A. SÉPARATION DE L'OR D'AVEC LES MÉTALLOÏDES ET LES MÉTAUX
La séparation de l’or d’avec les métalloïdes et les métaux, auxquels on le r encontre habituellement associé, peut toujours s’effectuer par l’une des •méthodes générales que nous avons décrites précédemment. Le choix de la •méthode est nécessairement déterminé par la nature des éléments qui accompagnent le métal précieux, et nous avons déjà suffisamment insisté sur les avantages et désavantages de chaque méthode ainsi que sur les raisons qui doivent guider le chimiste dans le choix de l’une quelconque d’entre elles, pour qu’il nous paraisse utile de revenir ici sur ces considérations générales : nous nous bornerons dans chaque cas particulier à indiquer des procédés qui paraissent donner les meilleurs résultats.
Nous supposerons d’ailleurs dans ce qui suit qu’on a non seulement en vue le dosage du métal précieux, mais aussi celui des corps qui l’accompagnent, et nous rappellerons que dans ce cas la voie sèche conduit rarement au résultat v ouluetque, le plus souvent, c’est à la voie humide seule ou associée à la voie sèche que l’on doit avoir recours.
Or et arsenic. — On a rarement à séparer l’or de l’arsenic, toutefois ces deux corps forment des combinaisons définies et on les rencontre également associés dans ces minerais complexes dont nous avons parlé antérieurement (P. US); il ne sera donc pas inutile d’indiquer ici quels sont les procédés de
séparation qui peuvent leur êlre appliqués; nous examinerons successivement les divers cas qui peuvent se présenter :
1" Supposons que l'or et l’arsenic soient en dissolution dans une liqueur régale.
On expulse l’acide azotique par ébullition prolongée avec de l'acide chlorhydrique en prenant toutes les précautions que nous avons déjà indiquées (p. 128)• L’or précipité est lavé avec soin, séché, coupellé et finalement pesé.
L’arsenic est tout entier en dissolution dans la liqueur chlorhydrique. On neutralise celle-ci par l’ammoniaque, on ajoute du sulfhydrate d’ammoniaque, puis on décompose le sulfo-sel d’arsenic ainsi formé par de l'acide chlorhydrique étendu, en évitant d'employer un excès d'acide, l'arsenic précipite à l'état de sulfure en entraînant une certaine quantité de soufre libre ; on chauffe vers 50 ou 60®, on décante la liqueur claire en la faisant passer sur un filtre taré, on lave le précipité par décantation avec de l'eau tiède en faisant passer toutes les liqueurs décantées sur le même filtre et finalement on jette le précipité sur ce filtre. On achève le lavage sur ce dernier, de manière à enlever la totalité des sels ammoniacaux, puis on sèche à 100° et on pèse. On a ainsi le poids du soufre et du sulfure d’arsenic. On prélève 1 gramme sur ce précipité, on le dissout dans une dissolution concentrée de potasse pure, en chauffant à 100 degrés, on fait arriver dans la liqueur ainsi formée un courant de chlore qui Iransforme le soufre et l’arsenic en acides sulfurique et arsénique, et on dose le soufre en précipitant, suivant le procédé connu, l’acide sulfurique à l’état de sulfate de baryte. On connaît ainsi le poids du soufre contenu dans 1 gramme de précipité; par différence, on en déduit le poids de l’arsenic et un simple calcul de proportion donne le poids de ce métalloïde contenu dans le précipité total.
2° Supposons qu'il s’agisse d'une combinaison d’or et d’arsenic, d'un arsèniure d’or en d’autres termes.
On en prend un poids déterminé, 2 grammes par exemple, et on l’attaque par l’eau régale. Lorsque la dissolution est complète, on procède au dosage de l’or et de l'arsenic dans la liqueur, comme il vient d’être indiqué.
On peut aussi broyer finement l’arséniure et l’attaquer par le chlore gazeux dans l'appareil représenté fig. 15. Cet appareil se compose d'une ampoule A soudée entre deux tubes a et b et communiquant par ce dernier avec un laveur ft renfermant une dissolution étendue de potasse. On introduit un poids déterminé de la substance dans l’ampoule A et l’on commence par chasser l’air de l’appareil en faisant passer à froid un courant de chlore parfaitement sec.
Lorsque l’air a été complètement expulsé on chauffe doucement l’ampoule A avec la flamme d’une lampe à alcool; l’arséniure d'or est immédiatement attaqué avec formation de chlorure d’or et de chlorure d'arsenic. Ce dernier, qui est volatil, est entraîné par le courant gazeux, se dissout dans la liqueur alcaline du flacon laveur B et donne sous l’influence du chlore en excès, de l’acide arsénique, Le courant du chlore ne doit pas être trop rapide afin que le dégagement de chlorure d'arsenic s'effectue lentement et qu’on ne soit pas exposé à entraîner la plus petite quantité de chlorure d'or; il faut de