment jamais complète-

L’OR

Or et for. — On n’a, le plus souvent, à effectuer la séparation de l’or et du fer que dans les alliages formés par ces deux métaux, et quelquefois, mais plus rarement, dans l’examen d’alliages plus complexes. Nous n’examinerons ici que le cas d’un alliage simple d’or et de fer.

On peut, pour effectuer la séparation de ces deux métaux, avoir recours à plusieurs procédés.

1° On attaque 2 grammes de l’alliage par l’eau régale, et, lorsque la dissolution est achevée, on expulse l’acide azotique par ébullition répétée avec de l’acide chlorhydrique. On précipite ensuite l’or par l’acide oxalique, en opéraut comme il a été indiqué bien des fois, et on pèse le métal précieux après l’avoir coupellé avec du plomb pauvre.

Dans la liqueur renfermant le fer en dissolution, on ajoute de l’ammoniaque et du sulfhydrate d'ammoniaque ; le précipité de sulfure de fer est recueilli et lavé sur le filtre avec de l’eau chargée de sulfhydrate d’ammoniaque. On le dissout ensuite dans de l’acide chlorhydrique, on chauffe pour expulser l’hydrogène sulfuré et on peroxyde le fer par ébullition avec de l’acide azotique. Dans la liqueur chauffée à 50 degrés, on précipite le sesquioxyde de fer par l'ammoniaque, on lave le précipité par décantation, on le jette sur un filtre, on le lave à l’eau bouillante, on le sèbheà 100 degrés, on le détache du filtre, qu'on incinère à part, on le calcine et on pèse.

2° On a vu (p. 97) que l’acide sulfurique, un peu étendu, attaque à 100 degrés les alliages d’or et de fer, en dissolvant entièrement le fer : on peut mettre cette action à profit pour la séparation des deux métaux.

On attaque dans une capsule de platine, par de l’acide sulfurique un peu étendu, 2 grammes de l’alliage réduit en limaille et on chauffe à une température un peu supérieure à 100 degrés. Lorsque l’attaque parait complète,'on laisse refroidir et on jette l’or indissous dans une capsule de porcelaine remplie d'eau froide ; on chauffe à l’ébullition, on lave l’or par décantation, puis on le pèse en prenant les précautions ordinaires. Par différence on obtient le poids du fer.

5° On peut encore avoir recours à la voie sèche et effectuer la séparation des deux métaux par scorification, toutefois l’opération est longue et difficile à conduire; l’alliage fond, en effet, à une température plus élevée que l’or et l’oxvde de fer formé ne donne pas avec la lilharge de composé fusible. On sera donc obligé d’opérer à une température extrêmement élevée et d’ajouter des proportions relativement très fortes de borax, afin de donner à la scorie la fluidité nécessaire. Les quantités de plomb et de borax à employer varient d’ailleurs nécessairement avec la teneur en fer de l'alliage à analyser, toutefois les proportions suivantes, 10 parties de plomb et 1 partie de borax pour 1 partie d’alliage, conviendront dans la majorité des cas, car elles permettent d’effectuer la scorification des alliages renfermant plus de 70 pour 100 de fer.

ment ce dernier en oxyde rouge Mn 5 0 4 , il y a toujours en même temps de petites quantités de protoxyde qui échappent à l’oxydation ; aussi certains chimistes conseillent-ils de soumettre le produit du grillage à un courant d’hydrogène, de façon à n’avoir finalement que du protoxyde que l’on pèse. Le dosage, de cette manière, est absolument rigoureux, mais il donne, avec celui que nous avons proposé, des différences si faibles, que l'on peut se dispenser de l'employer.

Le borax ne doit, d’ailleurs, pas être ajouté en une seule fois, mais progressivement comme il a été expliqué à l’article Scorification (p. 107).

Or et zinc. — On peut avoir à examiner au laboratoire des alliages d’or et de zinc ; nous allons indiquer les procédés de séparation qui peuvent leur être appliqués.

1° On attaque 1 gramme de l’alliage par l’eau régale, on expulse l’acide azotique par ébullition avec l’acide chlorhydrique, puis on précipite l’or par l’acide oxalique ; l’or est recueilli, lavé, séché, calciné et pesé (II. Rose).

La liqueur chlorhydrique tenant le zinc en dissolution est neutralisée par de l'ammoniaque, puis rendue faiblement acétique et soumise à un courant d’hydrogène sulfuré. On laisse la liqueur au repos pendant vingt-quatre heures, en bouchant la fiole, puis on lave le sulfure de zinc, qui s’est rassemblé, par décantation avec de l’eau chargée d’hydrogène sulfuré et on le jette sur un filtre, en ayant soin, durant la filtration, de le laisser recouvert d’un peu d'eau chargée d'hydrogène sulfuré afin de le préserver du contact de l’air. On sèche à 100 degrés et on grille le précipité dans le moulle en évitant avec soin la formation du sulfate de zinc; on calcine finalement le protoxyde formé et on pèse.

2° On fond l'alliage dans un creuset de porcelaine avec cinq fois son poids de zinc et en recouvrant le tout de colophane afin de prévenir l’oxydation. L’alliage ainsi formé est attaqué par l’acide azotique qui dissout entièrement le zinc : on chauffe à l’ébullition pendant une heure environ, puis on lave l’or par décantation, on le sèche, on le calcine et on le pèse. Par différence on obtient le poids du zinc contenu dans l’alliage primitif.

5" On peut opérer encore plus simplement, en attaquant à 100 degrés l’alliage réduit en limaille par de l’acide sulfurique étendu : on opère comme précédemment, dans le cas de la séparation de l’or et du fer par l’acide sulfurique. On pèse le résidu d’or métallique et on en déduit par différence le poids du zinc contenu.

4° La séparation des deux métaux peut également s'effectuer par voie sèche en opérant par scorification. L’opération est encore plus difficile à conduire que dans le cas d’un alliage d’or et de fer, car, non seulement l’oxyde de zinc ne forme pas de composé fusible avec la litharge, mais il donne avec le borax, si ce fondant n’est pas en excès considérable, une scorie absolument pâteuse. Quelques chimistes conseillent de fondre l’alliage à une haute température avant de le scorifier, de manière à chasser la plus grande partie du zinc par volatilisation, mais on s'expose de cette manière à des pertes sensibles en métal précieux. Ces pertes ne sont d’ailleurs jamais complètement évitées et se produisent toujours pendant la période de grand feu de scorification. La quantité de plomb à employer variera entre 15 et 20 fois le poids de la prise d’essai et la quantité de borax pourra atteindre 2 à 5 fois le même poids. Au début de l’opération on n ajoutera en borax que 10 à 12 pour 100 du poids de la prise d’essai et le reste sera versé progressivement dans le scorificatoire jusqu’à ce que la scorie présente la fluidité convenable.

L'OR

Le culot de plomb obtenu est coupelle avec les précautions déjà indiquées (p. 122) et le bouton d'or métallique fourni par celte opération est pesé avec les soins ordinaires. Par différence on obtient le poids du zinc.

Or et nickel. — On a rarement à séparer l’or du nickel, toutefois ces deux corps étant susceptibles de former quelques alliages (p. 97), nous indiquerons comment, dans ces derniers, on peut effectuer la séparation des deux métaux.

1° On attaque l'alliage par l’eau régale, on expulse l’acide azotique, lorsque la dissolution est complète, et dans la liqueur franchement chlorhydrique on fait passer un courant d'hydrogène sulfuré. Le sulfure d’or précipite seul; on le recueille, on le lave, on le sèche, on le calcine avec les précautions précédemment indiquées et on pèse le résidu d’or métallique ainsi obtenu.

La liqueur chlorhydrique renfermant tout le nickel en dissolution est saturée par un léger excès de bicarbonate d’ammoniaque, puis soumise à un courant d'hydrogène sulfuré. On bouche la fiole et, au bout de vingt-quatre heures, le nickel est entièrement déposé à l’état de sulfure. On décante la liqueur claire, on jette le précipité sur un filtre, on le lave avec de l'eau chargée d’hydrogène sulfuré, on le sèche, on le détache du filtre, on hrûle ce dernier à part, on réunit les cendres au précipité et on calcine le tout dans un creuset, en présence d’un courant d'hydrogène sulfuré, auquel on fait succéder un courant d’hydrogène pur (IL Rose).

On pèse le sulfure do nickel NiS ainsi obtenu et qui renferme 64,84 pour 100 ■de nickel métallique.

2° Après avoir expulsé l’acide azotique de la liqueur régale tenant en dissolution les deux métaux, on peut précipiter l'or par l'acide oxalique (H. Rose).

On opère comme nous l’avons indiqué bien des fois, et une fois l’or recueilli, éché, calciné et pesé, on neutralise la liqueur par de l’ammoniaque, on la rend faiblement acétique et on précipite le nickel par un courant d’hydrogène sulfuré. On le pèse à l étal de sulfure en opérant comme il vient d'étre indiqué.

5° On peut également effectuer par voie sèche la séparation de l’or et du nickel. On prend 1 gramme de l’alliage, réduit en limaille, et on le scorifie avec 20 fois son poids de plomb, sans ajouter de borax au début de l'opération, afin de faciliter l’oxydation du nickel, qui est, comme on sait, assez difficilement oxydable.

On chauffe à une très haute température et on ajoute ultérieurement jusqu’à 2 grammes de borax, afin de donner la fluidité nécessaire aux parties imparfaitement fondues.

Le culot de plomb, ainsi obtenu, est rarement assez pur pour pouvoir être passé à la coupelle, et l’on est obligé le plus souvent d'effectuer plusieurs scorifications successives en additionnant chaque fois d’une quantité nouvelle de plomb pur.

Quoi qu’il en soit, lorsqu’on a obtenu un culot de plomb convenable, on le coupelle et on pèse le bouton d'or donné par l'opération; on obtient, par différence, le poids du nickel contenu dans l’alliage.

Or et cobalt. — La séparation de l’or et du cobalt dans les alliages que ces deux métaux forment entre eux, s’effectue comme la séparation de l’or et du nickel :

1° Après dissolution de l’alliage dans l’eau régale et expulsion de l’acide azotique, on précipite l’or, soit par l’acide oxalique, soit par l’hydrogène sulfuré ; on neutralise ensuite la liqueur par l’ammoniaque, on la rend faiblement acétique et on précipite le cobalt par l’hydrogène sulfuré : l’opération est exactement conduite comme dans le cas du nickel.

2° On scorifie l'alliage avec les mômes quantités de plomb et de borax que celles requises par un alliage d’or et de nickel, et l’on conduit l’opération comme dans le cas de l’alliage de ces deux métaux.

Or et étain. — La séparation de l’or et de l’étain se présente dans l’analyse des alliages que ces deux métaux forment entre eux ; on peut, pour effectuer cette séparation, avoir recours aux divers procédés suivants :

1° On dissout 2 grammes de l'alliage dans l’eau régale, on expulse l’acide azotique, on ajoute 1 gramme d'acide tartrique et on étend d’eau. Dans la liqueur ainsi étendue, on précipite l’or par l'acide oxalique et on le pèse après l’avoir lavé, séché et calciné. On fait ensuite passer un courant rapide d’hydrogène sulfuré dans la liqueur ne renfermant plus que l’étain en dissolution; on bouche la fiole dès que le gaz est en excès et on laisse au repos pendant vingtquatre heures. L’étain est alors entièrement précipité à l'étal de sulfure; on lave par décantation avec de l’eau pure et froide, en faisant passer ces liqueurs décantées sur un filtre, et on jette finalement le précipité sur ce filtre. On sèche à 100 degrés, on sépare le précipité du filtre, on incinère ce dernier à part et on réunit les cendres au précipité. Le mélange est ensuite grillé au rouge sombre sous le moufle et dans une capsule de porcelaine tarée; lorsque le grillage est achevé, on laisse refroidir, on imprègne la matière d’acide azotique concentré et on chauffe de nouveau au rouge sombre. Le sulfure est ainsi sûrement transformé en bioxyde d’étain qu’on pèse et qui renferme 78,67 pour 100 d’étain.

Le dosage de l'étain n’est d’ailleurs pas très exact, car en faisant bouillir la liqueur régale renfermant l'or et l’étain, afin d'expulser la totalité de l’acide azotique, on s’expose à des pertes sensibles de chlorure stannique, qui est très volatil, comme on sait.

2° Il est préférable, selon nous, de précipiter l'or, eu faisant arriver dans la dissolution régale de l'alliage un courant d'acide sulfureux; l’acide azotique est décomposé et l’or précipité à l'état métallique : on le lave, on le sèche, on le calcine et on le pèse. On expulse ensuite l’acide sulfureux de la liqueur renfermant l’étain en dissolution et on précipite ce dernier à l’état de sulfure, qu’on transforme en bioxyde et qu’on pèse, comme il a été déjà expliqué. Cette méthode conduira certainement pour l’étain à un dosage plus exact que celui qu’on obtiendrait en faisant usage de la méthode précédente.

3° On peut encore effectuer la séparation de l’or et de l’étain par voie sèche. On prend 1 gramme de l'alliage réduit en limaille et on le scorifie avec vingt

L’OR

fois son poids de plomb. L’étain s’oxyde rapidement sous l’influence de la litharge, mais ne forme pas avec cette dernière de composé suffisamment fusible. Pour donner à la scorie la fluidité convenable, on sera donc obligé d’ajouter une assez forte proportion de borax ou, mieux encore ici, une certaine quantité de potasse, qui forme avec l’oxyde d'étain un stannate fusible. Lorsque le culot présente la pureté convenable, on le passe à la coupelle et on pèse le bouton d’or obtenu : on en déduit par différence le poids de l’étain contenu dans la prise d’essai.

Or et plomb. — L’or et le plomb se rencontrent associés dans la nature et forment de nombreux alliages dont l’importance, au point de vue métallurgique, est bien connue. Nous examinerons successivement la séparation de l’or et du plomb dans le cas d'un alliage de ces deux métaux et dans le cas d’une liqueur régale tenant ces deux corps en dissolution.

1° Alliage d’or et de plomb. — 1° Le procédé le plus simple et le plus exact consiste en une simple coupellation de l’alliage proposé. On en prend un demi-gramme, on l'enveloppe d’une feuille de plomb pauvre et on passe le tout à la coupelle en conduisant l'opération comme nous l’avons indiqué à l’article Coupellation (p. 120). On pèse le bouton d’or obtenu, après l'avoir soigneusement nettoyé, et, par différence, on obtient le poids du plomb contenu dans la prise d’essai.

2“ On peut attaquer l’alliage par l’eau régale et appliquer à la dissolution des deux métaux l’un des procédés quelconques de séparation que nous indiquons ci-dessous.

2° Liqueur régale tenant en dissolution l’or et le plomb. — On peut appliquer les procédés de séparation suivants :

I" Dans la liqueur étendue et froide on ajoute du carbonate de soude et un excès de cyanure de potassium. L’or reste entièrement dissous à l'état de cyanure double et le plomb précipite à l’état de carbonate (Chancel).

On fait passer le précipité sur un filtre, on le lave soigneusement à l’eau froide, puis on introduit le filtre et le carbonate de plomb dans une fiole renfermant une dissolution concentrée de potasse. On porte la liqueur à l'ébullition et on fait passer un courant rapide de chlore; le plomb précipite à l'état de bioxyde qu'on lave longtemps par décantation. On jette ensuite le précipité sur un filtre taré, on achève le lavage avec de l’eau bouillante, on sèche a 100 degrés et on pèse. L’augmentation de poids du filtre donne le poids du bioxyde de plomb.

La dissolution renfermant l’or à l'état de cyanure double est portée à l’ébullition après addition d’eau régale et jusqu’à l’expulsion complète de l’acide cyanhydrique. On précipite ensuite l’or à l’état métallique par le sulfate ferreux ou par l’acide oxalique, et on conduit le dosage comme il a été déjà expliqué.

2° On fait arriver un courant rapide d’hydrogène sulfuré dans la liqueur

régale portée à une température suffisante pour que le chlorure de plomb reste en dissolution ; on sature progressivement par l’ammoniaque et on ajoute un certain excès de sulfhydrale. On bouche la fiole, on la laisse vingt-quatre heures en repos et le sulfure de plomb est alors nettement rassemblé. On le lave par décantation avec de l’eau chargée de sulfhydrate, puis, comme il peut retenir une certaine quantité de sulfure d’or, on le dissout dans de l’acide chlorhydrique additionné d’un peu d’acide azotique et on recommence la précipitation par l’hydrogène sulfuré, l’ammoniaque et le sulfhydrate d’ammoniaque.

On lave de nouveau le précipité avec de l’eau chargée de sulfhydrate d’ammoniaque et on le jette finalement sur un filtre taré où l’on achève le lavage avec de l’eau pure. On sèche à 100 degrés, on pèse, et l’augmentation de poids du filtre donne le poids de sulfure de plomb.

La liqueur sulfhydratée tenant l’or en dissolution est décomposée par l’acide chlorhydrique étendu; le sulfure d’or précipite en entraînant une certaine quantité de soufre libre. On laisse le précipité, se rassembler, on le lave par décantations, en faisant passer les liqueurs décantées sur un filtre taré, et on le jette finalement sur ce filtre. On sèche à 100 degrés, on calcine le précipité et on pèse le résidu d’or métallique.

La méthode que nous venons de décrire est d’une application délicate et ne permet pas de compter sur un dosage très rigoureux du métal précieux; si nous l’avons indiquée, c’est qu’on est conduit à l’employer toutes les fois que l’or se trouve en dissolution dans une liqueur renfermant du plomb et d’autres métaux qui sont précipités en liqueur acide par l’hydrogène sulfuré, mais qui ne forment pas, comme l’or, de sulfosels solubles dans le sulfhydrate d’ammoniaque.

Or et hiBiiiutli. — La séparation de l’or et du bismuth se présente au laboratoire dans l'examen des alliages que ces deux métaux forment entre eux. Nous indiquerons deux procédés qui conduisent tous deux à des résultats d’une grande exactitude :

1“ On prend un demi-gramme de l’alliage, on l’enveloppe d’une feuille de plomb pauvre et on passe le tout à la coupelle. L’oxyde de bismuth est très facilement entraîné dans les pores de la coupelle et si l’opération est bien conduite le poids du bouton d’or obtenu donnera avec une grande exactitude le poids de l’or contenu dans la prise d’essai : par différence on obtiendra le poids du bismuth.

Si le bouton d’or retient des traces de bismuth, il est aigre, cassant, et il faut le coupeller à nouveau en ajoutant 10 pour 100 de chlorure de cuivre (Van Riemsdyk) : le bismuth est ainsi complètement expulsé à l’état de chlorure volatil.

2° On prend un demi-gramme de l’alliage réduit en limaille et on l’attaque à chaud par un courant de chlore dans l’appareil représenté figure 14. On procède d’ailleurs comme dans le cas d’un alliage d’or et d’antimoine (p. 142) : le chlorure de bismuth étant extrêmement volatil, la séparation est très nette.

L’OR

L’or reste isolé dans l'ampoule A à l'état de chlorure; on le dose comme il a été indiqué. Quant au bismuth, il est entièrement précipité à l'état de peroxyde dans le flacon laveur B. On le lave par décantations, on le jette sur un filtre taré, on le fait sécher à 100 degrés et on pèse. L'augmentation de poids donne le poids de l'oxyde de bismuth.

Or et cuivre. — La séparation de l’or et du cuivre se présente dans l’examen des nombreux alliages, monnaies ou bijoux, que ces métaux forment entre eux et que l’on soumet au contrôle de l’analyse chimique afin d’en vérifier le titre. Nous examinerons donc ici, en détail, les procédés de séparation qui peuvent être appliqués à un alliage d’or et de cuivre, en supposant, bien entendu que ces deux métaux soient seuls en présence.

1" Séparation par simple coupellation. — Le procédé le plus simple consiste à coupeller l’alliage proposé avec une quantité de plomb pauvre convenable. Cette quantité varie nécessairement avec la teneur en cuivre de l’alliage et de nombreuses expériences ont été faites en vue de déterminer la proportion de plomb qu’il convient d’employer pour éliminer par coupellation la totalité du cuivre contenu dans un alliage de titre déterminé.

Ces expériences ont montré que l’or a pour le cuivre une affinité bien plus considérable que celle de l’argent et que pour obtenir de l'or à peu près pur, par coupellation d’un alliage d’or et de cuivre, il faut employer une proportion de plomb environ double de celle qu’exigerait un alliage d’argent et de cuivre de môme titre.

Dans ces conditions, en nous servant de la table que d’Arcet a dressée pour la coupellation des alliages de cuivre et d'argent *, nous pouvons donner le tableau suivant des quantités de plomb à employer pour coupeller les alliages d'or et de cuivre de divers titres.

TAÜLKAU, P. 15t.

D’Arcet a donné la table suivante pour la coupellation des alliages d'argent et de cuivre.

La quantité de plomb que nous indiquons pour la coupellation de l'or pur est celle que recommande d’Arcet; le chimiste allemand Kandelhardt conseille de prendre une proportion de plomb pauvre beaucoup plus forte : 8 parties de plomb pour 1 partie d'or.

A l'égard de la coupellation du cuivre pur, c'est-à-dire d'un alliage au titre zéro, nous avons indiqué le résultat obtenu par des expériences directes : ces expériences ont montré que pour oxyder complètement 1 partie de cuivre et entraîner dans la coupelle la totalité de l’oxyde de cuivre formé, il faut employer de 10,50 à 11 parties de plomb pauvre (Ilivot).

Les nombres consignés dans le tableau précédent montrent que le rapport • entre la quantité de plomb à employer et la quantité de cuivre contenu dans l’alliage augmente avec le litre de cet alliage, mais ils font voir en même temps qu’il n’y a pas de relation simple entre ces deux quantités.

Quoi qu’il en soit, et pour que ces nombres puissent êlre utilement consultés, il est nécessaire de connaître au préalable et d'une façon approchée le titre de l’alliage à analyser. Ce titre approximatif peut se déterminer en coupellant rapidement 1 décigramme de l'alliage proposé avec 2 grammes de plomb pauvre, ou bien encore en se servant de l’un quelconque des procédés (essai à la pierre de touche, détermination de la densité de l’alliage) que nous indiquons dans la troisième partie de la docimasie et qui servent à l’évaluation rapide de la valeur des produits d’art.

Supposons donc le titre approximativement connu ; on opérera de la manière suivante : Dans la coupelle préalablement chauffée au rouge cerise on introduit la quantité de plomb exigée pour la coupellation de la prise d'essai et lorsque le plomb est découvert, on dépose à sa surface l'alliage enveloppé d’une-petite feuille de papier de soie. L'alliage s’incorpore rapidement au plomb métallique et l'on conduit alors l'opération comme il a été expliqué antérieurement pour la coupellation des culots de plomb (p. 121), en ayant soin de passer l'éclair à une température très élevée.

L’OR

Dans ces conditions on arrive à un bouton d’or qui ne renferme plus que 2 i\ o millièmes de cuivre. Quel que soit d’ailleurs le soin apporté à l’opération, il est impossible d'arriver à un bouton complètement exempt de cuivre, et môme en soumettant à une seconde coupellation le bouton obtenu dans une première opération, on ne parvient pas à lui enlever les dernières traces de cuivre qu’il renferme (Pelouze et Fremy).

Les résultats obtenus par le procédé précédent ne sont donc pas très rigoureux et ne peuvent suffire lorsqu'on désire obtenir une évaluation très précise de la valeur d'un alliage; aussi préfère-t-on employer le procédé suivant, qui est un peu plus long dans son application, mais qui conduit à un dosage plus exact du métal précieux.

2 Û Méthode précise de séparation. — Le procédé en question est fondé sur cette remarque qu’en additionnant un alliage d'or et de cuivre d’une certaine quantité d'argent, on réussit plus facilement à entraîner la totalité du cuivre dans la coupelle. Celte quantité d’argent n’est d’ailleurs pas arbitraire et dépend essentiellement du poids de l’or contenu dans l’alliage proposé. En effet, la coupellation de l’alliage ternaire d’or, d’argent et de cuivre, obtenu après l’addition de l’argent, conduit, par l’élimination du cuivre, à un alliage d’or et d’argent dans lequel il faudra effectuer la séparation des deux métaux précieux.

Nous verrons un peu plus loin que l'acide azotique agissant sur un alliage renfermant de 2,5 à 3 fois plus d'argent que d’or, entraîne la totalité de l'argent en dissolution et effectue, par suite, la séparation complète des deux métaux.

On devra donc, dans un essai préliminaire, déterminer, ainsi que nous l'avons indiqué plus haut, le titre approximatif de l'alliage d’or et de cuivre et ajouter ensuite à la prise d’essai une quantité d’argent égale à 2,5 ou 3 fois le poids de l’or contenu. On coupellera ensuite l’alliage ainsi formé avec la quantité de plomb pauvre convenable.

Celte quantité a été déterminée par d’Arcet dans des expériences exécutées avec beaucoup de soin. Les résultats qu’il a obtenus sont résumés dans le tableau suivant, dont l'usage est adopté au laboratoire de la monnaie de Paris :

Page 1