‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 16e cahierChapitre 66 sur 92 · II. MÉTHODES SPÉCIALES · texte numérisé non relu

II. MÉTHODES SPÉCIALES

Parallèlement aux méthodes générales que nous avons indiquées, nous croyons devoir décrire quelques méthodes spéciales usitées dans diverses localités.

L’OR

a. MÉTHODE DE PLATTNER PAR LE CHLORE.

Le traitement métallurgique des pyrites aurifères s’effectue quelquefois par une méthode due à Plattner et qui sera décrite ultérieurement. Les principes, sur lesquels cette méthode repose, peuvent être appliqués à une simple analyse qui s’effectue de la manière suivante :

On prend, suivant leur richesse présumée, de 50 à 500 grammes de pyrites aurifères ; on les grille soigneusement sur une plaque de tôle recouverte d’argile. Le minerai grillé est mis dans une capsule de porcelaine et additionné d’eau pour le bien mouiller. On l’attaque ensuite par un courant de chlore en l'introduisant dans une éprouvette cylindrique verticale ayant 200 à 250 millimètres de hauteur sur 20 à 30 millimètres de diamètre et munie d’une tubulure à sa partie inférieure.

On fixe, dans cette tubulure, le tube abducteur d’un appareil à chlore, muni d’un flacon laveur rempli d’eau. Dans l’éprouvette, on verse jusqu’au-dessus du niveau de la tubulure du sable quartzeux grossier, puis du sable quartzeux fin, pour former un filtre ; sur ce filtre on verse le minerai humecté.

L’éprouvette est fermée par un bouchon portant un tube deux fois recourbé conduisant les gaz dans un flacon où le chlore en excès est absorbé par des copeaux de bois imbibés d'alcool.

Lorsque le chlore parait au-dessus de l’éprouvette et qu’il a agi pendant environ une heure en se dégageant en courant continu, on retire le tube abducteur et on le remplace par un tube recourbé vers le bas. On verse de l’eau bouillante à la surface de l’essai, en quantité suffisante pour déplacer tous les sels solubles qui se sont formés dans le minerai. Celte eau recueillie par le tube inférieur contient, à l’état de chlorure, l’or du minerai. On le dose par le sulfate de protoxyde de fer comme il a été indiqué précédemment (p. 128).

Oénéralement 10 grammes de bioxyde de manganèse, 40 grammes d'acide chlorhydrique, 10 grammes d’acide sulfurique sont suffisants pour produire le chlore nécessaire à un essai.

Le grillage préalable est indispensable si l’or n’est pas entièrement à l’étal natif et s'il y a des composés de fer au minimum dans le minerai.

Le chlore doit être bien exempt d’acide chlorhydrique. Ce dernier attaquerait en effet les sulfures dans un minerai mal grillé, et pourrait donner de l’acide sulfhydrique et du protochlorure de fer qui précipiteraient l'or déjà attaqué et le soustrairaient ainsi à la dissolution.

D'après Calvera, on peut produire le chlore dans l’essai lui-même en le mélangeant à du bioxyde de manganèse et ajoutant de l'acide chlorhydrique.

D'après Balling, cette méthode ne réussit pas bien avec les minerais qui contiennent de l’argent, parce que le chlorure d’argent formé empâte l’or. Il faut alors employer, pour lessiver, une solution de chlorure de sodium. Balling a trouvé, par cette méthode, en essayant les minerais tellurés de Nagyag, 85 pour 100 do la teneur réelle du minerai en argent aurifère et 92 pour 100 de l’or réel seulement, malgré l’emploi successif du chlore et du sel marin.

b. MÉTHODE DE PLATTNER PAR L’ACIDE CHLORHYDRIQUE.

Lorsque les pyrites aurifères sont riches, Plattner emploie la méthode suivante : on grille de 5 à 15 grammes de minerai, puis on attaque par l’acide chlorhydrique et on évapore à sec; l’or reste inattaqué. On peut alors dissoudre dans l’eau les chlorures solubles sans entraîner une portion sensible de l’argent. On filtre la solution, on jette le résidu inattaqué sur le filtre, que l'on incinère. Les cendres sont fondues avec 20 ou 30 grammes de plomb pauvre, et le culot obtenu est coupellé comme il a été dit précédemment.

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