‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 16e cahierChapitre 76 sur 92 · C. OUTILLAGE · texte numérisé non relu

C. OUTILLAGE

Nous prendrons comme exemples d’outillage de laboratoires et de matériel d’essais pour l’or le laboratoire de la Monnaie de Paris, l’appareil pour le départ de l’argent en usage dans le laboratoire de garantie, et l’appareil employé pour le même objet à la Monnaie de Londres.

Laboratoire de la Monnaie à Paris. — La disposition générale du laboratoire est indiquée sur la figure 26.

Le laboratoire se compose d’une grande salle, éclairée par deux fenêtres sur le quai de la Monnaie et d’une petite salle contiguë, toutes deux au rezde-chaussée et voûtées.

Les dimensions principales sont de 7 mètres de longueur sur 5 m ,50 de profondeur, pour la grande salle; 2 m ,50 sur 5 ,n ,50 pour la plus petite.

Dans la grande salle se trouve en M le four à 2 moufles (fig. 27), chauffé par la face postérieure à laquelle on accède au fond de la petite salle. Les coupelles chaudes sont portées, à l’aide d'une manette à compartiments, sur la table J dont l’extrémité est recouverte d’une plaque de bronze de 5 millimètres d’épaisseur, sur une largeur de 0 n, ,50. Les boutons de retour sont nettoyés

sur cette table, au moyen de la pince et du gratte-brosse (fig. 28), puis aplatis au marteau sur le tas de bijoutier K et recuits au moufle. O 11 les lamine ensuite dans le laminoir L, qui se compose de deux cylindres d’acier

Fig. 27.

poli, de 25 millimètres de diamètre et de 50 millimètres de longueur utile commandés par une manivelle et reliés par deux paires d’engrenages à chaque

Fig. 28.

extrémité des axes des cylindres. Ces axes prolongent les cylindres de 250 millimètres de part et d’autre des coussinets de ces derniers.

La pression est donnée, sur les coussinets des cylindres du laminoir, au moyen de deux vis verticales placées au-dessus des paliers et mues par une seule manivelle. A cet effet, chacune des vis est calée sur un engrenage horizontal, commandé directement par un troisième engrenage sur lequel agit la manivelle centrale.

Les boutons d’or inquartés sont soumis, après le laminage, à un recuit

I/OR

dans le moufle, et portés à l’appareil do départ de l’argent (PI. II, fig. 29).

Les cornets d’or sont d'abord placés par ordre dans des matras d’essayeur où l'on verse de l’acide azotique à 22°. Celte opération se fait sur le râtelier A (lig. 26), à droite duquel un flacon à robinet permet de faire rapidement le remplissage des matras; en C est placée,' sur une tablette, la réserve d’acide dans de grands flacons de 10 litres, bouchés à l’émeri.

Les matras sont ensuite apportés sur l'appareil B, dont nous donnons (PI. II, lig. 29) un dessin de détail, en coupe et élévation.

Les matras sont chauffés sur la rampe à gaz inférieure, ou sont mis sur un râtelier placé au-dessus. Dans ces deux positions, leur col débouche dans une ouverture de la paroi, recouverte de plaques émaillées, ouverture par laquelle le tirage de la cheminée entraîne les vapeurs acides.

Au milieu de l’appareil il y a une case verticale avec deux flacons à robinet, F et F. L’un contient de l’acide nitrique à 32®, pour la deuxième attaque des cornets, et l’autre de l’eau distillée pour le lavage de l’or après le départ de l’argent.

Sous ces flacons sont trois ouvertures K, K', K", ordinairement recouvertes par des couvercles en porcelaine et communiquant par trois gros tubes de porcelaine avec trois grands flacons G, G', G". On jette dans l’une de ces ouvertures l’acide nitrique chargé de nitrate d’argent provenant de la première attaque, dans la seconde on jette l’acide de la seconde attaque; enfin, dans la troisième on jette l’eau de lavage des cornets.

Ces trois liqueurs subiront ultérieurement un traitement pour en retirer l’argent. A cet effet, on réunit le résidu très riche en argent de la première attaque avec les eaux de lavage et on précipite l’argent par le chlorure de sodium.

Le chlorure d’argent obtenu est traité par le cuivre rouge et donne de l’argent fin qui est fondu et sert ainsi indéfiniment aux inquartations. L’acide provenant de la deuxième attaque est peu chargé d’argent et peut être utilisé de nouveau, en ramenant par addition d’eau sa densité à 23°.

Si l’on a eu à traiter des matières riches en platine, ce métal se trouve concentré dans l’acide, après la précipitation de l’argent par le chlorure de sodium. S’il en valait la peine, on le retirerait de cette solution en le précipitant par le zinc métallique, par exemple.

Dans les parties inférieures de l’appai’eil que nous venons de décrire sont des armoires destinées à serrer les coupelles et les creusets.

Le laboratoire comprend encore (fig. 26) une étagère à réactifs R, trois découpoirs D que nous avons décrits précédemment en parlant de la prise d’essai des matières d’or et d’argent. En G est un poêle, sur la tablette duquel est disposé un appareil à électrolyse de M. Riche, utilisé pour les dosages de cuivre.

Dans la petite salle contiguë au laboratoire il y a un bain de sable et une table avec un vilebrequin de serrurier, pour les prises d’essais sur les lingots ;fig. 25).

Appareil pour le départ île l’argent employé au laboratoire de garantie. — La figure ."0 donne en coupe et élévation la disposition générale de cet appareil.

Les niatras sont chauffés sur un peu de charbon, brûlant dans une caisse de tôle S placée à la partie inférieure, ou sur une rampe à gaz. Pendant l’ébullition de l’acide, on place dans le col du rnatras l’extrémité inférieure d'un tube vertical T de 1 mètre de longueur et de 0 m ,2 de diamètre, aminci aux deux extrémités. Ce tube remplit ici le rôle des condenseurs si usités dans les opérations de chimie organique.

Les vapeurs d'acide azotique se condensent dans le tube et retombent indéfiniment dans le rnatras ; on fait ainsi une forte économie d’acide. Quand l’ébullition est terminée, le tube condenseur est ôté du rnatras et, en l’inclinant vers la muraille sans le faire sortir de son support supérieur, on pose son extrémité inférieure sur une tablette H en verre, inclinée vers la cheminée, labletle sur laquelle tombent les quelques gouttes d'acide retenues par la capillarité. L'extrémité inférieure du tube condenseur est taillée en biseau pour éviter que, pendant l’ébullition, l’acide condensé vienne à fermer le tube. Comme on le voit en P, l'acide condensé se réunit à la pointe du biseau en laissant libre le passage des vapeurs acides dans le tube.

Appareil de platine de duhiiMon .Hathey and t°. — Les fabri-

LOU

canlsdc platine Johnson, Matliey and C°, de Londres, ont établi pour la Monnaie, de celte ville un appareil destiné à abréger les opérations du départ de l'argent après l’inquartation.

Les cornets d’or argentifère sont souvent, dans les monnaies, numérotés et réunis dans la môme capsule pour l'attaque. Ce procédé présente des inconvénients. Dans l’appareil Johnson et Mathey (fig. 51 ), chaque cornet est placé

Fig. 51

dans un petit creuset de platine K muni de deux fentes très fines à la partie inférieure; les creusets sont réunis dans un panier de platine B que l'on place dans une large capsule de platine A formant la partie inférieure d’une sorte d’alambic en 3 parties et chauffé au gaz. Un chapiteau mobile avec tube de dégagement conduit les vapeurs d’acide azotique dans un condenseur 0, d'où les vapeurs non condensées sont conduites à la cheminée du laboratoire. L’attaque commencée à l'acide faible dans l'appareil A se continue avec l’acide plus fort dans l’appareil A’, puis on fait la dernière attaque dans A. On porte ensuite le panier avec un crochet II dans un vase plein d'eau (î. Après le lavage, on

prend le panier sur une paletle E, puis on le place dans un moufle F également en platine. On porte au rouge, et il ne reste plus qu'à peser les cornets dans les creusets de platine II.

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