I. LES CHINOIS
La civilisation chinoise est probablement antérieure à l'essor des races aryennes et sémitiques. Mais son développement a été limité par une tendance trop pratique ; elle n'a pas su tirer parti de la valeur théorique des découvertes scientifiques, et s'est contentée de créer d’admirables formules industrielles.
Aussi la chimie des Chinois se borne-t-clle à la préparation des remèdes et à la fabrication de quelques produits industriels, en un mot, à des recettes empiriques, conservées par la simple routine durant des siècles.
Ln seul ouvrage, la petite encyclopédie chinoise des arts et métiers (Thien- Kong-Khai-We) traite, sans grands détails, de l’or au point de vue industriel.
L or a été longtemps fort rare en Chine. On le retirait, par lavage, des sables de rivière, et il ne servait qu’à l’ornementation, car les échanges s’effectuaient primitivement en nature. C'est seulement à partir des dynasties des Ilia et des t.liang (2500 à 1200 avant J.-C.) que l’on trouve l’indication de trois métaux, 1 un jaune, 1 autre blanc, et le troisième rouge (or, argent, cuivre), employés comme monnaie.
Les Chinois ont pratiqué très anciennement certaines opérations chimiques relatives aux métaux précieux, telles que la coupellation de l’argent; mais ils ont toujours ignoré l’usage des acides et se servent encore de mélanges de sels dans les manipulations où des dissolvants sont nécessaires. Ils ont été très vile amenés à l’idée de la transmutation des métaux, comme le prouvent plusieurs ouvrages traitant de cette matière (Tsai-y-chi, Annales de Sony). L'opinion que l’on pouvait, par le grand œuvre, transformer les pierres en or, leur élait familière, mais sans que celte croyance, née de la simple vue des phénomènes, les ait conduits à l’idée grecque de l’unité de la matière.