‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 16e cahierChapitre 75 sur 92 · MÉTHODES GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

MÉTHODES GÉNÉRALES

a. ÉCHANTILLONNAGE.

L’échantillonnage des matières d’or et d'argent doit être fait dans des conditions spéciales, suivant qu’il porte sur des lingots, des monnaies, des bijoux ou des produits chimiques et des cendres d’orfèvre. /

Les lingots d’or fondu sont ordinairement échantillonnés en faisant, avec un foret d’acier et un vilebrequin de serrurier (tlg. 25), un trou sur la face supé-

Fiff. 25.

rieure et un autre sur la face inférieure. Les alliages de titre élevé sont ordinairement assez homogènes pour que deux prises d’essai, ainsi faites, soient suffisantes. On écarte les premiers copeaux provenant de la surface, on réunit

les deux prises d’essai, pour former le mélange sur lequel on opère la détermination du titre.

Lorsque les lingots sont très riches en argent et contiennent du cuivré, il est bon de se mettre à l'abri, dans la prise d’essai, des variations de titre bien constatées dans les lingots d’argent où les parties centrales sont toujours plus riches que la surface. 11 faut alors que les trous du foret percent le lingot de part en part.

Pour avoir, en ce cas, une prise d’essai très rigoureuse, on doit opérer ainsi :

On coupe le lingot en deux parties, au quart de sa longueur; on aplatit au marteau, sur un tas de bijoutier, une des deux extrémités fraîchement coupées, et sur la plaque ainsi obtenue on prélève avec le foret, en perçant de part en part et en écartant toujours les premiers copeaux, une série d’échantillons pris à égale distance les uns des autres le long de la tranche.

Au Bureau de garantie de Paris, on fait ordinairement la prise d’essai en recueillant les copeaux d’un trou de foret perçant le lingot en un point situé au quart de sa longueur et au quart de sa largeur.

Les monnaies d’or sont généralement assez homogènes pour qu’on puisse les échantillonner rigoureusement en prenant avec un emporte-pièce ou une cisaille de petits fragments de la pièce ou des pièces à examiner.

Si l’on veut rechercher l’or dans des monnaies d'argent, opération qui a donné lieu à des traitements pour or de lots considérables de monnaies d’argent, on peut se servir avantageusement des découpoirs employés à la Monnaie.

Ces appareils sont composés essentiellement de dix emporte-pièce en acier, montés sur un petit balancier monétaire facile à mouvoir à la main et qui découpent, sur une pièce de monnaie soumise à leur action, dix trous régulièrement espacés en deux couronnes équidistantes : cinq trous au milieu de la pièce, cinq trous sur les bords. Les fragments détachés par les emportepièce sont mélangés et constituent la prise d’essai.

Les bijoux et les pièces d’orfèvrerie se prêtent peu à une prise d'essai régulière, tant à cause de leur forme que par suite des soudures qui en détruisent l’homogénéité.

On ne peut donc pas formuler de règle précise à leur égard, et c’est surtout ù eux que s’appliqueront avec avantage les méthodes spéciales de titrage dont nous parlerons plus loin. On ne peut que procéder par analogie : sur un lot de bijoux essayés à la pierre de touche ou par la densité et reconnus être tous approximativement du même titre, on prend au hasard quelques pièces ou fragments de pièces que l’on fond ensemble sur un têt au moyen d’un chalumeau à gaz, ou bien dans un creuset. Le culot est martelé sur un tas, et recuit, puis on en détache à l’emporte-pièce ou à la cisaille un échantillon que l’on analyse, comme on ferait pour une monnaie.

Les matières d’or non homogènes comme les bijoux dorés, le vermeil,’ les plaqués d’or sur cuivre ou argent, les galons dorés, etc., ne peuvent être essayés directement avec précision. On doit, en général, prendre au hasard un lot de ces matières représentant autant que possible la moyenne du lot à examiner; la prise d’essai est pesée, soumise au traitement convenable pour l’extraction du métal précieux, et l’or est dosé sur le résidu homogène de la

première opération. Nous renverrons donc le lecteur aux procédés d’affinage de ces matières, procédés qui seront décrits dans la 111° Partie de cet ouvrage.

- Les produits chimiques aurifères, les cendres d’orfèvre, les eaux de couleur, c’est-à-dire les bains d'eau régale faible ayant servi à la mise en couleur des bijoux, etc., sont échantillonnés comme les produits pulvérulents, ou liquides, en général. On applique particulièrement aux matières aurifères sèches les procédés de prise d’essai des minerais riches, dont il a été parlé en détail précédemment.

b. MÉTHODES D’ESSAIS.

Les méthodes employées pour les essais précis se trouvent décrites en détail dans la Docimasie de l'or appliquée aux alliages. On emploie exactement ces procédés dans les bureaux d’essais et les laboratoires des monnaies. Nous ne reviendrons donc pas sur leur description.

Le grand nombre d’échantillons que l’on doit analyser dans les monnaies et dans les laboratoires d’essayeurs a fait adopter des dispositions d'appareils et un matériel spécial que nous décrivons plus loin.

Toutes ces dispositions ont pour but de faciliter et d’accélérer le départ de l’argent après l'inquartation des boutons d'or. Elles permettent, en même temps, de recueillir facilement les sous-produits des opérations, le nitrate d’argent et une partie de l’acide azotique employé ; enfin elles préservent les laboratoires de l'envahissement par les vapeurs azotiques.

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